CAN 2025 et Mondial 2030 : l’appel pressant aux opérateurs marocains pour s'impliquer et investir
À l’occasion d’une rencontre conjointe entre la FRMF et la CGEM, les acteurs économiques marocains sont appelés à s’engager pleinement dans les chantiers liés à la CAN 2025 et au Mondial 2030. Face aux besoins colossaux en infrastructures, l’État met la pression pour que l’investissement et la production soient au rendez-vous.
C’est la question qui revient souvent : quel impact auront les chantiers de la CAN 2025 et du Mondial 2030 sur le Maroc et son développement? Et quelle contribution des opérateurs marocains ?
Ce mercredi 21 mai, la FRMF et la CGEM ont tenu une rencontre de haut niveau pour présenter les projets en cours et à venir, mettre en lumière les opportunités offertes et mobiliser le secteur privé autour de ces chantiers.
Le Maroc est en pleine transformation par une vague d’investissements d’une ampleur inédite. Zineb Benmoussa, directrice générale de l’ANEP, résume l’intensité du moment par une formule saisissante : "Nous comptons les délais en heures. Nous travaillons 24 heures sur 24". C’est dire.
Tout est concerné : mobilité, connectivité, infrastructures technologiques, autoroutes, aéroports, stades, réseau ferroviaire, 5G… Rien ne semble avoir été laissé de côté. Il s’agit d’une mise à niveau globale du pays, qui s’inscrit dans une trajectoire parallèle à celle des grands chantiers de l’État social.
La balle est donc dans le camp des opérateurs marocains. Et c'est bien le message principal délivré lors de l’ouverture de l’événement, avant de laisser place aux détails techniques.
Cet échange très attendu a confirmé l’option stratégique de confier la majorité des projets aux entreprises marocaines. Ensuite, les entreprises africaines seront également sollicitées, dans la mesure où le Maroc représente l’Afrique dans l’organisation de ce Mondial.
Un mot est revenu avec insistance dans les interventions des responsables : l’héritage. Il renvoie à l’après-événement, à la pérennité des infrastructures et aux retombées en matière de développement. Fouzi Lekjaa le résume ainsi : "L’héritage Coupe du monde est un élément fondamental dans l’évaluation de ce type d’événement – et il sera, dans notre cas, une réussite. Cela signifie que, avec ou sans Coupe du monde, le Royaume du Maroc s’inscrit dans une dynamique de développement claire, fixée et tracée par le Souverain".
"Ces projets se feront avec ou sans vous !"
"Investissez ! Foncez ! C’est le moment. Nous n’allons pas encore donner la plus grosse partie de ces réalisations aux étrangers… Parce qu’on va les faire… Je connais M. Lekjaa, il réussira sa Coupe du monde, avec ou sans vous ! Je préférerais que ce soit avec vous. Donc investissez, proposez des produits compétitifs et ne cherchez pas à profiter de la situation : sinon, on trouvera des alternatives !", lance Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce.
Ce dernier avoue n’avoir jamais accordé autant d’exceptions à l’importation que ces six derniers mois. Pourquoi ? "Parce que certaines entreprises sont arrivées à saturation, ou parce que certains cahiers des charges ont été conçus de façon à ce que le niveau de qualité requis ne soit pas forcément celui que nous pouvions produire", explique-t-il.
Le ministre confie également que la saturation sur certains projets a été atteinte rapidement car "nous n’avons pas assez investi. Nous sommes obligés de recourir à des produits étrangers, car notre capacité de production est saturée."
Par ailleurs, il en profite pour interpeller les acteurs publics : "Je sais qu’il y a une urgence, mais aussi des habitudes… un certain confort à travailler avec des partenaires ayant de l’expérience et des références. Je vous invite à faire preuve de compréhension et de veiller à ce que les cahiers des charges intègrent mieux le tissu industriel marocain. »
"1.000 MMDH d’investissements et un impact PIB d’environ 1 point de base par an"
L’appel du ministre prend tout son sens face à l’ampleur des enjeux, comme le souligne Chakib Alj, président de la CGEM. "Ces projets façonnent les infrastructures de demain et auront des impacts majeurs et positifs sur notre économie", déclare le patron des patrons.
"Certains analystes évoquent plus de 1000 milliards de dirhams – l’équivalent de notre PIB annuel – qui seront injectés en investissements publics d’ici 2030. (…) Cette accélération sans précédent nous fera gagner de nombreuses années de développement et dynamisera notre tissu de TPME".
Il ajoute : "Ce que nous pouvons accomplir à travers l’accueil de ces deux événements, au-delà d’un impact sur le PIB estimé à environ 1 point de base par an, c’est un renforcement sans précédent de notre attractivité et de notre soft power sur le long terme, ce qui est difficilement quantifiable".
"Nous avons cinq ans pour bâtir un héritage économique et humain durable. La co-organisation de la Coupe du monde 2030 est certes une célébration, mais aussi une série de chantiers à préparer. Je n’ai aucun doute sur notre capacité à les mener à bien : nous avons toutes les cartes en main".
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