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ECONOMIE

Commerce. En crise, les retailers menacent d'organiser des journées de fermeture

Face à la hausse de l'offre dans les centres commerciaux, aux loyers déconnectés de l’activité et aux engagements non tenus en termes de flux, une quarantaine d’enseignes menacent de fermer leurs magasins dans les jours qui viennent pour alerter sur les problématiques du secteur.

Commerce. En crise, les retailers menacent d'organiser des journées de fermeture
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Le 12 février 2024 à 18h16 | Modifié 12 février 2024 à 18h16

Dans le secteur du retail, l’activité est en baisse. En cause, deux problématiques majeures, l’une conjoncturelle, l’autre qui devient structurelle.

Les retailers lourdement touchés par la baisse du pouvoir d'achat

"Depuis la crise du Covid-19, le niveau d’activité a incontestablement baissé", nous confie un professionnel du secteur, joint par Médias24. "Cette chute est due essentiellement à la baisse du pouvoir d'achat, mais aussi à une suroffre dans les centres commerciaux, dont les bailleurs ne tiennent pas leurs engagements en termes de flux, mais qui exigent tout de même des loyers très élevés, ce qui entraîne des fermetures".

Et notre source d'expliquer : "Après la pandémie du Covid, nous avons fait face à d'autres crises, notamment la guerre en Ukraine et les conflits au Moyen-Orient, qui ont eu plusieurs conséquences sur l’économie mondiale et généré l’inflation. La baisse du pouvoir d’achat en est la première conséquence au Maroc, que nous avons lourdement ressentie".

"Les produits commercialisés dans les enseignes des centres commerciaux ne sont pas essentiels", estime notre interlocuteur. "Il s'agit généralement des vêtements, des lunettes, des chaussures, ou encore de la restauration, qui subissent de plein fouet la baisse du pouvoir d’achat, ce qui entraîne une baisse de l’activité et donc de la fréquentation dans les malls". Il s'agit là de la problématique conjoncturelle du secteur.

"Des loyers déconnectés de l'activité"

"Ajouté à cela, nous avons également constaté une suroffre dans les centres commerciaux, et la multiplication des points de vente un peu partout au niveau national", ajoute notre interlocuteur.

"La situation devient de plus en plus compliquée pour certaines enseignes, qui ont pour principale charge le loyer. Ce dernier ne suit pas l’activité du secteur, spécialement dans les nouveaux centres commerciaux".

"En général, lorsqu’une enseigne s’engage dans un centre commercial, ce dernier lui loue à son tour le trafic et l’activité. C’est-à-dire que lorsqu’un mall nous exige un certain niveau de loyer, ce dernier est fixé en fonction d'un flux potentiel de clients. Cependant, nous sommes présents dans certains malls qui exigent des niveaux élevés de loyer, alors que l'activité n'est pas au rendez-vous", déplore-t-il.

Il faut savoir qu'au niveau des centres commerciaux, les loyers dépendent du centre lui-même, de sa qualité, de sa gestion, et du flux qu’il génère, mais aussi de la superficie des magasins loués. Et de l'avis général des détenteurs de franchises, "les loyers sont exorbitants au sein des nouveau malls".

"Ils sont déconnectés de l'activité, en dehors de deux grands partenaires avec lesquels on opère, à savoir le groupe Marjane et le groupe Label'Vie (Aradei Capital), ainsi que d'autres centres indépendants. La majorité des acteurs du secteur s’accordent à dire que ces derniers jouent le jeu, en adaptant leurs loyers au niveau d’activité".

"En revanche, nous faisons face aujourd’hui à quelques nouveaux malls, dont les loyers sont très loin de l’activité annoncée et espérée. Ils ne tiennent pas leur promesse en termes de flux, mais exigent quand même des loyers élevés. Il s'agit d'une minorité, mais qui impacte quand même l'activité dans le secteur".

Une situation qui impacte ainsi le chiffre d'affaires des différentes enseignes, poussant quelques-unes à baisser le rideau. "Lorsqu’on investit dans un centre commercial, il s’agit d’un investissement à long terme, en espérant qu’il va fonctionner non seulement pour le bailleur qui va percevoir un loyer, mais aussi pour les enseignes qui s’y établissent".

"Cela dit, pour qu’un centre commercial marche bien, l’ensemble des enseignes doivent marcher. Dans les nouveaux malls, environ 30% des magasins finissent par fermer, ce qui entraîne une dégradation des infrastructures et, par ricochet, la baisse des flux et de l'activité".

"Ainsi, même lorsqu’une enseigne marche bien, on est solidaire avec les magasins qui ne marchent pas, car pour qu’un centre entraîne du flux, l'offre doit être dense".

"La stratégie globale du retail doit être revue"

Ces constats démontrent que "la stratégie globale du secteur doit être repensée", estime notre source. "C'est fondamental".

"Pour alerter les autorités concernées quant à cette situation, une quarantaine d'enseignes, qui détiennent près de 600 magasins installés dans les malls au niveau national, ont décidé d'organiser des journées de fermeture dans les malls qui ne jouent pas le jeu, cessant ainsi leur activité, ainsi que d'autres actions qui seront annoncées prochainement. C'est un message fort pour que les bailleurs nous écoutent", conclut notre interlocuteur. Les dates de fermeture ne sont toutefois pas encore décidées.

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Le 12 février 2024 à 18h16

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