“Il existe une corrélation positive entre l'innovation et la croissance du PIB par habitant” (Tarik Haddi)
Le président de la Fondation Jil Al Ibtikar Al Maghribi (Gen J), Tarik Haddi, a accordé une interview à la MAP sur l’importance de la transition vers une économie de l’innovation au Maroc et les facteurs clés de succès pour assurer cette transition. En voici les points les plus saillants.
"Une économie de l’innovation est une économie où la croissance économique et le développement social se fondent sur l’innovation," a déclaré Tarik Haddi, faisant observer qu'il existe une corrélation positive entre l'innovation et la croissance du PIB par habitant, mesurée généralement par le nombre de brevets déposés par le pays.
"L’effet cumulatif de l’innovation sur la croissance économique est encore plus important," a-t-il poursuivi, expliquant que l'innovation contribue à l’amélioration du savoir global et crée un phénomène cumulatif, avec des effets multiplicateurs puissants sur la croissance économique.
Tarik Haddi a abordé les multiples avantages de l'innovation, notamment sur l'emploi. "L’innovation améliore la productivité et rend l'offre de valeur des entreprises plus attractive," a-t-il précisé. Il a mentionné que, contrairement aux débats antérieurs, il est aujourd'hui admis que les effets positifs de l'innovation sur l'emploi surpassent les effets négatifs liés à la concurrence et à la substitution du travail par le capital.
"En outre, l’innovation réduit les inégalités et génère plus de mobilité sociale, en permettant à de nouveaux talents d’entrer sur le marché grâce à leurs innovations," a-t-il ajouté, notant que les entreprises innovantes tendent à mieux rémunérer leurs employés.
Abordant le domaine de la santé, Tarik Haddi a rappelé que l'innovation a largement contribué à augmenter l'espérance de vie en bonne santé, en citant des exemples comme la pénicilline, les antibiotiques et les vaccins à ARN messager. Il a aussi mis en exergue le rôle de l'innovation dans la réduction des émissions de CO2, via le développement des énergies renouvelables et d'autres technologies émergentes.
Concernant l'économie de la connaissance, il a souligné l'importance des investissements massifs dans l'éducation, l'enseignement supérieur, la recherche fondamentale et la R&D dans les entreprises. Il a également évoqué la nécessité d'un apprentissage continu facilité par les technologies actuelles.
Le président de la Fondation Jil Al Ibtikar Al Maghribi a introduit le concept de "mobication", reflétant la mobilité professionnelle et l'éducation continue, essentielles dans une économie d'innovation. Il a appelé à un cadre institutionnel favorisant la concurrence, l'ouverture au reste du monde et la flexisécurité pour soutenir l'innovation disruptive.
Tarik Haddi a souligné le rôle crucial du secteur privé et de la société civile dans le processus d'innovation, affirmant que "la fondation compte participer à l’accélération de cette transition en agissant sur deux principaux volets : la culture entrepreneuriale et les politiques publiques".
Concernant la culture, le président de la fondation a exprimé l'importance de sensibiliser à l'échelle nationale à la transition vers une économie de l'innovation. "Nous ciblons un large éventail d'acteurs, des institutions publiques aux entreprises en passant par les universités, pour encourager une innovation enracinée dans notre culture et nos ressources fondamentales".
Dans le cadre de l'étude "Gen J" actuellement en cours sur l'état de l'innovation au Maroc, la fondation aspire à élaborer des programmes d'accompagnement et de formation pour les entreprises désireuses d'innover. "Notre objectif est de stimuler l'innovation 'made in Morocco' à travers des dispositifs spécifiques".
Tarik Haddi a également mentionné la mise en place d'un label "Gen J" destiné à récompenser les organisations qui adoptent avec succès des démarches d'innovation fondées sur des ressources locales. La fondation collabore par ailleurs avec le ministère de la Solidarité, de l’inclusion sociale et de la famille pour créer une plateforme de crowdfunding et de crowdsourcing, destinée à soutenir des projets d'entrepreneuriat social marocains.
En matière de politiques publiques, Tarik Haddi a souligné l'intention de la fondation de formuler des recommandations pratiques pour faciliter la transition vers une économie de l’innovation. "Nous envisageons de collaborer avec divers acteurs, tels que les ministères, les administrations et le secteur privé, pour développer ces recommandations".
Un "Index Gen J" sera également développé pour suivre et évaluer l'impact de ces politiques d'innovation. "La réussite de ces initiatives dépendra de notre capacité à mobiliser des ressources humaines et financières supplémentaires," a souligné Tarik Haddi, soulignant l'importance de l'étude "Gen J" et de la plateforme de financement participatif comme priorités de la fondation.
Ce dernier est convaincu que ces efforts contribueront à orienter le Maroc vers une économie fondée sur l'innovation, affirmant que "ces projets sont essentiels pour changer le cap du développement du pays".
(Avec MAP)
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