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ECONOMIE

Sekkouri : 100.000 jeunes attendus dans le dispositif d’apprentissage

Devant la Chambre des représentants, le ministre de l’Inclusion économique a présenté les principaux leviers d’action pour soutenir l’insertion professionnelle des actifs sans diplôme et accompagner le développement des secteurs stratégiques exportateurs. Formation continue, apprentissage, validation des acquis… plusieurs dispositifs sont en cours d’élargissement.

Younes Sekkouri, emploi, formation professionnelle, apprentissage, VAE
Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique.
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Le 1 juillet 2025 à 11h08 | Modifié 1 juillet 2025 à 11h33

Dans le cadre de la session de questions-réponses du 30 juin 2025 à la Chambre des représentants, le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri, a exposé les leviers activés par le gouvernement en faveur des actifs ne disposant d’aucun diplôme.

Selon le ministre, cette population représente encore 43% de la population active au Maroc, bien qu’elle ait fortement reculé depuis 2013, où elle s’élevait à 68%. "Elle reste une composante significative du marché du travail et nécessite une attention ciblée", a-t-il précisé.

Trois leviers pour améliorer l’employabilité des non-diplômés

Face à cette situation, trois chantiers structurants sont en cours : "Le levier principal reste la formation professionnelle continue, qui souffre d’un grand retard accumulé depuis près de trois décennies".

Ce chantier a été relancé à la faveur des avancées du dialogue social, notamment lors de la session d’avril 2024. "Grâce aux résultats du dialogue social, un processus de réforme a été enclenché, et sa mise en œuvre a déjà débuté avant la prochaine session".

Le second axe porte sur la validation des acquis de l’expérience (VAE), pour les personnes qui exercent un métier sans disposer d’un certificat ou d’un diplôme formel :

"Nous avons lancé des expérimentations avec deux secteurs : le tourisme et l’artisanat. Environ 3.000 personnes ont été concernées et les résultats ont été très positifs". Ce dispositif figure parmi les priorités de la feuille de route nationale pour l’emploi.

Enfin, le troisième axe repose sur le développement de la formation par apprentissage pour les personnes non diplômées, mais désireuses de travailler :

La mesure phare adoptée par le gouvernement est l’élargissement de la formation par apprentissage. Le nombre de bénéficiaires passera de 31.000 cette année à 100.000 d’ici fin 2025, dans plusieurs secteurs.

Le ministre a souligné que ces efforts s’inscrivent dans une dynamique positive : "Les chiffres sont en amélioration, mais nous devons maintenir l’effort. Nous visons de meilleurs résultats d’ici la fin de l’année".

Interrogé ensuite sur les leviers d’accompagnement des secteurs de services délocalisés comme l’automobile, l’aéronautique, l’électronique ou l’offshoring, Younes Sekkouri a réaffirmé que la clé reste l’adéquation formation-emploi.

"Le levier central pour soutenir ces secteurs reste la formation. Grâce à la vision de Sa Majesté le Roi – que Dieu l’assiste – et aux moyens mis en œuvre par le gouvernement, nous avons entamé une dynamique de libération des compétences".

Pour répondre aux besoins des territoires, "nous développons des villages de formation, avec des plateformes de production, comme des usines miniatures dotées de technologies avancées".

"La maîtrise de l’anglais ne suffit pas. Il faut également renforcer les compétences techniques dans des filières spécialisées".

À ce jour, quinze instituts sectoriels sont déjà opérationnels, notamment dans l’aéronautique et l’automobile, en lien direct avec les besoins des industriels.

"L’objectif est que les compétences soient alignées avec les besoins des entreprises, même dans les phases les plus avancées de production".

Une enveloppe d’un milliard de dirhams est prévue pour soutenir ce déploiement.

Travail sous-traité et entreprises de paysage : l'État renforce ses contrôles et prépare un nouveau Code du travail

Selon le ministre, les entreprises de paysage "boustani", souvent liées à des contrats de sous-traitance avec des acteurs publics ou privés, posent plusieurs défis en matière de respect du droit du travail. Face à cela, trois axes majeurs sont déployés.

>> Plus de 42.000 visites d’inspection sur le terrain

"Nous avons effectué quelque 42.560 visites auprès des unités de production, y compris les sociétés de paysage", a indiqué le ministre. Ces inspections ont permis de relever 357.000 observations, dont :

  • 11.000 observations liées à la présence d’ouvriers sans contrats écrits ;
  • 13.000 remarques relatives aux conditions de travail et à l’application de la loi ;
  • 1.200 infractions concernant la santé et la sécurité professionnelles ;
  • 19.000 constats relatifs à la protection sociale, dont 10.000 en lien avec le non-affiliation à la CNSS.

Ces efforts ont abouti à la rédaction de 259 procès-verbaux pour infractions ou délits constatés.

>> Revalorisation du SMIG et réforme législative en vue

Parallèlement à ces actions de terrain, le gouvernement a procédé à une revalorisation du salaire minimum en quatre étapes, tout en préparant une réforme du Code du travail.

"Nous allons présenter d’ici la fin de l’année une nouvelle mouture du Code du travail, qui répondra de manière plus forte aux nouveaux enjeux du marché de l’emploi", a annoncé Younes Sekkouri.

"Vous avez raison, Mesdames et Messieurs les députés, lorsque vous dites que tant que nous ne révisons pas notre Code du travail, ou du moins une partie, en adéquation avec les réalités d’aujourd’hui, nous ne résoudrons pas le problème du chômage", a-t-il déclaré avec franchise.

Il a rappelé que, bien que les programmes d’emploi, de formation et d’investissement soient nécessaires, ils ne peuvent à eux seuls suffire à transformer le marché du travail. "À la fin, ce sont les employeurs qui décident d’embaucher ou non, et ils le font en fonction du cadre juridique, de sa clarté et de sa souplesse", a-t-il affirmé.

D’où l’importance, selon lui, d’avancer concrètement sur la révision de la législation du travail, afin qu’elle soit à la fois protectrice des droits et adaptée aux évolutions du marché.

Création nette de 282.000 emplois : des résultats encourageants mais encore insuffisants

"Nous avons réussi à créer environ 282.000 emplois nets, alors que nous avions précédemment perdu près de 80.000 postes", a-t-il déclaré.

En réalité, près de 350.000 emplois ont été générés, mais certaines pertes enregistrées dans des secteurs spécifiques ramènent le solde net à 282.000. Le ministre y voit une dynamique positive, sans pour autant considérer que les objectifs sont atteints : "Les résultats sont bons et encourageants, mais ils ne répondent pas encore à toutes nos ambitions."

Parmi les secteurs les plus créateurs d’emplois :

  • Les services, avec 216.000 postes générés ;
  • Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), également moteur de croissance de l’emploi au cours des derniers mois.

Le ministre a tenu à souligner un fait qu’il juge fondamental : les nouveaux emplois créés ne sont pas concentrés dans un seul secteur ou dans quelques régions. "La dynamique actuelle est marquée par une répartition plus équilibrée entre plusieurs secteurs d’activité", a-t-il précisé.

Mais plus encore, "l’essentiel des emplois créés récemment sont des emplois déclarés, formels, et non dans le secteur informel", a insisté Younes Sekkouri. Plus de 200.000 postes entrent dans cette catégorie selon les chiffres du HCP, et non du gouvernement, a-t-il tenu à rappeler.

Cette évolution traduit un progrès en matière de justice territoriale. Le ministre a donné l’exemple de certaines régions où, malgré l’absence d’usines locales, des habitants accèdent désormais à l’emploi industriel grâce aux efforts de formation ciblée. "Nous avons mis en place des programmes de formation directement orientés vers les besoins de ces territoires, pour permettre à leurs jeunes de s’insérer dans les unités industrielles avoisinantes."

Parallèlement, un dispositif spécifique a été lancé pour les personnes sans diplômes, avec un double objectif :

  • Accompagner les entreprises dans le recrutement de profils peu qualifiés, via des aides à l’intégration ;
  • Proposer des parcours en alternance et en apprentissage pour permettre à ces personnes d’acquérir des compétences pratiques et reconnues.

"Nous sommes pleinement engagés. Les chiffres montrent une amélioration, mais nous restons mobilisés pour faire mieux encore. Je vous assure que d’ici la fin de l’année, les résultats seront bien plus probants", a conclu le ministre.

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