Inflation, compte courant, déficit budgétaire... les principaux agrégats de l’économie marocaine en 2024
DATA, INFOGRAPHIES. Alors que l’ensemble des données relatives aux principaux agrégats de l’économie marocaine en 2024 sont désormais disponibles, Médias24 dresse un panorama complet de ces indicateurs et retrace leur évolution sur les cinq dernières années.
L’analyse porte sur les principaux agrégats de l'économie marocaine en 2024, notamment la croissance économique, le compte courant, le solde budgétaire, l’endettement du Trésor, l’inflation, le chômage, entre autres. Les données mobilisées proviennent du haut-commissariat au Plan (HCP), du ministère de l'Économie et des finances (MEF), de l’Office des changes et de Bank Al-Maghrib (BAM).
Avant d’entrer dans l’analyse détaillée de chaque agrégat, voici un récapitulatif des indicateurs de l’année 2024, mis en perspective avec leurs niveaux observés en 2023 :
Pour mieux saisir la trajectoire des principaux agrégats, Médias24 livre une analyse structurée de leur évolution sur les cinq dernières années.
Croissance économique :
En 2024, l’économie marocaine a enregistré une croissance réelle de 3,3% en moyenne sur les quatre trimestres de l’année, après 3,4% en 2023. Le chiffre de 3,3% est une estimation calculée à partir des chiffres des quatre trimestres. Cette performance globale masque toutefois une fragilité structurelle persistante : la valeur ajoutée agricole s’est contractée de 4,9%, en raison d’une sécheresse prolongée, après une progression modérée de 1,4% en 2023. La production céréalière a chuté de 43,4%, pour atteindre 31,2 millions de quintaux, contre 55,1 millions un an plus tôt.
Sur une période de dix ans (2015–2024), hors effets exceptionnels liés à la récession de 2020 et à la reprise mécanique de 2021, la croissance économique réelle moyenne s’établit à environ 3%. Ce rythme demeure en deçà des seuils nécessaires pour créer suffisamment d’emplois et concrétiser les ambitions de développement du pays.

Compte courant et avoirs officiels de réserve :
En 2024, les échanges extérieurs ont connu une dynamique contrastée, marquée par un creusement du déficit commercial malgré la bonne tenue de plusieurs postes de revenus extérieurs.
Le déficit de la balance commerciale s’est alourdi de 19,4 MMDH, atteignant 304,9 MMDH, sous l’effet d’une hausse des importations (6,4%) légèrement supérieure à celle des exportations (6,1%). Ce déséquilibre a entraîné une baisse du taux de couverture à 59,9%, contre 60,1% en 2023.
Côté exportations, les performances sectorielles ont été globalement positives, notamment pour les phosphates et dérivés (13,1%), l’automobile (6,3%), l’aéronautique (21%) et l’agroalimentaire (3,1%). À l’inverse, les ventes du textile et cuir ont reculé (-0,5%) et celles de l’électronique sont restées stable. Les importations ont été tirées par les biens d’équipement (13%), les biens de consommation (10,7%) et les demi-produits (8%), tandis que la facture énergétique a reculé de 6,7%, contribuant à limiter l’aggravation du déficit.
Parallèlement, les recettes touristiques ont atteint un record de 112,5 MMDH (7,5%), soutenues par une affluence historique de visiteurs. Les transferts des MRE ont poursuivi leur progression (2,1%), pour s’établir à 117,7 MMDH. Les investissements directs étrangers ont bondi de 55,4%, atteignant 17,2 MMDH, alors que les investissements marocains à l’étranger ont chuté de 23,2%.
Dans ce contexte, les avoirs officiels de réserve se sont consolidés de 4,5%, atteignant 375 MMDH, soit l’équivalent de 5 mois et 9 jours d’importations.
Ainsi, le déficit du compte courant s’est établi à environ 18,7 MMDH, soit l’équivalent de -1,2% du PIB.

Déficit budgétaire :
Le déficit budgétaire a poursuivi sa décrue, ramené à 3,9% du PIB en 2024, contre 4,4% en 2023. Les recettes ordinaires ont bondi de 15,2%, dépassant les prévisions (109,7% de taux d’exécution), grâce à un effort fiscal soutenu et une hausse des recettes non fiscales.
L’investissement public a été renforcé en 2024, atteignant un niveau de 117,4 MMDH, avec un taux de réalisation remarquable de 116,9% par rapport aux prévisions de la loi de finances. Toutefois, cette performance masque des tensions persistantes sur les équilibres budgétaires. La charge de la dette s’est alourdie, enregistrant une hausse de 8,6% en glissement annuel, portée notamment par l’augmentation des intérêts de la dette extérieure. Parallèlement, les dépenses ordinaires ont poursuivi leur trajectoire ascendante, progressant de 5,6% sur un an.

Endettement du Trésor :
En 2024, l’encours de la dette totale du Trésor s’est établi à 1.081,6 MMDH, en hausse de 6,4% par rapport à 2023. Cette dette se répartit entre 811 MMDH de dette intérieure et 271 MMDH de dette extérieure. Ainsi, la structure reste orientée vers le marché domestique (75% dette intérieure), conformément à la stratégie de minimisation du risque de change.
Le ratio d’endettement du Trésor est resté quasi stable en 2024, à 70,1% du PIB, en légère hausse de 0,6 point par rapport à 2023, atténuée par l’effet volume induit par la croissance nominale.

Inflation et taux d'intérêt :
Après deux années d’inflation élevée, le Maroc a retrouvé une stabilité des prix en 2024 : l’inflation moyenne s’est établie à 0,9%, contre 6,1% en 2023. BAM a saisi cette fenêtre pour enclencher un cycle de détente monétaire, abaissant le taux directeur à 2,5% en décembre. Ce cycle d’assouplissement, s’il se confirme, pourrait redonner de l’élan à l’investissement privé en 2025.
Parallèlement, l’agrégat M3 a connu une accélération notable, enregistrant une hausse de 8% sur un an, tirée par la progression du crédit au secteur non financier (6,9% contre 5,3% en 2023).
Indice de confiance des ménages :
Au quatrième trimestre de 2024, l’indice de confiance des ménages s’est établi à 46,5 points, en amélioration par rapport au niveau observé un an plus tôt (44,3 points), mais légèrement inférieur à celui enregistré au quatrième trimestre de 2022 (46,6 points). Bien que cette évolution traduise une reprise timide de la perception des ménages, l’indice demeure nettement en deçà des niveaux atteints durant la période 2020-2021, où il oscillait entre 60 et 70 points.
En effet, dans un contexte marqué par des restrictions sanitaires strictes (limitations de déplacement, confinements et fermetures d’activités), les ménages anticipaient naturellement une amélioration de leur situation future, ce qui a contribué à maintenir un niveau élevé de confiance.

Marché du travail :
En 2024, le marché du travail marocain a affiché des signes de redressement partiel, marqué par une reprise de la création nette d’emplois, mais également par une détérioration des indicateurs qualitatifs. L’économie nationale a généré 82.000 postes d’emploi, après une perte de 157.000 en 2023, traduisant une inflexion positive du cycle de l’emploi. Cette dynamique provient essentiellement du milieu urbain, avec la création de 162.000 postes, tandis que le monde rural, encore fortement pénalisé par la sécheresse, a vu disparaître 80.000 emplois.
L’amélioration a été portée exclusivement par l’emploi rémunéré, en hausse de 177.000 postes, tandis que l’emploi non rémunéré a reculé de 95.000, en lien avec la contraction du travail familial agricole.

Cependant, cette reprise reste insuffisante au regard de la dynamique de la population active. Le taux de chômage s’est ainsi hissé à 13,3%, son niveau le plus élevé depuis deux décennies, sous l’effet d’une offre de travail en expansion plus rapide que la demande. Cette montée du chômage concerne en particulier les jeunes de 15 à 24 ans (48,4%), les femmes (25,3% en milieu urbain) et les diplômés (21,2%). En milieu rural, bien que le taux global reste inférieur à celui des villes, il progresse également, notamment chez les femmes et les jeunes.

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Voici un résumé des indicateurs économiques de l’économie marocaine en 2024 :
- Croissance économique : 3,3%
- Déficit du compte courant : 18,7 MMDH (1,2% du PIB)
- Avoirs officiels de réserves : 375 MMDH ( 5 mois et 9 jours d'importations)
- Déficit budgétaire : 60,9 MMDH (3,9% du PIB)
- Dette totale du Trésor : 1.081,6 MMDH (70,1% du PIB)
- Taux d'intérêt : 3% sur les deux premiers trimestres et 2,75% pour les deux derniers
- Inflation (taux annuel moyen) : 0,9%
- Indice de confiance des ménages (T4) : 46,5
- Taux de chômage : 13,3%
- Création nette d'emplois : 82.000
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