img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
AGRICULTURE

À partir de quel moment les agriculteurs assurés sont-ils éligibles à une indemnisation ?

Mise en place depuis 2011, l'assurance multirisque climatique est censée protéger les agriculteurs contre les aléas climatiques, notamment la sécheresse qui sévit dans le pays ces dernières années. Toutefois, les exploitants assurés ne sont indemnisés qu'à certaines conditions.

À partir de quel moment les agriculteurs assurés sont-ils éligibles à une indemnisation ?
Chady Chaabi
Le 14 juin 2024 à 15h15 | Modifié 14 juin 2024 à 15h44

Les agriculteurs et leurs biens productifs ont été durement touchés par des phénomènes climatiques extrêmes, notamment la sécheresse. La mise sur le marché en 2011 d'un produit d'assurance pour l'agriculture répond à la nécessité croissante de protéger un plus grand nombre d'exploitants agricoles. 

Il s’agit de l'assurance multirisque climatique, qui a fait l’objet d’une convention entre l’État et la Mutuelle agricole marocaine d’assurance (MAMDA). Les exploitants agricoles concernés sont assurés contre plusieurs phénomènes climatiques, dont la sécheresse, le froid et le gel. Les vents forts et les tempêtes de sable seront également couverts, au même titre que l’eau stagnante.

D'après le ministère de l'Agriculture, le programme dédié à l'assurance multirisque climatique des céréales et des légumineuses pour la campagne 2023-2024 visait à assurer une superficie totale de 1.250.000 hectares, soit 50.000 ha supplémentaires par rapport à la campagne précédente. Les cultures concernées se déclinent comme suit :

- Les céréales : blé dur, blé tendre, orge, maïs ;

- Les légumineuses : pois chiche, lentille, fève, haricot ;

- Les cultures oléagineuses : tournesol, colza.

À partir de quel moment les agriculteurs assurés sont-ils éligibles à une indemnisation ?

Le programme spécifique d'assurance multirisque climatique pour les arbres fruitiers visait, quant à lui, à protéger environ 50.000 hectares, répartis entre les cultures d'agrumes, de rosacées, d'oliviers, de figuiers et de grenadiers. Une couverture indispensable face à la crise qui touche les filières oléicoles et agrumicoles, aggravée par la fréquence croissante des phénomènes climatiques extrêmes.

À partir de quel moment les agriculteurs assurés sont-ils éligibles à une indemnisation ?

Des phénomènes qui ont eu des conséquences lors de la saison agricole 2022-2023, sur environ 5.800 hectares d’arbres fruitiers (froid, vent chergui, vent fort, canicule) et près d’un million d’hectares de céréales et légumineuses, répartis entre 667 communes.

Bien que la campagne actuelle ne soit pas encore achevée, elle ne devrait pas différer notablement des précédentes, en grande partie en raison de la sécheresse. Cependant, à partir de quel moment et sous quelles conditions les agriculteurs assurés sont-ils éligibles à une indemnisation ?

Désherbage et utilisation de semences sélectionnées

Prenons l’exemple de l’Assurance multirisque climatique céréales et légumineuses, notamment au vu de la production céréalière qui a souffert de la pénurie d'eau et qui s’établit entre 30 et 33 millions de quintaux, contre 55 millions de quintaux l’année précédente. Les agriculteurs ayant souscrit à cette assurance doivent d’abord remplir des conditions pour être indemnisés.

Il s’agit notamment de s’engager à désherber et à utiliser des semences sélectionnées sur au moins un tiers de la superficie assurée. Encore plus important, les terres agricoles des exploitants en quête d’indemnisation doivent être situées dans des communes rurales déclarées sinistrées.

Concrètement, lorsque l’ensemble du pays subit une sécheresse sévère, les dédommagements n’interviennent qu’à partir du moment où l’État déclare officiellement une calamité agricole. Au cours de la campagne 2021-2022, lors de laquelle la MAMDA avait en effet mis en place un dispositif spécifique pour accompagner et soutenir les agriculteurs face à la sécheresse, plusieurs actions avaient été menées :

- le report et le rééchelonnement des arriérés de paiement des primes d’assurance ;

- l’accélération du processus d’indemnisation ;

- la distribution de ristournes de mutualité exceptionnelles au profit des agriculteurs sociétaires.

Selon la MAMDA, le capital assuré représentait plus de 1 milliard de dirhams, pour 1.000.000 d’hectares assurés.

L'établissement d'un rendement de référence

La campagne agricole 2021-2022 avait subi la troisième sécheresse sévère après celle de 2015-2016 et 2019-2020. Au total, la MAMDA aura indemnisé 3,8 milliards de dirhams aux agriculteurs. Cela dit, les conditions climatiques lors de la campagne agricole 2023-2024 étaient moins rudes, grâce à une pluviométrie satisfaisante dans plusieurs régions, à l’instar de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et de Fès-Meknès.

Contactée par Médias24, une source autorisée confirme que logiquement, c’est le cumul pluviométrique qui détermine la déclaration du sinistre dans le cas de la sécheresse. Mais pas seulement. "La procédure pour déclarer le sinistre et indemniser les agriculteurs assurés se base également sur la détermination d’un rendement de référence qui diffère d’une commune rurale à l’autre, et d’une culture à une autre", explique notre interlocuteur.

Ce rendement est par la suite comparé avec le rendement estimé de la campagne. "Quand ce dernier est inférieur au rendement de référence, dans ce cas, le sinistre est déclaré à l’échelon d’une ou de plusieurs communes rurales, après un rapport d’une commission mixte composée de la Direction régionale de l’Agriculture et de la commune rurale", ajoute-t-il. Ce n’est qu’à partir de cette déclaration que l’agriculteur qui a assuré sa production est indemnisé.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Chady Chaabi
Le 14 juin 2024 à 15h15

à lire aussi

La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Quoi de neuf

Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka

Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.

Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
TOURISME

Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance

Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.

Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
Quoi de neuf

Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca

En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.

Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026

L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.

La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
Mines

Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP

C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.

Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Quoi de neuf

Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial

Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité