Sahara. “La reconnaissance française est décisive, le conflit touche à sa fin” (think tank US)
La reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine est une étape décisive vers la fin du conflit du Sahara occidental, estime l'Institut américain pour la paix. Selon ce dernier, l’acceptation internationale de la souveraineté marocaine s’accroît et l'un des conflits les plus longs d’Afrique touche enfin à sa fin.
"L’une des plus longues guerres d’Afrique a pris fin en juillet lorsque la France a reconnu la revendication de souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Cette action, ainsi que l’avantage militaire du Maroc, ne laisseront effectivement au mouvement indépendantiste sahraoui d’autres choix que de se contenter éventuellement d’une certaine forme d’autonomie au sein du Maroc".
C'est ainsi que démarre un papier d'analyse publié par l'USIP (United States Institute for peace) rédigé par Thomas Hill, le directeur des programmes Afrique du Nord à l'USIP.
L'Institut américain pour la paix est un institut national, non partisan et indépendant, fondé par le Congrès américain. Il est crédible et reconnu en tant que tel.
Pour Thomas Hill, la meilleure option pour les Sahraouis vivant dans des camps de réfugiés et leur soutien, l’Algérie, "est maintenant de saisir l’occasion de négocier les meilleures conditions de paix possibles avec le Maroc. Mettre fin à une guerre qui maintient tant de personnes sans État et vivant dans la misère, tout en éliminant un sujet de conflit majeur dans les relations algéro-marocaines, ce qui améliorera la stabilité régionale".
Reconnaissance croissante de la revendication du Maroc
"En 2020, le président Trump a proclamé la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur l’ensemble du Sahara occidental, comme le Maroc a reconnu Israël dans le cadre des accords d’Abraham. Ce changement de cap américain a soutenu une proposition marocaine de 2007 pour l’autonomie du Sahara occidental comme la seule base pour une solution juste et durable au conflit du Sahara occidental. À l’époque, de nombreux partisans de l’indépendance du Sahara occidental, y compris l’Algérie, ont vu la proclamation de Trump comme un tournant dommageable mais peu concluant. Cependant, 37 pays ont depuis suivi l’exemple des États-Unis et la reconnaissance de la France est décisive", poursuit l'auteur. [NDLR : pour les 37 pays cités par l'auteur, notamment arabes, il s'agissait de rappel de leur position déjà connue de soutien au Maroc].
Et d'ajouter, "la décision de la France de mettre fin à sa neutralité sur la question du Sahara occidental reflète et renforce un consensus international croissant en faveur des revendications de souveraineté du Maroc. Le contrôle de facto dont jouit actuellement le Maroc deviendra un statut permanent à moins que le polisario ne s’empresse de négocier davantage de concessions que celles proposées par le Maroc dans son plan d’autonomie de 2007".
Thomas Hill s'interroge sur les autres grands pays influents. "Des États influents comme la Chine, la Russie, la Turquie, la Grande-Bretagne et l’Italie restent officiellement neutres, mais pour combien de temps ? Alors que les Nations Unies n’ont fait aucun progrès réel vers un règlement pacifique, le Maroc contrôle plus des trois quarts du territoire, qu’il continue de développer économiquement".
L'auteur poursuit son analyse en se posant plusieurs questions sur la mise en oeuvre du plan d'autonomie en partant du constat que "dix-sept ans plus tard, l’incapacité du polisario à obtenir l’indépendance militaire soulève la question : de quelles concessions marocaines supplémentaires le polisario a-t-il besoin pour accepter l’autonomie ?"
Il s'interroge sur les conditions de retour des Sahraouis, sur l'amnistie générale proposée dans le cadre du plan d'autonomie marocain, etc...
Ce qu'il faut en retenir est que le débat se déplace et se fait dans le cadre du plan d'autonomie marocain comme étant la base.
"L’un des conflits les plus longs d’Afrique touche enfin à sa fin"
Le directeur des programmes Afrique du Nord à l'USIP estime que la dynamique internationale est entièrement du côté du Maroc.
"Dans un avenir pas si lointain, le conflit sur le territoire du Sahara occidental sera effectivement terminé, avec seulement une poignée d’États continuant à plaider pour l’indépendance. Étant donné l’avantage militaire qualitatif du Maroc sur le polisario, le peuple sahraoui n’a pas d’autre choix qu’un règlement négocié. Le plan d’autonomie marocain deviendra le règlement de facto à moins que le polisario ne soit en mesure de négocier quelque chose de plus", poursuit la même source.
Et d'ajouter, "accepter cette réalité est une pilule amère à avaler pour le peuple sahraoui et ses soutiens internationaux, mais continuer à nier cette réalité ne peut que garantir un règlement final moins favorable (...) Agir autrement reviendrait à nier que l’un des conflits les plus longs d’Afrique touche enfin à sa fin."
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