Pleins feux sur la police cynotechnique dans le dernier numéro de la Revue de Police
Ce numéro met en lumière l'histoire, l'évolution, les missions et les défis de cette unité spécialisée, ainsi que les avancées technologiques et les efforts de modernisation entrepris par la DGSN pour optimiser l'efficacité opérationnelle des chiens policiers.
Le numéro 53 de la Revue de Police, publié en décembre 2024 par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), est consacré à la police cynotechnique, une spécialité policière qui allie expertise humaine et capacités animales pour renforcer la sécurité et la protection des citoyens.
Une histoire riche et évolutive
L'intégration des chiens dans les services de police marocains remonte à 1956, année de la création de la DGSN. Initialement, des chenils ont été établis au sein des compagnies mobiles d'intervention, principalement aux postes frontières et dans les aéroports de Casablanca et de Marrakech. La formation des maîtres-chiens et le dressage des chiens se déroulaient alors à l'étranger.

En 1992, un tournant majeur a été pris avec la création du Centre cynophile national de police à Rabat, rattaché à l'état-major des Compagnies mobiles d'intervention. Ce centre avait pour mission de former les maîtres-chiens et de dresser les chiens dans différentes spécialités.
En 2016, une refonte globale de la doctrine cynotechnique a été entreprise, conduisant à la création de la division de la police cynotechnique, rattachée à la direction de la police judiciaire. Cette restructuration a permis de moderniser les infrastructures, les équipements et les techniques de dressage, tout en diversifiant les missions et les spécialités des chiens policiers.
Les missions de la police cynotechnique
La division de la police cynotechnique a pour missions principales :
– La sélection et la formation des cynotechniciens dans différentes disciplines cynotechniques ;
– Le suivi de l'état de santé et du bien-être des chiens, grâce à un encadrement vétérinaire approprié ;
– L'acquisition et le dressage des chiens pour des missions spécifiques telles que la détection d'explosifs, de drogues, de billets de banque ou la recherche de personnes disparues ;
– La coordination et le contrôle des brigades cynotechniques régionales, qui opèrent dans les grandes villes, les infrastructures stratégiques et les postes frontières.
Infrastructures et équipements modernes
Dans le cadre de la modernisation de la police cynotechnique, la DGSN a investi dans des infrastructures et des équipements de pointe. 14 nouveaux locaux cynotechniques ont été construits, répondant aux normes internationales. Un projet de construction d'un nouveau siège moderne pour la division de la police cynotechnique est également en cours. De plus, des véhicules spécialement aménagés pour le transport des chiens, des articles de dressage modernes et des uniformes adaptés aux exigences du métier ont été acquis.
Un maillage territorial étoffé
La DGSN dispose aujourd'hui d'un réseau de 22 brigades cynotechniques régionales, couvrant l'ensemble du territoire marocain. Ces brigades sont implantées dans les grandes villes, les ports, les aéroports et les postes frontières, assurant une couverture optimale et une réponse rapide aux besoins opérationnels. De nouvelles brigades sont en cours de création pour renforcer ce maillage territorial.
La police cynotechnique marocaine a développé un savoir-faire reconnu, avec 437 cynotechniciens dont 30 femmes et 377 chiens spécialisés dans diverses missions. Les chiens sont formés pour détecter des explosifs, des drogues, des billets de banque, des cadavres, des traces de sang, et pour participer à des missions de sauvetage et d'intervention sur la voie publique. La DGSN explore également de nouvelles technicités et races de chiens pour renforcer ses capacités opérationnelles.
Les races de chiens et leurs spécialités
La DGSN utilise une dizaine de races de chiens, chacune adaptée à des missions spécifiques. Parmi les races les plus utilisées, on trouve le berger allemand, le malinois, le labrador et le saint-hubert. Ces chiens sont sélectionnés en fonction de leur tempérament et de leurs aptitudes physiques et olfactives. Par exemple, les bergers allemands et les malinois sont polyvalents et peuvent être utilisés pour la détection d'explosifs ou de drogues, tandis que les saint-huberts, dotés d'un odorat exceptionnel, sont spécialisés dans le pistage des traces humaines.

La formation des cynotechniciens
La formation des cynotechniciens est un processus rigoureux qui commence par des cours théoriques sur l'anatomie et la physiologie des chiens, suivis d'une phase pratique de familiarisation avec l'animal. Les cynotechniciens apprennent ensuite à dresser leurs chiens pour des missions spécifiques, comme la détection d'explosifs ou de stupéfiants. La formation est sanctionnée par des tests d'évaluation, et les cynotechniciens doivent suivre des formations continues pour maintenir leurs compétences.
Le bien-être des chiens : une priorité
La DGSN accorde une attention particulière au bien-être des chiens, considérés comme des partenaires opérationnels à part entière. Des mesures de prophylaxie sanitaire, des soins vétérinaires réguliers et un régime alimentaire équilibré sont mis en place pour garantir la santé et la performance des chiens. Un service de santé vétérinaire a été créé pour assurer le suivi médical des chiens et veiller à leur bien-être.
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