img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SOCIETE

Journée internationale des droits des femmes : un 8 mars passé sous silence au Maroc

En 2025, la journée internationale des droits des femmes est passée presque inaperçue au Maroc, alors que le contexte sociopolitique aurait dû susciter un débat urgent sur la condition féminine. Dans ce climat de stagnation, la journée du 8 mars semble avoir perdu son caractère de revendication profonde.

Journée internationale des droits des femmes : un 8 mars passé sous silence au Maroc
Par
Le 10 mars 2025 à 15h02 | Modifié 10 mars 2025 à 17h53

La Journée internationale des droits des femmes en 2025 est passée quasiment inaperçue. Pourtant, le contexte sociopolitique aurait dû pousser à une réflexion urgente et profonde sur la condition féminine à l’occasion du 8 mars.

Certes, le mois de Ramadan, la journée tombant un samedi et une météo peu favorable ont joué un rôle dans cette absence de manifestations publiques. Mais peut-on imputer cette négligence uniquement à ces facteurs ?

Un contexte pourtant favorable

Le contexte sociopolitique, notamment de la réforme de la Moudawana impulsée par le Roi Mohammed VI, aurait dû constituer un catalyseur de discussions et de prises de position. Or, à part les grandes lignes annoncées en décembre dernier, le projet de révision de la Moudawana semble être resté en suspens.

Des féministes et des militants ont largement exprimé leur déception à l’égard de ces premières propositions de réforme, estimant qu’elles ne répondent pas de manière suffisante aux attentes des femmes marocaines et aux changements de la société. Ces grandes lignes ne semblent pas apporter de changements profonds et restent loin des aspirations de nombreux citoyens qui réclament une révision plus en profondeur de la Moudawana.

À cet égard, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, membre du Comité de pilotage de la réforme de la Moudawana, semble se trouver dans une posture défensive. Lors d’un événement organisé le 17 février dernier, à l’Université internationale de Rabat (UIR), il a indiqué que de nombreux points sont encore en discussion et qu’ils font l’objet de divergences. Cette attente de la réforme contribue à accentuer le sentiment de stagnation dans l’évolution des droits des femmes.

Silence radio : ni projets ni discours

Par ailleurs, aucune personnalité officielle ne s’est exprimée publiquement à l’occasion du 8 mars, et il n’y a pas eu de projet significatif, ni même de discours pertinent sur l’état des droits des femmes au Maroc.

Ce silence officiel contraste avec l’engouement traditionnel pour des célébrations superficielles, où les femmes sont souvent réduites à des récipiendaires de cadeaux et de fleurs. Cela révèle un amalgame persistant entre ce qu’est réellement cette journée et sa perception dans l’opinion publique.

En effet, la Journée internationale des droits des femmes ne devrait pas se limiter à des gestes symboliques tels que des bouquets de fleurs ou des attentions ponctuelles. Elle est avant tout un moment de prise de conscience et de rappel des revendications liées aux droits des femmes, et à la promotion de ceux-ci.

Que l'on en fasse une journée d'hommage à la femme, où l'on reconnaît sa contribution, n'est pas condamnable. Mais ce n'est pas suffisant. C'est l'occasion de dresser le bilan des avancées en matière de droits, d'égalité… et peut-être aussi de célébrer ces avancées quand il y en a.

Mais ce manque de réflexion profonde sur cette journée, au-delà des célébrations superficielles, montre à quel point la condition féminine au Maroc nécessite une attention sérieuse et un engagement réel. De plus, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Car, au-delà de la réforme de la Moudawana, qui est censée venir rétablir un équilibre de droits entre les hommes et les femmes en supprimant les discriminations qui y figurent, d’autres textes doivent également suivre pour assurer cette égalité des genres.

Il est important de rappeler que le parcours laborieux, de la scolarité à la reconnaissance professionnelle, reflète la réalité de la femme marocaine qui, malgré quelques avancées, peine toujours à occuper la place qui lui revient dans la société.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 10 mars 2025 à 15h02

à lire aussi

Le Honduras décide de suspendre sa reconnaissance de la “rasd”
NATION

Article : Le Honduras décide de suspendre sa reconnaissance de la “rasd”

Le Honduras a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la pseudo “rasd”, une décision officielle notifiée à Rabat et aux Nations Unies.

Engrais. Sous pression à cause du blocus d’Ormuz, l’Inde se tourne massivement vers le Maroc
AGRICULTURE

Article : Engrais. Sous pression à cause du blocus d’Ormuz, l’Inde se tourne massivement vers le Maroc

Entre le blocus d'Ormuz qui paralyse la production indienne, les restrictions chinoises à l'export et la crise agricole américaine, le marché mondial des engrais phosphatés traverse une période de turbulences sans précédent. Dans ce contexte, l'Inde, plus exposée que jamais à la désorganisation des flux, consolide sa dépendance au Maroc.

Hôtellerie : Marriott nomme Denis Laus à la tête du futur resort de Taghazout Bay
Quoi de neuf

Article : Hôtellerie : Marriott nomme Denis Laus à la tête du futur resort de Taghazout Bay

Prévu pour l’été 2026 aux portes d’Agadir, l’établissement comptera 250 chambres avec vue sur l’océan, plusieurs espaces de restauration et 600 m² dédiés aux réunions et événements.

La réforme des Groupements sanitaires territoriaux cherche ses preuves sur le terrain
Santé

Article : La réforme des Groupements sanitaires territoriaux cherche ses preuves sur le terrain

Cinq directeurs généraux nommés par le Roi, des indicateurs présentés comme probants dans une région pilote, mais des syndicats qui contestent et des décrets toujours manquants. La réorganisation du système de santé public marocain autour de groupements sanitaires territoriaux s'accélère. Le plus dur reste à faire.

Casablanca : le Mégarama dément tout projet de démolition sur le front de mer
Régions

Article : Casablanca : le Mégarama dément tout projet de démolition sur le front de mer

Le Mégarama de Casablanca ne fait l’objet d’aucun projet de destruction, a indiqué à Médias24 une source autorisée au sein de l’établissement, réagissant à des informations relayées en ligne sur une possible démolition de plusieurs installations du littoral.

SIAM 2026 : Maroc Telecom dévoile ses solutions Agritech pour une agriculture intelligente
SIAM 2026

Article : SIAM 2026 : Maroc Telecom dévoile ses solutions Agritech pour une agriculture intelligente

Partenaire officiel du SIAM, Maroc Telecom présente ses dernières innovations Agritech fondées sur l’IoT, l’intelligence artificielle et la 5G, afin d’accompagner la transformation digitale du secteur agricole.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité