L’IA sera intégrée pour vérifier les opérations de change (Driss Bencheikh)
Intégration de l’intelligence artificielle, modernisation réglementaire, nouvelle gouvernance des données... Lors de sa première prise de parole publique depuis sa nomination, Driss Bencheikh, directeur général de l’Office des changes, a présenté devant la CGEM les grands axes de la stratégie 2025-2029.
Invité par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) ce 2 juillet 2025, Driss Bencheikh, directeur général de l’Office des changes, a pris la parole pour la première fois depuis sa nomination.
À l’occasion de cette rencontre, il a présenté les grandes lignes de la stratégie 2025-2029 de l’Office des changes.
Lors de son intervention, Driss Bencheikh souligne que le volume des importations reflète une dynamique positive de l’économie marocaine. Pour lui, l’importance des biens d’équipement témoigne de l’effort d’investissement en cours dans plusieurs secteurs productifs.
"Le fait que les biens d'équipement et les intrants occupent la première place dans les importations reflète une dynamique et des investissements au Maroc".
Il est ensuite revenu sur l’ouverture du compte capital. Pour Driss Bencheikh, cette réforme a permis d’encourager les investissements des opérateurs marocains à l’international, tout en assurant un retour significatif de capitaux vers le pays.
"L’ouverture du compte capital en 2005 a été arrêtée sur orientations de Sa Majesté le Roi, faisant que les investissements marocains à l’étranger sont importants actuellement. De même, les retours sur investissements sont aussi significatifs, permettant de consolider le compte capital", précise-t-il.Les transferts des MRE et les recettes de voyages équilibrent le compte courantPar ailleurs, et pour illustrer l’ampleur des opérations supervisées par l’Office des changes, Driss Bencheikh a livré des chiffres précis sur les déclarations de marchandises. Ces données donnent une idée concrète de la charge opérationnelle de l’institution.
"En 2024, l’Office des changes a été appelé à superviser 1.534.059 déclarations uniques de marchandises (DUM) en importation et 1.058.874 DUM à l’export".
Le directeur général de l'Office des changes a rappelé aussi l’étendue du réseau de surveillance qui couvre des milliers de points à travers le pays. "L’Office des changes supervise 2.101 points de change. Ce maillage territorial garantit une présence effective de l’Office sur le terrain".
Une flexibilité réglementaire
Interrogé sur la nécessité d’une autorisation pour une entreprise marocaine détenue à 100% par des capitaux nationaux souhaitant s’associer à une multinationale dans une zone d’accélération industrielle, Driss Benchikh a précisé que ce type d’opération est, par définition, automatiquement autorisé. "Lorsqu’il y a une opération d’investissement avec une multinationale ou un investisseur étranger au sein de la zone d’accélération industrielle, avec un projet en commun, l’autorisation est automatique. Au contraire, on encourage les opérateurs marocains à rentrer dans ce genre de partenariat avec les investisseurs étrangers".
Le sujet des investissements des holdings à l’étranger a également été abordé. Pour le directeur de l’Office des Changes, ce qui compte avant tout dans un investissement marocain à l’international, c’est le retour sur investissement. C’est à partir de ce principe que s’articule la réglementation en vigueur.
"Comme vous le savez, la manière dont la réglementation des changes est rédigée au Maroc reflète cet esprit. Nous encourageons les investissements marocains à l’étranger, mais ce que nous visons, c’est qu’ils génèrent un retour. D’ailleurs, il est écrit noir sur blanc que toute opération d’investissement à l’international doit s’inscrire dans une logique de consolidation. Et quand on parle de consolidation, on considère qu’un opérateur marocain ayant au moins trois ans d’expérience, et souhaitant investir à l’étranger, doit le faire dans un secteur qu’il maîtrise", explique Bencheikh.
"À titre d’exemple, si vous êtes dans le textile, il est logique que vous alliez investir dans le textile. La holding, quant à elle, est une forme orientée par nature vers les placements de participation. Or, nous avons constaté que, dans plusieurs cas, les investissements portés par des holdings ne répondent pas à cette logique de consolidation. Cela dit, nous sommes en train de réfléchir à des pistes d’adaptation concernant le cas spécifique des holdings. Et s’il y a des dossiers concrets, nous sommes prêts à les étudier. D’ailleurs, tous les projets d’investissement à l’étranger portés par des holdings sont autorisés, dès lors qu’un dossier complet est présenté", poursuit-il.
Stratégie 2025-2029 : l’Office des changes mise sur la concertation et l’intelligence artificielle
Concernant la conception de la stratégie 2025-2029, le directeur général a insisté sur la méthode collaborative adoptée. Selon Driss Bencheikh, la stratégie de l’Office des changes a été bâtie avec plusieurs parties prenantes, notamment la CGEM et le GPBM.L’intelligence artificielle fera son entrée dans le processus de vérification des opérations de changeL’innovation technologique est également au cœur de cette stratégie. L’intégration de l’intelligence artificielle dans le traitement des opérations vise à améliorer l’efficacité du travail tout en optimisant les ressources humaines.
"On va intégrer l’intelligence artificielle dans la vérification des opérations de change, ainsi on va épargner l'énergie des équipes de l’Office des changes et optimiser nos activités et missions", explique Driss Bencheikh.
La même logique s’appliquera à la réglementation, où l’IA servira d’interface proactive entre l’administration et ses usagers. L’objectif est de faciliter l’accès à l’information réglementaire et de répondre rapidement aux questions des opérateurs économiques.
"La réglementation verra aussi l’introduction de l’intelligence artificielle, afin de répondre aux questions des investisseurs, importateurs, exportateurs et de toutes les personnes intéressées", poursuit-il.
Driss Benchikh a également souligné le rayonnement continental de l’Office, qui suscite l’intérêt d’administrations africaines désireuses de s’en inspirer. Selon lui, le savoir-faire marocain en matière de change est aujourd'hui reconnu au-delà des frontières. "Chaque année, nous recevons au moins deux demandes pour former les cadres des opérateurs relevant de pays africains. Nous sommes une référence".
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