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ECONOMIE

LGV Kénitra-Marrakech : un chantier d'envergure lancé, explications sur le tracé et détails du calendrier

Avec le lancement officiel des travaux par le Roi Mohammed VI, l’extension de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech entre dans sa phase de réalisation concrète. Un projet stratégique, aux multiples enjeux économiques, environnementaux et territoriaux, porté par un calendrier précis, une ingénierie majoritairement marocaine et une ambition : faire du Maroc un acteur majeur de la grande vitesse ferroviaire à l’horizon 2029.

LGV Kénitra-Marrakech : un chantier d'envergure lancé, explications sur le tracé et détails du calendrier
K Kh.
Le 27 avril 2025 à 8h09 | Modifié 27 avril 2025 à 8h15

L'extension de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Kénitra et Marrakech, dont l'achèvement est prévu en 2029, est entrée dans une phase de réalisation effective avec le lancement des travaux par le Roi Mohammed VI, ce jeudi 24 avril 2025 à Rabat.

Le projet progresse grâce à un calendrier détaillé et à des travaux préparatoires déjà engagés par l’ONCF, avec la mise en place des premières étapes techniques et logistiques essentielles à sa réalisation. C’est ce que nous explique Khalid Khairane, directeur projet Grande vitesse à l’ONCF dans un échange avec Médias24.

Un calendrier précis pour un démarrage de la ligne en 2029

Selon le calendrier, le projet Kénitra-Marrakech sera achevé en 2029.

Avant le coup d’envoi des travaux qui vient d’être donné par le Souverain, les travaux préparatoires et préliminaires avaient démarré dès 2022, avant même l’annonce de l’organisation de la Coupe du monde 2030.

Cette ligne s’inscrit dans le cadre d’un schéma directeur global pour la grande vitesse, élaboré de longue date par l’ONCF. Des études avaient été conduites en même temps pour prolonger la ligne vers Marrakech et Agadir, et pour de potentielles extensions vers Fès et Oujda.

De l’étude aux premiers chantiers

L’année 2022 a marqué le lancement officiel des études détaillées. En parallèle, deux conditions indispensables ont été progressivement satisfaites: la déclaration d'utilité publique et l’acceptabilité environnementale, détaille Khalid Khairane.

La première a été publiée en novembre 2023. Côté environnemental, l’autorisation de réalisation a été obtenue en juillet 2024, après examen par la Commission nationale d’évaluation environnementale et sociale.

"L'année 2024 a été consacrée à la passation de la quasi-totalité des marchés : études complémentaires, génie civil, équipements ferroviaires", explique notre interlocuteur.

"Il reste des marchés relatifs aux systèmes de simulation, ils seront lancés avant la fin de ce mois".

Et d’ajouter : "Les notifications des ordres de service d'exécution des travaux de génie civil ont été données pour qu'ils démarrent la dernière semaine d’avril. Cela concerne l’ensemble des chantiers de génie civil".

Le planning est désormais clair :

  • 2025-2028 : construction de l'infrastructure (voies, gares, ouvrages d’art).
  • Fin 2028 : achèvement de la construction.
  • Toute lannée 2029 : phase de tests dynamiques et de qualification des systèmes.

Selon notre source, la période de tests est cruciale pour valider la sécurité et la performance de la ligne. La montée en vitesse s’effectuera par paliers (160 km/h, 200 km/h, 250 km/h, jusqu’à 320 km/h). La ligne sera même testée en "survitesse" à 355 km/h pour garantir les marges de sécurité.

Le démarrage de l'exploitation commerciale est prévu en décembre 2029.

Un coût foncier de 4 milliards de DH

Sur le volet foncier, Khalid Khairane affirme que, sur les 430 km du tracé, environ 3.500 hectares doivent être mobilisés et sécurisés.

"300 km sont d'ores et déjà libérés. Le reste doit être finalisé dici fin mai 2025", nous assure-t-il.

Le coût du foncier s’élève à 4 milliards de dirhams, intégré dans l’enveloppe globale de 53 milliards de dirhams dédiée à la partie infrastructure de l’extension Kénitra-Marrakech.

La stratégie de l’ONCF privilégie les négociations à l’amiable avec une indemnisation à la juste valeur, afin d’accélérer les procédures d’expropriation.

Une ligne à grande vitesse parmi les moins chères au monde

L'ONCF revendique aujourd'hui une expertise marocaine solide en matière de grande vitesse. Forte de l’expérience acquise avec Al Boraq (Tanger-Kénitra), l’équipe projet, composée à 99% de Marocains, gère l’ensemble des opérations. Plus de la moitié des entreprises mobilisées pour les travaux de génie civil sont marocaines, tout comme de nombreux bureaux d'études associés.

"Ce modèle permet au Maroc de réaliser une ligne à grande vitesse parmi les moins chères au monde", assure notre source.

Un tracé pensé pour la multimodalité

Au-delà du simple prolongement vers le sud, le tracé de la future LGV Kénitra-Marrakech a été conçu pour répondre à des enjeux stratégiques de mobilité nationale et d’accessibilité multimodale.

Ainsi, la ligne desservira des infrastructures majeures telles que les aéroports de Rabat-Salé et Mohammed V de Casablanca, facilitant les correspondances entre transport aérien et ferroviaire.

Les grands équipements sportifs, comme le stade Moulay Abdellah à Rabat et le futur Grand Stade Hassan II à Casablanca, seront également intégrés au réseau, en prévision des événements internationaux majeurs à venir.

Pour le passage à Casablanca, deux options de tracé ont été prévues qui se raccordent. "Le voyageur choisit l’une ou l’autre", précise notre source:

-La première consistera à poursuivre l’itinéraire classique par Casablanca-Voyageurs et Casablanca-Sud, avant de rejoindre Bouskoura et Marrakech.

-La seconde, plus rapide, contournera le centre-ville en passant par Nouaceur, permettant aux voyageurs à destination de Marrakech de gagner un temps précieux. Ce hub ferroviaire de Nouaceur deviendra un véritable carrefour, combinant lignes classiques, grande vitesse et services périurbains de type RER.

LGV Kénitra-Marrakech : un chantier d'envergure lancé, explications sur le tracé et détails du calendrier

Un maillage dense pour répondre à la demande

Le projet prévoit également la création de plusieurs gares sur l'ensemble du parcours. Les principales gares LGV seront localisées à Rabat-Agdal, au niveau du Grand Stade de Rabat, à Casablanca-Sud, à Nouaceur, à la ville verte de Benguerir et à Marrakech, dont la gare actuelle sera profondément réaménagée pour accueillir les nouvelles circulations.

La continuité de service pendant les travaux : une priorité pour lONCF

Lors de la réalisation de la LGV Kénitra-Marrakech, l’ONCF va mettre en place un plan pour garantir la continuité du service ferroviaire. Selon notre source, bien que certains travaux soient situés sur des terrains non aménagés, ne causant pas d’interférences avec les lignes existantes, d’autres impacts concerneront directement l’exploitation des réseaux en service.

Pour limiter les perturbations, un travail de planification est en cours, visant à ajuster les horaires et à garantir la fluidité du transport pour les usagers. L’objectif est de permettre aux voyageurs de ne ressentir aucun impact majeur sur leurs trajets quotidiens. "Si des changements d’horaires sont nécessaires, ils seront opérés de manière à rendre ces ajustements presqu'imperceptibles pour les utilisateurs", nous assure-t-on.

Une complexité équivalant à trois fois celle de la ligne Tanger-Kénitra.

L’extension de la LGV s'inscrit dans un programme d’investissement ferroviaire d'une ampleur inédite, porté par l'ONCF à l’horizon 2030.

À elle seule, la ligne Kénitra-Marrakech mobilisera 53 milliards de dirhams. Elle sera accompagnée par l'acquisition de 168 nouveaux trains, pour un investissement de 29 milliards de dirhams, ainsi que par la modernisation du réseau classique, évaluée à 14 milliards de dirhams. Au total, ce sont 96 milliards de dirhams qui seront injectés dans le secteur ferroviaire marocain.

Ce projet représente une complexité équivalente à trois fois celle de la ligne Tanger-Kénitra.

Les retombées économiques attendues sont plus considérables : près de 430.000 emplois devraient être générés pendant la phase de travaux, auxquels s’ajouteront 2.000 emplois directs permanents une fois la ligne opérationnelle. Le projet devrait également permettre d’accueillir 100 millions de passagers par an dès sa mise en service, dont 12 millions pour la seule haute vitesse.

Sur le plan environnemental, les bénéfices seront tout aussi significatifs. La mise en circulation de la LGV devrait retirer près de 2,9 millions de voitures du réseau routier dès la première année d'exploitation, avec une économie estimée à 360.000 tonnes de CO2 par an.

Une exploitation certifiée 100% verte

Fort de l'expérience acquise avec la première ligne à grande vitesse Tanger-Kénitra, l’ONCF aborde cette nouvelle phase avec confiance. Le modèle Al Boraq a démontré sa pertinence : une exploitation certifiée 100% verte, un taux de ponctualité de 96%, une satisfaction client atteignant 98% et une croissance de fréquentation de 80% depuis 2019.

La poursuite du développement de la grande vitesse ferroviaire traduit ainsi une ambition nationale assumée : renforcer l’intégration territoriale, soutenir la compétitivité économique et accompagner les grandes mutations environnementales du pays.

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K Kh.
Le 27 avril 2025 à 8h09

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