Une holding nommée État : comment l'ANGSPE va piloter la performance des EEP
L'ANGSPE a présenté ce mercredi 25 juin 2025 l'architecture cible du dispositif qu'elle mettra en place pour piloter les EEP qui relèvent de son périmètre. L'événement s'est déroulé en présence de PDG, DG et directeurs d'EEP, tels que Hamid Addou, Khalid Safir, Mohamed Rabie Khlie ou Fouad Arif.
La rencontre qui s'est déroulée ce mercredi 25 juin est un événement. Elle consacre en effet l'ambition d'aligner le pilotage des EEP sur les meilleures pratiques internationales. Le dispositif présenté est marqué par l'ambition et l'innovation. Il marquera un tournant dans la gestion des entreprises et établissements publics (EEP).
La création de l'ANGSPE (Agence de gestion stratégique des participations de l'État), c'est comme si un actionnaire regroupait une partie importante de ses participations dans une holding. Sauf que l'actionnaire, c'est l'État et qu'il s'agit de patrimoine public. Et aussi que plusieurs des entreprises en question sont stratégiques ; d'autres ont une obligation de service public ou de desserte territoriale ; d'autres sont l'un des piliers de la souveraineté, ont une mission sociale, un objectif d'inclusion financière, etc.
Donc, c'est une holding qui devra instaurer des règles de gouvernance et de performance, ou aligner celles qui existent, sans pour autant instaurer obligatoirement des KPIs de rentabilité pure. Le reporting comportera des indicateurs classiques et d'autres spécifiques, alignés sur des objectifs ; il comportera également des possibilités d'alerte ou de surveillance spéciale, par exemple pour un EEP ayant un endettement élevé ou ayant des écarts trop importants avec les objectifs.
Un chantier entamé en octobre 2024
Depuis le 7 octobre dernier, l'Agence et les EEP (entreprises et établissements publics qui composent son portefeuille) travaillent sur le chantier de pilotage de l'ensemble. Un pilotage qui exige des harmonisations des règles et des cadres de gouvernance et des reportings adaptés au cas de chacun et à ses missions. La mission est assurée par un prestataire externe, le cabinet Accuracy.
À partir d'août-septembre 2025, l'Agence commencera à recevoir les premiers reportings trimestriels des entreprises qui font partie de son périmètre (voir liste ci-dessous). À terme, les reportings devront être adressés à J+25. L'ANGSPE produira, en vitesse de croisière, le reporting général à J+65.
Le premier reporting ne sera pas exhaustif. En effet, seuls 43% des EEP, ceux qui sont de grande taille, disposent déjà d'un système aligné avec les bonnes pratiques.
39% des EEP, généralement de taille moyenne, disposent de pratiques partielles ou en cours de structuration. Tandis que pour 18%, ceux de petite taille, le travail doit être fait de zéro ou presque.
En 2026 donc, peut-être à la fin de l'année, le dispositif sera pleinement opérationnel. Les contrats de performance avec les managements de tous les EEP seront alors à l'ordre du jour. Notons que certains EEP bénéficient déjà de contrats de performance. Il sera question à l'avenir d'une généralisation progressive.
Une démarche participative avec les EEP
Fidèle à sa méthode, Abdellatif Zaghnoun a adopté une démarche progressive et participative. Des ateliers ont été organisés et d'autres sont programmés. Ce mercredi 25 juin, la réunion a regroupé l’ensemble des dirigeants des Établissements et Entreprises Publics (EEP) relevant du périmètre de l'Agence, aux côtés des représentants de la communauté "Performance" – responsables financiers, cadres en charge du pilotage, experts et partenaires institutionnels.
Selon M. Zaghnoun, ce chantier vise également à ancrer une culture partagée de la performance stratégique, au service de la création de valeur publique.
Le déploiement opérationnel du dispositif de pilotage de la performance va donc commencer, après avoir été amorcé le 7 octobre dernier en étroite collaboration avec les EEP, pour construire un cadre cohérent, mobilisateur et aligné avec les objectifs stratégiques de l’État, matérialisé notamment par la politique actionnariale de l’État. Abdellatif Zaghnoun et d'autres intervenants comme le DGA Kalid Hattab ont insisté sur la co-construction.
Le processus participatif et de concertation engagé avec l’ensemble des acteurs concernés a permis d’aligner les visions, de partager des retours d’expériences, et d’ouvrir le débat autour d’une approche rénovée et sur mesure du pilotage de la performance financière et extra-financière, fondée sur un diagnostic approfondi de l’existant au niveau des EEP ainsi que sur une analyse et un benchmark des meilleures pratiques en la matière.
Conçue comme un référentiel commun pour l’ensemble des EEP, cette architecture définit les fondements méthodologiques, organisationnels et opérationnels d’un nouveau modèle de pilotage, plus stratégique, plus lisible et davantage orienté performance.
La structure de pilotage présentée se caractérise par :
– Un dispositif ambitieux et innovant (mais réaliste), aligné sur les meilleurs standards internationaux ;
– Une architecture centralisée et interconnectée, favorisant des interactions régulières et structurées avec les EEP ;
– Une démarche adaptable et modulable avec un dispositif pouvant (i) s’adapter aux différentes parties prenantes et (ii) évoluer par l’ajout de différents modules pour atteindre le modèle cible défini ;
– Un outil décisionnel, permettant de (i) faciliter une prise de décision éclairée par l’État actionnaire et de (ii) renforcer la résilience des EEP face aux divers risques critiques ;
– Un dispositif, déployé d’abord pour l’ensemble des EEP relevant de l’ANGSPE, mais au périmètre évolutif.
L’ANGSPE a mis en avant, au cours de cette rencontre, les principales missions du dispositif présenté :
– Préserver les intérêts patrimoniaux de l’État à travers la mobilisation de leviers stratégiques, de performance et de risques ;
– Améliorer durablement la performance économique, la rentabilité et la valorisation des EEP ;
– Outiller la prise de décision en assurant la gestion stratégique et agile des participations ;
– Promouvoir et encourager l’adoption des meilleures pratiques en termes de pilotage de la performance.
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