Xlinks : un mois de juillet décisif pour le projet de liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni
Dans un nouveau développement du mégaprojet de liaison électrique Maroc-Royaume-Uni, l'Inspection britannique de l'urbanisme a informé Xlinks que, malgré la pause demandée, la réunion préliminaire d'examen du projet ne pourra pas être reportée au-delà de fin juillet 2025.
L’Inspection britannique de l'urbanisme (Planning Inspectorate) a décidé de remettre en ordre l’avancement de procédure de l'ordonnance de consentement de développement (DCO), l'autorisation requise pour le projet Xlinks de liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni, en fixant un délai à ne pas dépasser pour la tenue de la réunion préliminaire.
Dans une lettre datée du 20 juin 2025, l'Inspection de l'urbanisme a précisé que, malgré la demande de Xlinks de suspendre temporairement le processus d'examen, un délai ne dépassant pas la fin du mois de juillet 2025 est prévu pour la tenue de cette réunion, qui constitue la première étape de la phase d'examen.
L'Inspection britannique a justifié sa décision en expliquant que cela représenterait une phase de préexamen de sept mois. De même, l'autorité d'examen du projet estime qu'il ne serait pas raisonnable de prolonger cette période davantage, alors que le paragraphe 5 du Planning Act 2008 stipule que la période maximale de préexamen ne peut dépasser cinq mois.
À cet effet, l'autorité d'examen a l'intention de procéder à l'examen sur cette base. En cas de refus, Xlinks pourra retirer sa demande à ce stade pour la soumettre à nouveau, une fois que les incertitudes soulevées auront été levées.
Dans une mise à jour récente, Xlinks a précédé la lettre de l'Inspection de l'urbanisme en envoyant, le 12 juin 2025, une lettre à cette agence relevant du ministère de l'Habitat britannique pour indiquer que les mêmes causes sont toujours d'actualité, empêchant Xlinks de poursuivre la procédure.
Pour Xlinks, il s'agit d'une pause stratégique, le temps d'obtenir une réponse à sa demande d'un contrat à long terme indexé sur l'inflation. qui garantirait à l'entreprise de pouvoir vendre son électricité à un prix fixe, autour de 70 livres sterling par mégawattheure (MWh). Une fois l'accord obtenu, Xlinks pense que la phase d'examen pourra être menée de manière plus rapide et constructive.
Le projet est désormais forcé vers la phase d’examen, qui dure en moyenne 9 mois, alors que l’autorité d’examen a déjà demandé des informations complémentaires concernant d'éventuelles modifications de la documentation de la demande telle que soumise par Xlinks.
Rappelons que malgré son intérêt stratégique, le projet de liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni, via quatre câbles sous-marins à haute tension d'une capacité de 1,8 GW chacun, rencontre des défis majeurs. Le processus d’obtention de l’ordonnance de consentement de développement (DCO), équivalent britannique d'une étude d'impact environnemental (EIE), compte parmi les plus complexes au monde en raison de procédures particulièrement longues.
La phase d'examen est donc la plus décisive, car, à son issue, un rapport détaillé est établi et soumis au secrétaire d'État, qui dispose alors de trois mois pour prendre une décision.
Si Xlinks accepte de programmer la réunion préliminaire et sous réserve d'obtention du feu vert du secrétaire d'État, les travaux pourraient commencer en 2026, à défaut d'une autorisation accordée, pour une durée de cinq ans, ce qui permettrait la mise en service du projet à l'horizon 2031.
Cependant, si elle refuse, en attendant la décision quant au contrat de vente d'électricité à long terme, ce projet pourrait prendre plus de temps ou même être délocalisé, comme Xlinks l'a déjà évoqué.
Les prochains jours seront décisifs pour ce projet afin de déterminer si Xlinks acceptera les exigences du gouvernement britannique ou agira différemment.
À suivre…
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