À cause du réchauffement de la mer, la sardinelle migre vers le Maroc
Une récente étude souligne que la sardinelle, petit poisson pélagique de la famille des clupéidés, se déplace du sud vers le nord, notamment vers le Maroc, où des captures importantes de sardinelles ont été enregistrées ces dernières années. Détails.
L'impact du changement climatique sur la répartition des petits poissons pélagiques en Afrique du Nord-Ouest a été étudié par une équipe scientifique de chercheurs, sur la période 1995-2015.
Ainsi, 2.363 échantillonnages de chaluts et 170.000 km de relevés acoustiques en mer ont été observés, lit-on dans l'étude publiée le lundi 3 juin dans la revue Scientific Reports.
Quant à la zone d'étude, le choix s'est porté sur la partie sud du grand écosystème marin du courant des Canaries (CCLME). S'étalant du sud du Maroc à la Guinée, cette zone se caractérise par une productivité biologique élevée.
Migration de la sardinelle vers le nord à cause du réchauffement de la mer
L'étude s'est concentrée sur la sardinelle en raison de son importance primordiale pour la sécurité alimentaire en Afrique du Nord-Ouest. Ce petit poisson osseux, pélagique et grégaire d’Atlantique, de Méditerranée et des eaux chaudes marines côtières, appartient à la famille des clupéidés. Les sardinelles capturées dans la zone de l'Afrique nord-occidentale sont composées principalement de deux espèces : la sardinelle ronde (Sardinella aurita) et la sardinelle plate (Sardinella maderensis).


"Un fort réchauffement est signalé dans le CCLME. En trente-quatre ans, le réchauffement progressif de la surface de la mer a entraîné des déplacements concomitants vers le Nord de la répartition des petites espèces pélagiques. Sardinella aurita, l'espèce la plus abondante le long de la côte, a de ce fait augmenté dans les régions subtropicales et a diminué dans les régions intertropicales", observent les chercheurs.
La partie sud du CCLME connaît en effet le plus grand réchauffement de surface jamais enregistré parmi tous les océans tropicaux. L'augmentation de la température pour la période 1982-2021 a ainsi atteint 0,3 °C à 0,5 °C par décennie.
Des captures importantes de sardinelles au Maroc
"D'après les biomasses acoustiques des deux sardinelles, seule Sardinella aurita a présenté un déplacement vers le nord, tandis que Sardinella maderensis a présenté une distribution quasi stable sur la même période de vingt ans", lit-on dans l'étude.
D'autres espèces que Sardinella aurita ont également montré des changements de répartition significatifs vers le nord, notamment Trachurus trecae qui s'est déplacée régulièrement vers le nord de 1995 à 2004, avant d'arrêter son extension à la fin de la période d'observation.
"Le déplacement vers le nord de la répartition de Sardinella aurita, observé au cours des deux décennies d'études en mer, était concomitant à l'augmentation importante des captures enregistrées au Maroc à la fin de la période étudiée (2015)... Nous émettons l'hypothèse selon laquelle le réchauffement exceptionnel de la surface de la mer, observé de la Mauritanie jusqu'au Sénégal – le plus fort jamais enregistré sous les tropiques pendant la période étudiée –, a induit des déplacements similaires pour plusieurs espèces. Ces faits pourraient expliquer la présence exceptionnelle de Sardinella aurita à Casablanca lors de l'évaluation des petits poissons pélagiques menée par le Maroc en 2015", souligne la même source.
Les sardinelles sont surexploitées au Maroc et en Mauritanie
"Tout changement dans la répartition des sardinelles et d’autres stocks de petits pélagiques pourrait entraîner d’importantes instabilités économiques et sociales. En Mauritanie et dans le sud du Maroc, la pêche est responsable d'une part importante du produit intérieur brut, d'autant plus que des investissements majeurs ont été réalisés dans la création d'usines de farine de poisson pour transformer ces espèces. Récemment, la pression sur ces stocks s'est accrue en raison de l'émergence d'usines de farine de poisson et de l'arrivée de navires semi-industriels, c'est-à-dire des senneurs et des chalutiers. Sardinella aurita est désormais particulièrement surexploitée", souligne en outre l'étude.
De tels changements devraient motiver les considérations politiques régionales communes en faveur de la sécurité alimentaire et de la souveraineté dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest partageant les mêmes stocks, conclut-on.
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