Un an après la levée d’un million de dollars, l’heure du bilan pour Sand to Green
Un an après avoir levé un million de dollars, cette start-up qui a développé une méthode pour transformer des zones désertiques en terres arables, nous présente ses avancées et la manière dont les fonds ont été déployés.
Sand to Green a développé une méthode pour transformer des zones désertiques en plantations durables et rentables en cinq ans. En s’inspirant des écosystèmes oasiens, la start-up utilise l’agroforesterie pour créer une agriculture durable et résiliente face au changement climatique.
Il y a un an, la jeune pousse a levé un million de dirhams auprès de Katapult, un fonds d’investissement norvégien qui investit dans des start-up technologiques à fort impact en Afrique, et Catalyst Fund, dont le siège social se situe à Nairobi, d’une taille de 30 millions de dollars et qui soutient les jeunes entreprises technologiques à fort impact, avec comme vecteurs l’amélioration de la résilience des communautés mal desservies et vulnérables au climat en Afrique et l’adaptation au dérèglement climatique.
Des opérations sur le terrain plus diversifiées
Cette levée de fonds a permis de financer plusieurs initiatives clés au sein de Sand to Green, comme l’explique Wissal Benmoussa, cofondatrice et Chief Agricultural Officer de la start-up. "Une part importante de ces fonds a été allouée au développement et à l’amélioration de notre plateforme logicielle d’agroforesterie", indique-t-elle. Cette plateforme est spécifiquement conçue pour faciliter la planification, la gestion et le suivi de projets agricoles dans des environnements arides, en intégrant des données satellitaires et de terrain.
Aussi, ce tour de table a "soutenu nos activités de recherche et développement, notamment dans l’amélioration des méthodes d’agroforesterie adaptées aux environnements arides et l’optimisation des technologies de dessalement d’eau saumâtre utilisées pour l’irrigation, un projet important en cours pour la phase de retraitement de la saumure".
De même, cette injection de fonds a permis d’étendre les opérations de la start-up sur le terrain. Cela inclut la préparation de nouveaux sites, la plantation d’arbres et le suivi des plantations déjà existantes. "Nous avons également pu recruter de nouveaux talents et offrir des formations à nos équipes pour soutenir notre expansion opérationnelle et notre innovation technologique", souligne la cofondatrice. Ce qui a agrandi l’équipe, qui rassemble aujourd’hui huit personnes.
Renforcer l’autonomie de la communauté locale
Basée principalement à Paris, la start-up compte à ses commandes trois cofondateurs : Benjamin Rombaut, CEO, Gautier de Carcouët, Chief Finance Officer et Wissal Benmoussa. Elle est composée d’une équipe de développeurs techniques et d’innovation et d’une équipe de soutien basée au Maroc, "au plus près des opérations et de la recherche sur le terrain".
"Nous essayons au maximum de faire venir toutes les personnes de Sand to Green sur le terrain pour qu’elles s’imprègnent au mieux de la réalité du terrain", souligne Wissal Benmoussa. Une approche qui vise à garantir que chaque membre de l’équipe comprenne pleinement les défis auxquels sont confrontés les écosystèmes, les communautés locales et les clients de Sand to Green.
Entre projets et éducation, Sand to Green ambitionne de cultiver un avenir durable. Selon sa cofondatrice, cette année sera consacrée au développement et au déploiement de nouveaux projets chez différents types de clients, et à la hausse significative du chiffre d’affaires, afin de déployer les meilleures conditions pour effectuer un nouveau tour de financement fin 2024 ou début 2025.
Pour l’heure, "chaque projet initié par Sand to Green bénéficie d’un accompagnement personnalisé, adapté aux conditions climatiques et pédoclimatiques les plus exigeantes", affirme Wissal Benmoussa.
En effet, la start-up a mis un point d’honneur à mettre en œuvre des projets de régénération à partir d’écosystèmes qui subissent les effets du dérèglement climatique et du manque d’eau. A ce titre, un partenariat a été noué avec 700’000 Heures Impact, présenté comme un pionnier dans le domaine de l’hospitalité régénérative, et Regenopolis, qui opère dans la régénération des communautés et des écosystèmes, avec lesquels Sand to Green s’engage dans un projet qui vise à revitaliser l’oasis de Tiskmoudine. "Cette initiative vise à renforcer l’autonomie de la communauté locale et à protéger son patrimoine culturel et naturel, ce qui s’aligne probablement avec notre mission globale en matière de durabilité et de responsabilité sociale", commente Wissal Benmoussa.
Éduquer le public sur la désertification
La start-up offre par ailleurs des perspectives nouvelles et durables à plusieurs types d’acteurs. Elle propose des solutions pour régénérer les sols dégradés en milieu aride pour l’industrie minière, accompagne les acteurs agricoles et agro-industriels dans l’adaptation de leurs chaînes de production comme l’agroforesterie, et collabore avec les acteurs de l’énergie, notamment de l’hydrogène vert, pour développer des projets agricoles en synergie avec des projets industriels d’énergie. Mais pas seulement : Sand to Green travaille en collaboration avec les DFI pour le développement de projets intégrés, répondant aux besoins spécifiques des régions touchées par le changement climatique.
Au-delà de son action sur le terrain, Sand to Green s’engage à sensibiliser et à éduquer le public sur la désertification, "un enjeu critique qui menace la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau dans plus de 168 pays", rappelle notre interlocutrice. Dans ce sens, la start-up a lancé un jeu éducatif intitulé "La Fresque de la désertification", en partenariat avec le CGIAR (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale), la Présidence de la COP15 Désertification, Foxtrot International et l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte.
C’est donc également le rôle de Sand to Green d’évangéliser sur ce marché encore jeune et en pleine structuration. "C’est en effet aussi notre rôle de partager des approches agricoles plus vertueuses et qui prennent en compte le manque d’eau que nous vivons actuellement au Maroc", conclut Wissal Benmoussa.
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