Voici comment les énergies renouvelables peuvent renforcer le positionnement du Maroc dans l’industrie des batteries électriques
Au cours des dernières années, un travail considérable a été réalisé par le Maroc dans la production d'énergies renouvelables. Comment celles-ci peuvent-elles impacter l'industrie de la batterie à hautes performances ? La réponse de Mohamed Ouhmed, de la Direction des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique au ministère de la Transition énergétique.
"Des programmes et des chantiers lancés il y a des décennies contribuent aujourd’hui à la création d’une demande en termes de moyens de stockage en général, et en batteries électriques en particulier", a-t-il expliqué à l'occasion de la 2e édition du Forum international de la Chimie 2024, organisé ces mercredi 15 et jeudi 16 mai à Rabat.
"Au Maroc, nous disposons d’une capacité de 4,6 GW en exploitation en termes d’énergies renouvelables. Pour 2023-2027, nous avons planifié de réaliser plus de 7,5 GW. Cela veut dire que la cadence de développement des énergies renouvelables a été multipliée au moins par trois".
"La cadence de développement des énergies renouvelables limitée par le système électrique"
"Cette cadence demeure cependant limitée par la capacité de notre système électrique, qui nécessite le développement des moyens de flexibilité, liés à des moyens de stockage et au développement de centrales fonctionnant au gaz naturel".
Pour pallier cette situation, "notre plan d'équipement 2023-2027 comporte essentiellement les énergies renouvelables, notamment la mise en place de 2.500 stations de gaz naturel".
"Ce qui est très important, c’est qu’au niveau de notre démarche d’optimisation du plan d’équipement, on a pour la première fois des systèmes de stockage par batterie. Auparavant, il y avait uniquement les Step, pour optimiser le coût du kWh. Ce qui est planifié par notre système, ce sont des stations de transfert d’énergie par pompage, adossées à des centrales scolaires. Et pour la première fois, on a une capacité programmée de 400 MW par batterie, à l’horizon 2027".
"Parallèlement à ces programmes, nous avons revu en profondeur le cadre d’investissement dans les énergies renouvelables. C’est une réforme menée de manière très concertée avec l’écosystème, et particulièrement avec les acteurs privés, pour répondre notamment aux orientations royales et aux recommandations du Nouveau Modèle de développement", poursuit Mohamed Ouhmed, soulignant que "le développement de la production décentralisée de l’énergie renouvelable aura un grand besoin de système de stockage, et essentiellement les batteries de stockage".
"Nous avons par ailleurs adopté notre modèle de développement des projets, dans le cadre de l’autoproduction. La loi relative à l'autoproduction a déjà été adoptée, et ses textes d’application sont en cours d’approbation".
L’autre volet évoqué par Mohamed Ouhmed, c’est la mobilité durable. "Des études faites en coordination avec la CGEM ont démontré la nécessité de développer la mobilité électrique et durable au nouveau de notre pays".
L'industrie des batteries électriques sera boostée par la demande locale
"Toutes ces opportunités auront un impact sur l’industrie des batteries", assure-t-il. "C’est une demande locale qui est créée, et pas mal d’opérateurs sont déjà intéressés par le marché marocain. Il y a des infrastructures qui peuvent accompagner cette industrie, du fait que nous disposons d’un potentiel énorme de production d’énergies renouvelables et de sites qui peuvent abriter aussi bien la ressource de l’éolien que du solaire".
Le dernier élément important à prendre en considération, "et qui figure parmi nos objectifs, c’est d’avoir un coût du kWh moins élevé, et de renforcer la transparence. À ce titre, il faut mettre en valeur l’effort consenti par l’Autorité nationale de régulation de l’électricité qui s’est acquittée de ses engagements en publiant le 31 décembre 2023 la nouvelle loi qui détaille la capacité d’accueil en énergies renouvelables au Maroc, qui donne de la visibilité aux opérateurs, ainsi que les tarifs de service-système et les tarifs des utilisations de notre réseau électrique qui ont été réduits de plus de 20%".
"Ce sont donc autant d’ingrédients et d’éléments qui renforceront le positionnement du Maroc dans cette industrie, auxquels il faut ajouter le potentiel minier dont nous disposions", conclut Mohamed Ouhmed.
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