Atriplex, une plante fourragère résistante à la sécheresse en pleine expansion au Maroc
Plusieurs marchés ont été lancés ces deux dernières années pour la plantation d'Atriplex, une plante fourragère qui résiste aux températures élevées, dans différentes régions à l'instar de l'Oriental et de Drâa-Tafilalet. Des superficies importantes sont consacrées à la plantation de cet arbuste stratégique en pleine expansion au Maroc.
Entre février 2023 et février 2025, pas moins de 23 marchés ont été lancés pour les travaux de plantation d'Atriplex et le suivi de ces travaux, selon des données non exhaustives compilées par Médias24.
Ces appels d'offres ont concerné différentes régions du Maroc, notamment l'Oriental (Figuig), Rabat-Salé-Kénitra (Sidi Kacem, Khémisset), Marrakech-Safi (Essaouira, Safi, Rehamna), Drâa-Tafilalet (Midelt) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (Tétouan).
La superficie totale à planter est de 5.213 ha.
Pourquoi le Maroc augmente-t-il ses superficies plantées en Atriplex ?
L'arbuste fourrager privilégié au Maroc
L'Atriplex ou arroche nummularia est une espèce végétale arbustive fourragère.
"L'Atriplex est l'arbuste fourrager privilégié, en termes de plantation, au Maroc, depuis le lancement des opérations d'amélioration pastorale. Les premières plantations ont été initiées dans l'Oriental. Aujourd'hui, ces opérations se généralisent. L'Atriplex est aujourd'hui planté dans d'autres régions comme Marrakech-Safi (Rehamna), Guelmim-Oued Noun et Rabat Salé-Kénitra (Khémisset)", explique à Médias24 Jaouad Zemamou, ingénieur pastoral.
Pour une bonne production, la pluviométrie doit être supérieure ou égale à 250 mm. Mais l'Atriplex peut même survivre avec des précipitations annuelles de 100 mm seulement
Hautement adaptée aux zones arides et semi-arides, cette plante a l'avantage de résister à la sécheresse, même si elle a besoin d'un minimum d'eau. "Pour une bonne production, la pluviométrie doit être supérieure ou égale à 250 mm. Mais l'Atriplex peut survivre avec des précipitations annuelles de 100 mm", précise Jaouad Zemamou.
"L'Atriplex réalise son cycle sur deux ans. Des systèmes d'irrigation sont installés au moment de la mise en terre, en attendant la croissance de la plante. Une fois qu'il a poussé, l'Atriplex devient tributaire des conditions climatiques".
Intégrer des compléments alimentaires pour une nutrition animale complète
Consommée davantage par le cheptel ovin, il s'agit d'une plante riche en protéines et en fibres, mais faible en valeur énergétique, souligne notre interlocuteur.
Seulement 2,5 à 3 kg de matière sèche peuvent en effet être extraits d'une plante Atriplex, de quoi répondre aux besoins alimentaires quotidiens d'un seul animal d'élevage"Elle ne permet donc pas de couvrir la totalité des besoins alimentaires du bétail. Elle peut constituer un aliment fourrager de base, mais elle doit de préférence être accompagnée d'un complément alimentaire, comme l'orge ou le foin, lors du pâturage. Les animaux d'élevage ont en outre besoin d'une ration quotidienne d'eau plus importante quand ils se nourrissent de cette plante, car elle est très concentrée en sel".
"Il s'agit en outre d'une plante peu productive. Raison pour laquelle elle est plantée sur de grandes superficies, notamment des superficies de 100 ha et plus, afin justement d'améliorer le rendement et d'en faire bénéficier le plus grand nombre d'éleveurs. Seulement 2,5 à 3 kg de matière sèche peuvent en effet être extraits d'une plante Atriplex, de quoi répondre aux besoins alimentaires quotidiens d'un seul animal d'élevage".
Une plante aux multiples bienfaits
Au-delà d'être une plante fourragère, l'Atriplex remplit également une autre fonction essentielle : la restauration du sol.
"La plantation de l'Atriplex permet d'améliorer la fertilité du sol et la rétention de l'eau, et de renforcer l'équilibre écologique entre la faune et la flore, favorisant la croissance de la strate herbacée sur laquelle le cheptel pourra se nourrir plus tard", souligne Jaouad Zemamou.
Vitales pour l’élevage pastoral, les terres de parcours se dégradent, notamment à cause de la désertification, qui est à l’origine de la perte moyenne de 30.000 ha de végétation par an, selon l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Pour y remédier, des actions de gestion sont ainsi indispensables, dont la plantation d’arbustes et la formation des éleveurs.
Mais l’efficacité de ces actions dépend de la mise en place d’un suivi spatio-temporel des ressources pastorales. Grâce à ce suivi dit de "télédétection satellitaire", les actions de gestion et de réhabilitation des terres de parcours dégradées sont mieux ciblées.
30.000 ha perdus chaque année : comment préserver les terres de parcours ?
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