À Casablanca, la vente aux enchères de biens immobiliers communaux divise les élus
À l'approche de grands événements internationaux, la commune de Casablanca prévoit de vendre aux enchères plusieurs biens immobiliers et terrains laissés à l'abandon depuis des décennies. Bien que cette initiative puisse générer des fonds conséquents, elle soulève des interrogations au sein du conseil, ce qui a poussé la maire à reporter l'examen des points concernés.
Afin de renflouer ses caisses pour embellir davantage la métropole en prévision de la CAN 2025 et du Mondial 2030, la commune de Casablanca ambitionne de vendre aux enchères des biens immobiliers et des terrains non exploités depuis au moins une trentaine d'années. Bien que cette initiative puisse drainer des revenus financiers considérables, notamment en raison des prix très bas auxquels certains immeubles ou villas de la ville sont loués, cette décision suscite des débats parmi les élus qui soulèvent les aspects juridiques de l'opération.
Plusieurs terrains concernés dans différents arrondissements
Plusieurs opérations de cession à l'amiable à l'État d'immeubles et de terrains, qui étaient à l'ordre du jour de la seconde réunion de la session ordinaire du conseil de la ville tenue ce lundi 17 février, ont ainsi été reportées par la maire Nabila Rmili, à la demande des élus, pour les examiner en profondeur.
Elles concernent différents arrondissements, notamment :
– l'arrondissement de Moulay Rachid, où un terrain non constructible d'une superficie de 273 m2, appartenant à la commune de Casablanca, est proposé à la commission administrative d'évaluation en vue de sa cession ;
– les arrondissements de Sidi Othmane et Moulay Rachid, où des lots de terrains sont mis aux enchères pour leur aménagement en terrains de proximité et espaces verts ;
– l'arrondissement de Sidi Belyout ;
– l'arrondissement du Maârif, où un terrain d'une superficie de 4.745 m2 appartenant à la commune de Casablanca est mis aux enchères en vue de sa cession à l'État. Toujours dans le même arrondissement, deux autres terrains de superficies respectives de 746 m² et de 216 m², situés entre la rue Socrate et la rue Mamoun Mohamed, sont également concernés ;
– l'arrondissement d'Anfa, où la commune prévoit la cession à l'amiable à l'État de deux terrains de superficies respectives de 721 m² et de 3.444 m² lui appartenant ;
– l'arrondissement de Hay Hassani, où la commune a prévu la cession à l'amiable à l'État d'un terrain d'une superficie de 10,5 hectares lui appartenant. Toujours dans ce même arrondissement, la commune prévoit la cession à l'amiable des appartements lui appartenant, dans le domaine de la ferme Bretonne, au profit de leurs occupants ;
– les arrondissements de Aïn Sebaâ et Hay Mohammadi, où la commune prévoit la cession de terrains nécessaires pour l'élargissement de la rue Chefchaouen, dans le cadre de l'aménagement urbain.
Les explications de Nabila Rmili
Face à la résistance des élus de la ville, Nabila Rmili a expliqué ce lundi que "bien que les recettes de la métropole aient atteint 5,090 milliards de DH cette année, elles restent insuffisantes à l'équipement de la ville".
"La gestion de la ville à elle seule nous coûte 4,2 MMDH. Nous voulons avoir un service de transport par bus de haut niveau avec 700 véhicules et un ticket abordable, ainsi qu'un parcours de transport d'environ 100 km entre tramway et busway, qui engendre un déficit énorme que nous devons payer".
"Nous avons également les charges de l'éclairage public, les dettes de la ville qui ont atteint 400 millions de DH, des fonctionnaires qui nous coûtent environ 1 MMDH par an et un service de propreté qui nous coûte 1,3 MMDH par an".
"Malgré nos efforts, les recettes actuelles restent insuffisantes pour le financement de projets structurants. C'est la raison pour laquelle nous avons pensé à valoriser les biens de la commune, non exploités depuis trente ans, voire cinquante ans. Il s'agit notamment de terrains où nous ne pouvons rien construire, puisque cela ne relève pas de nos prérogatives".
"Nous voulons donc exploiter des biens assainis, pour les valoriser et préparer la ville à accueillir des événements mondiaux".
"Nous savons que l'État fera un effort dans ce sens, mais la ville doit en faire également. Mais, afin d'éviter toute ambiguïté dans ce dossier, nous allons reporter tous les points concernés et organiser de nouvelles réunions auxquelles assistera notamment le ministère de l'Intérieur pour plus d'explications".
"Je voulais activer ce dossier, puisque nous devons faire vite afin de nous préparer à ces événements mondiaux, mais nous pouvons toujours programmer des sessions extraordinaires dans les prochains jours", a-t-elle conclu.
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