Prix des œufs : après la flambée, une baisse de 30% à la mi-Ramadan
Pendant le mois sacré, la consommation et le prix des œufs connaissent une forte hausse au Maroc, provoquant une fluctuation des prix et des tensions entre producteurs et commerçants. Après une envolée des tarifs, les prix ont chuté de 30% sur les marchés de gros, apprend-on auprès de l'Association nationale des producteurs d’œufs de consommation.
Chaque année, le mois de Ramadan est synonyme d’une forte hausse de la consommation d’œufs au Maroc. Cette année ne fait pas exception, mais la flambée des prix a suscité des tensions entre les différents acteurs du secteur.
Baisse des prix après une forte augmentation
Contacté par Médias24, Abdellatif Zaim, vice-président de l’Association nationale des producteurs d’œufs de consommation (ANPO), relevant de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), nous explique que le prix des œufs a enregistré une hausse significative avant ce mois sacré. Toutefois, "il a depuis chuté de 30%. Aujourd’hui, le prix de gros de l’unité varie entre 1 DH et 1,05 DH sur le marché de gros de Casablanca", nous confie notre source.
"Pour le producteur, ce prix couvre à peine les frais de production, en plus d’une marge qui reste faible. Le coût de revient d’un œuf varie entre 0,80 DH et 1 DH, en fonction de plusieurs facteurs, notamment l’amortissement des équipements, la productivité ainsi que la hausse des prix des aliments et des intrants. Ainsi, le prix pratiqué sur le marché de gros permet à peine aux producteurs de maintenir leur activité".
Malgré cette baisse, le prix final payé par le consommateur reste légèrement plus élevé, avoisinant 1,2 DH/l'unité chez les épiciers et les petits commerçants, et pouvant atteindre jusqu’à 2 DH en grande surface, notamment pour certaines marques. Cela s’explique principalement par la structure du circuit de distribution des œufs, qui passe par plusieurs intermédiaires avant d’atteindre le client final, comme c’est le cas pour la plupart des produits alimentaires.
En effet, les œufs ne sont pas directement vendus aux détaillants. Ils passent par des grossistes et des semi-grossistes, ce qui ajoute des marges au prix sortie ferme. Résultat : le prix final au consommateur est supérieur d’au moins 0,50 DH à celui de gros.
Une production suffisante pour couvrir la demande
Malgré ces tensions sur les prix, la production reste à un niveau élevé, nous fait savoir Abdellatif Zaim. "Actuellement, elle atteint une moyenne de 20 millions d’unités par jour, assurant une disponibilité suffisante pour le reste du Ramadan".
"Le contrat-programme signé entre l’État et les professionnels du secteur a permis une augmentation de la production de 30% ces deux dernières années, contribuant à assurer l’offre sur le marché".
En effet, signé en mai 2023, le contrat-programme pour le secteur avicole prévoit l’augmentation de la production des œufs de consommation, pour atteindre 7,6 milliards d’unités à l'horizon 2030, contre 6,9 milliards en 2020.
Cette hausse de la production s'accompagne toutefois de l’augmentation de la consommation, notamment durant ce mois sacré. En moyenne, un Marocain consomme environ 195 œufs par an, soit entre 16 et 17 œufs par mois, un chiffre en légère hausse pendant le Ramadan.
Cela s’explique notamment par son prix bas. "L’œuf reste une source de protéines d’origine animale plus abordable que d’autres alternatives. Son prix demeure deux à trois fois inférieur à celui des autres sources de protéines animales, ce qui en fait un aliment essentiel pour de nombreuses familles marocaines", souligne notre interlocuteur.
Réduire les intermédiaires pour stabiliser les prix
Le principal point de friction entre producteurs et commerçants reste la structure du circuit de distribution. "Il y a un déséquilibre des intérêts entre les producteurs et les consommateurs en raison du grand nombre d’intermédiaires", nous explique un professionnel du secteur.
Pour alléger cette pression, des efforts doivent être consentis pour réduire le nombre d’intermédiaires et encourager la vente directe aux commerçants ou aux consommateurs. "Une meilleure coordination entre les professionnels et le ministère de tutelle est nécessaire pour promouvoir la vente directe, ce qui permettrait de faire baisser les prix au consommateur final", conclut notre source.
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