Après une première année au Maroc, Kazyon fait son bilan
Après une année d'activité, Kazyon Maroc a présenté ce mercredi 16 octobre un bilan d’étape. Il fait le point sur le nombre de magasins ouverts, d'emplois créés, et affiche ses objectifs pour l’année prochaine. À ce stade, aucune communication n’a été faite sur le chiffre d’affaires réalisé depuis l’arrivée du groupe au Maroc, ni sur les investissements.
À cette occasion, le groupe, qui existe également en Egypte et en Arabie saoudite, a évoqué son histoire et la répartition de son capital.
120 magasins en une année
Les deux principaux chiffres communiqués ce mercredi par la filiale marocaine ont trait au nombre de magasins ouverts et d’emplois créés.
"En une année, Kazyon a ouvert 120 magasins", a déclaré son PDG, Mohammed Benmezouara, soulignant que "l’ouverture de chaque magasin nécessite près de 12 jours de travaux et d’approvisionnement".
Ces magasins s’étendent d’El Jadida à Tanger. La filiale marocaine s’est notamment implantée à Kénitra, Salé, Rabat, Casablanca, et sur l’axe Mohammédia-Casablanca, ainsi qu’à El Jadida, Azemmour, Settat et Berrechid..., soit autour de sa plateforme à Mohammédia, ce qui lui permet d’assurer le service le plus rapide à ses magasins, au coût le plus bas.
En 2025, Kazyon ambitionne d’ouvrir plus de 150 magasins supplémentaires dans de nouvelles villes marocaines. Au niveau des trois pays, le groupe compte 1.250 magasins.
Lors de leurs interventions, Mohammed Benmezouara et Hassan Heikal, fondateur et président exécutif du groupe, ont saisi l'occasion pour comparer la stratégie d'expansion de Kazyon à celle de son concurrent. "BIM n’a ouvert que 112 magasins en quatre ans" à ses débuts, selon le PDG de Kazyon.
"En Egypte, Kazyon a adopté une stratégie d’expansion plus rapide par rapport à BIM, atteignant 966 magasins en juin 2024, contre 381 pour BIM, alors qu'on est arrivé sur le marché après cet acteur. Il en est de même au Maroc, un marché sur lequel nous sommes arrivés près de 14 ans après BIM", a souligné pour sa part Hassan Heikal.
Près de 1.000 employés au Maroc
En ce qui concerne la création d’emplois, le groupe en fait l’une de ses priorités au Maroc, expliquent ses dirigeants. En une année, Kazyon Maroc compte plus de 950 employés, dont 28% sont des femmes. Ce chiffre s'élève à près de 9.000 dans les trois pays où le groupe est présent.
"Nous avons l'ambition d’atteindre 2.000 emplois en 2025 au Maroc", afin d'accompagner notamment les nouvelles ouvertures prévues.
Outre la création d'emplois et l'expansion géographique, la filiale marocaine a également pour objectif de maintenir des prix bas, tout en garantissant la qualité des produits et de soutenir les fournisseurs locaux, d'autant que "tous nos produits sont achetés au Maroc", précise Mohammed Benmezouara.
Retour sur l’histoire de Kazyon
Lors de cet événement, le groupe est pour la première fois revenu sur son histoire et sur la répartition de son capital.
"Kazyon Limited a été fondé en Egypte il y a dix ans, avec un capital libéré à ce jour de 250 millions de dollars. L’on peut alors dire qu’il s’agit d’une organisation relativement petite", a déclaré son fondateur.
"Nous sommes également présents au Maroc et en Arabie saoudite, et entre ces trois pays, nous servons jusqu’à 500.000 clients par jour".
"Au Maroc, nous avons décidé de démarrer notre activité en 2022, et le premier magasin Kazyon a été ouvert en octobre 2023".
Outre Hassan Heikal qui détient 17% du capital, ce dernier est réparti entre :
- Des membres des familles royales du Qatar et d’Arabie saoudite, qui en détiennent 30%.
- Development Partners International (DPI), une société britannique de capital-investissement qui déploie ses capitaux mondiaux pour libérer le potentiel de forte croissance notamment en Afrique. Elle détient 21% du capital.
- DFIs (Development Finance Institutions) and institutions, qui détiennent 18% du capital. Ce sont des organisations de développement spécialisées, généralement détenues majoritairement par les gouvernements qui investissent dans les projets du secteur privé pour promouvoir la création d’emplois.
- FIM Partners, qui détient 8% du capital. Il s’agit d’une joint-venture entre la banque d’investissement égyptienne EFG Hermes et Welcome Trust.
"Kazyon n'est pas un supermarché"
Le fondateur du groupe est aussi revenu sur les spécificités des discounters par rapport aux supermarchés traditionnels. "Nous ne sommes pas un supermarché, et plusieurs aspects nous différencient de ce segment au Maroc", a-t-il souligné.
"Le premier est notre assortiment, qui est faible par rapport aux chaînes de distribution traditionnelles. Nous disposons de 1.500 produits", a-t-il expliqué.
"L'autre aspect se rapporte au marketing : nous ne faisons pas de marketing", a précisé Hassan Heikal. "Nous sommes des logisticiens, et la majorité des opérations de la filiale marocaine se déroulent dans ce siège" [à Mohammédia, ndlr].
"Nous sommes compétitifs par nos prix qui doivent être les plus bas sur le marché et par notre proximité" des lieux d'habitation, et "nos magasins sont de petite taille, avec un nombre d'employés réduit par magasin", a-t-il ajouté.
"Dans les 15 prochaines années, le marché de l'épicerie moderne connaîtra une forte croissance"
Et de poursuivre : "Dans les quinze prochaines années, le marché de la distribution connaîtra un grand bouleversement, à l'instar de ce qui est arrivé en Turquie".
"Au Maroc et en Egypte, le marché de l'épicerie moderne représente à peine 20% du marché de la grande distribution, contre jusqu'à 98% en Grande-Bretagne par exemple. Dans les quinze prochaines années, ce marché connaîtra une forte croissance pour atteindre jusqu'à 50% à 60% au Maroc, et les discounters y prendront davantage de place", estime-t-il.
"Au Maroc, les discounters représentent à peine 4% du marché, contre 80% pour le commerce traditionnel. Si l'on prend l'exemple de la Turquie, en 18 ans, le marché du commerce traditionnel est passé de 80% à 48%, au profit des discounters, dont la part a augmenté de 2% à 26%, et des autres commerces modernes (de 18% à 26%). C'est ce qui arrivera également pour les marchés marocain, égyptien et saoudien", a conclu Hassan Heikal.
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