Forum de la Chimie : Chakib Alj appelle à la mise à jour de la réglementation en vigueur dans le secteur
Intervenant lors de la 3ᵉ édition du Forum international de la chimie, qui se tient les 21 et 22 mai à Rabat, Chakib Alj, président de la CGEM, a pointé une réglementation obsolète qui constitue un frein pour le secteur.
"L’industrie de la chimie est parfois perçue comme peu visible au Maroc. Il s’agit pourtant de l’un des piliers silencieux de notre économie", a déclaré M. Alj lors de cet événement. "C’est un secteur central qui irrigue nos chaînes de valeur industrielles et alimente d’autres secteurs, notamment notre agriculture, celui de la santé et du textile".
"Le secteur de la chimie est essentiel dans notre économie, avec un poids de 25% du PIB industriel et plus de 20% de nos exportations. Il joue aussi un rôle majeur dans l’emploi, avec 180.000 emplois directs et indirects de qualité".
"Le Roi Mohammed VI nous a fixé un objectif clair de souveraineté dans ce secteur, lequel est de réduire notre dépendance aux importations, afin de développer une industrie forte, permettant de fournir les intrants et les commodities nécessaires aux autres industries".
La réglementation en vigueur dans le secteur de la chimie constitue un frein à son développement
"Pour que tout ceci soit possible, nous devons renforcer la recherche et développement dans plusieurs secteurs, notamment celui de la chimie. L’innovation est une condition nécessaire à la montée en gamme industrielle. De plus, le fonds Tatwir R&D, qui dispose de 300 millions de DH annuels, doit être renforcé, et son accès ainsi que ses modalités de remboursement doivent être facilités pour les entreprises".
"Nous avons également besoin d'actualiser notre réglementation en vigueur. La législation qui encadre les entreprises du secteur actuellement est ancienne, et les textes de loi datent parfois de la période du protectorat. Ce règlement constitue, en 2025, un frein au secteur".
"Nous avons aussi besoin de renforcer notre capital humain. La refonte de la formation professionnelle est aujourd’hui impérative et urgente, si nous voulons permettre des passerelles vers les filières d’avenir. Aujourd’hui, seules 1% des entreprises qui cotisent en bénéficient, et c’est une anomalie du système qui ne peut plus durer".
"La mise en place de contrats d’apprentissage est aussi un prérequis si nous voulons gagner du temps et permettre aux jeunes d’être opérationnels dès l’obtention de leurs diplômes".
"Nous avons annoncé la semaine dernière que nous allons multiplier par 4 le nombre de jeunes en alternance dès 2026, et c’est une bonne nouvelle dont il faut se féliciter".
Le Maroc est capable de produire 4% de la demande mondiale en hydrogène vert dès 2030
"Le prochain défi est l’hydrogène vert et nous ne parlerons pas d’un avenir prochain. Nous sommes l’un des pays les plus prometteurs au monde en termes de production de cette énergie, et nous avons la capacité de produire 4% de la demande mondiale dès 2030".
"Les possibilités qu’offre cette énergie pour répondre aux défis du transport maritime et aérien et des industries lourdes attirent des investissements de partout dans le monde qui se comptent en plusieurs milliards de DH. Le secteur de la chimie devra donc accompagner le développement de cette énergie".
"Nous continuons par ailleurs à développer l’écosystème des batteries qui a déjà attiré des investissements massifs. Avec cet écosystème, nous avons la capacité de fournir au monde et particulièrement à l'Europe la solution d’une mobilité durable".
"En réussissant ces défis, le secteur de la chimie pourrait radicalement changer notre positionnement dans le monde. Le développement de l’hydrogène vert pourrait nous faire intégrer le cercle très fermé des exportateurs net d’énergie, et les implications géopolitiques de cette nouvelle donne seraient profondes.
À découvrir
à lire aussi
Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.
Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.
Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.
Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.
Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.