Dialogue social/santé : les engagements financiers dans l’attente d’un arbitrage du chef du gouvernement
Le ministère de la Santé affirme poursuivre le processus de dialogue social sectoriel jusqu’à sa phase finale, celle de l’arbitrage du chef du gouvernement.
Le ministre de la Santé et de la protection sociale, Khalid Ait Taleb, a affirmé mardi 23 avril à la Chambre des conseillers que le dialogue social avec les syndicats du secteur de la santé "se poursuit et ne s'arrêtera pas", et qu'il "a permis de réaliser plusieurs revendications exprimées par les syndicats et d'obtenir des résultats inégalés".
Le dialogue social, qui a totalisé 58 réunions, a abouti à la signature d'une série d'accords et à l'élaboration d'un procès verbal couvrant plusieurs points, dont des revendications ayant un impact financier, ainsi que d'autres ayant une considération morale pour les professionnels de la santé.
M. Ait Taleb a ajouté que le ministère poursuit le processus de dialogue social sectoriel jusqu'à sa phase finale, celle de l'arbitrage du chef du gouvernement, niant que ce dernier ait refusé de s'entretenir avec les syndicats de la santé.
A cet égard, le responsable gouvernemental a souligné que le ministère de tutelle "a approuvé plusieurs points, mais il y en a d'autres qui requièrent l'arbitrage du chef de gouvernement, étant liés à des engagements financiers de l'État".
Le ministre s'est par ailleurs félicité des résultats obtenus en 2022, saluant les partenaires sociaux pour leur implication dans la réforme du système de la santé et leur contribution à la promulgation de plusieurs textes juridiques.
"Nous avons pu traiter un ensemble de questions qui étaient en suspens depuis 10 ans, et le travail s'est poursuivi en 2023 par la mise en place d'un ensemble de lois, avec la contribution et la consultation des organisations syndicales", a-t-il dit, soulignant la détermination du ministère à publier les textes d'application et à honorer ses engagements.
Emigration des médecins, une problématique mondiale
Interpellé sur la question de l'émigration des médecins marocains, Khalid Ait Taleb a déclaré qu'"aucun pays dans le monde ne peut prétendre être capable de limiter l'émigration des médecins, étant donné que la pénurie de ressources humaines dans le secteur de la santé est une problématique mondiale".
Le ministre a souligné que le sujet tourne autour des raisons de l'émigration, "qui poussent le médecin marocain à quitter son pays juste après la fin de sa formation initiale ; parmi les principales raisons, l'absence d'attractivité et d'incitations et le sentiment qu'après l'obtention de son diplôme, il travaillera dans un modèle qui ne correspond pas à son mode de vie quotidien et à ses aspirations". Et d'ajouter : "C'est une réalité que vivent nos enfants, d'où le fait nous devons en tirer les leçons."
Le ministre a ajouté : "Ce diagnostic doit être traité techniquement, en commençant par l'augmentation des centres de formation, ce qui augmentera le nombre d'étudiants formés. Cela nous permettra de compenser ceux qui souhaitent émigrer", insistant sur le fait que "dans le cadre de la réforme du système de santé, de nombreuses mesures ont été prises dans le secteur de la santé qui pourraient attirer des médecins étrangers".
"Au total, 453 médecins étrangers travaillent au Maroc actuellement, attirés par notre système de santé", a déclaré le ministre, se demandant : "Pourquoi le médecin marocain n'aime-t-il pas notre système alors que l'étranger, au contraire, l'apprécie ?".
Le responsable gouvernemental a conclu que "combattre l'émigration des médecins à l'étranger n'est pas possible, étant donné qu'il existe des incitations financières internationales". Et de conclure : "Ce que nous devons faire est de traiter le problème de manière globale ; en l'absence d'incitations financières, il y a la qualité de vie, l'ambiance familiale, et surtout l'esprit patriotique et la volonté de servir son pays."
"5,5 millions de personnes se présentent annuellement aux urgences"
Dans un autre registre, Khalid Ait Taleb a précisé que les services d'urgence accueillent annuellement environ 5,5 millions de personnes, dont 80% ne sont pas des cas urgents. "Nous avons seulement un million de cas urgents qui arrivent aux hôpitaux chaque année", a-t-il ajouté. Le ministre estime que les autres cas, qui ne répondent pas aux critères d'urgence, n'ont pas trouvé d'autres établissements de santé où recevoir des soins, et pourraient aller se faire soigner ailleurs sans se rendre aux urgences.
Le responsable gouvernemental a expliqué que le ministère travaille à mettre en œuvre une réforme globale dans le cadre du chantier royal pour l'implémentation de la protection sociale. "Pour trouver une solution aux urgences, il est nécessaire de suivre toutes les étapes du système de santé et trouver des solutions aux problèmes existants, y compris le premier point d'entrée que sont les centres de soins de santé primaires, dans les zones urbaines et rurales", affirme-t-il.
D'autre part, M. Ait Taleb a estimé qu'il est nécessaire d'avoir des services d'urgence dans toutes les régions du pays pour éviter la pression sur certains services d'urgence dans plusieurs villes du Maroc.
Evoquant le cas des ressources humaines, le ministre a affirmé que celles-ci doivent être en nombre suffisant pour faire face au problème de la surpopulation dans les urgences, soulignant la nécessité d'humaniser les services hospitaliers, à travers un bon accueil dans les services d'urgence.
M. Ait Taleb a conclu qu'il était nécessaire de mettre en place un système de coordination du travail des urgences, surtout que le Maroc se prépare à accueillir prochainement des événements sportifs mondiaux, tels que la Coupe d'Afrique 2025 et la Coupe du monde 2030.
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