Port sec d'Agadir : l'achèvement des premières installations attendu pour début 2026 (Driss Boutti)
L'adoption récente, en Conseil de gouvernement, du décret pour l'extraction de l'assiette foncière où sera érigé le port sec d'Agadir donne un coup d'accélérateur à ce projet tant attendu par les investisseurs. Alors qu'une signature sera bientôt annoncée pour lancer, officiellement, les travaux, l'achèvement des premières installations est attendu pour début 2026, apprend Médias24 auprès de Driss Boutti, président de la CGEM Souss-Massa.
Coup d'accélérateur au projet du port sec d'Agadir, une infrastructure qui se fait attendre depuis un moment, en particulier par les investisseurs qui voient en elle une opportunité à même de donner un essor industriel et commercial sans précédent à la région.
Réuni le jeudi dernier, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de décret n° 2.23.725 modifiant et complétant le décret n° 2.18.738 portant création de la zone franche d'exportation Souss-Massa. Ce projet de décret vise concrètement à modifier la délimitation des périmètres de la Zone d'accélération industrielle de Souss-Massa, créée en 2018, afin de l'adapter au plan d'aménagement de la commune de Drarga, ainsi qu'à inclure la logistique et les activités liées au port sec parmi celles pouvant être exercées au sein de cette zone.
Officialisation du lancement des travaux fin janvier 2025
"L'espace où sera érigé le port sec, projet que nous avons intitulé Agadir Atlantic Hub, sera extrait d'une assiette foncière (100 ha) de la zone franche (305 ha). Pour extraire ces 100 ha, il a fallu un projet de décret. Après plusieurs allers-retours entre les administrations, ce texte a été enfin adopté. Il s'agit effectivement d'un coup d'accélérateur", explique à Médias24, Driss Boutti, président de la CGEM Souss-Massa.
La région de Souss-Massa, l'Agence nationale des ports (ANP), la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), l'Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) et Tanger Med (TMSA) les cinq parties portant ce projet, officialiseront bientôt le lancement des travaux, maintenant que le décret est adopté.
"Une signature officielle pour entamer le lancement des travaux doit se faire vers fin janvier. La société Agadir Atlantic Hub qui sera chargée de la gestion, la commercialisation et l'exploitation du futur port sec, est en train d'installer ses locaux à Agadir. Toutes les études techniques sont par ailleurs prêtes, que ce soit sur site ou hors site", fait savoir le président de la CGEM Souss-Massa.
Les premières installations devront être livrées début 2026
Quand est-ce que ce projet stratégique va-t-il prendre forme? Selon notre interlocuteur, le projet ne peut pas être livré, entièrement, d'un seul coup. "Les premières installations seront probablement livrées début 2026. Quant à la livraison de l'intégralité du projet, celle-ci doit avoir lieu en 2028", répond notre interlocuteur.
Plus vite le port sec d'Agadir verra le jour, mieux se portera l'investissement dans la région. Autour d'une table ronde organisée à Agadir dans le cadre de notre Tour des régions en action, deux grands investisseurs dans la région, Leoni et Meditech Gloves Morocco, nous soulignaient que l’installation dans la région était notamment décidée grâce à cette promesse de port sec.
Dans la même lignée, Driss Boutti affirme : "Le port sec d'Agadir est le projet qui peut changer la donne, logistiquement parlant, étant donné que le port maritime n'est pas extensible. Le port sec d'Agadir viendra donc renforcer le port maritime qui demeure saisonnier. L'activité des conteneurs s'y chiffre à 30% pendant la campagne agricole. Hormis cette période, l'essentiel de l'activité repose sur quelques petites opérations".
"L'idée de lancer un projet pareil a émergé suite aux suggestions des investisseurs qui insistent aujourd'hui sur la nécessité d'avoir un grand port avec des espaces logistiques et des espaces de stockage importants pour développer de grandes industries à l'instar de l'automobile et de l'aéronautique. En effet, le port sec d'Agadir permettra d'asseoir une ligne de cabotage qui va relier le port d'Agadir aux ports de Casablanca et à Tanger-Med", conclut notre source.
À découvrir
à lire aussi
Article : Le Honduras décide de suspendre sa reconnaissance de la “rasd”
Le Honduras a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la pseudo “rasd”, une décision officielle notifiée à Rabat et aux Nations Unies.
Article : Engrais. Sous pression à cause du blocus d’Ormuz, l’Inde se tourne massivement vers le Maroc
Entre le blocus d'Ormuz qui paralyse la production indienne, les restrictions chinoises à l'export et la crise agricole américaine, le marché mondial des engrais phosphatés traverse une période de turbulences sans précédent. Dans ce contexte, l'Inde, plus exposée que jamais à la désorganisation des flux, consolide sa dépendance au Maroc.
Article : Hôtellerie : Marriott nomme Denis Laus à la tête du futur resort de Taghazout Bay
Prévu pour l’été 2026 aux portes d’Agadir, l’établissement comptera 250 chambres avec vue sur l’océan, plusieurs espaces de restauration et 600 m² dédiés aux réunions et événements.
Article : La réforme des Groupements sanitaires territoriaux cherche ses preuves sur le terrain
Cinq directeurs généraux nommés par le Roi, des indicateurs présentés comme probants dans une région pilote, mais des syndicats qui contestent et des décrets toujours manquants. La réorganisation du système de santé public marocain autour de groupements sanitaires territoriaux s'accélère. Le plus dur reste à faire.
Article : Casablanca : le Mégarama dément tout projet de démolition sur le front de mer
Le Mégarama de Casablanca ne fait l’objet d’aucun projet de destruction, a indiqué à Médias24 une source autorisée au sein de l’établissement, réagissant à des informations relayées en ligne sur une possible démolition de plusieurs installations du littoral.
Article : SIAM 2026 : Maroc Telecom dévoile ses solutions Agritech pour une agriculture intelligente
Partenaire officiel du SIAM, Maroc Telecom présente ses dernières innovations Agritech fondées sur l’IoT, l’intelligence artificielle et la 5G, afin d’accompagner la transformation digitale du secteur agricole.