Textile. À fin avril 2025, les exportations progressent en Espagne et en Allemagne, mais reculent sur les autres marchés (AMITH)
À fin avril 2025, les données publiées par l’AMITH confirment une conjoncture contrastée pour le secteur textile. Largement tournées vers l’Europe, les exportations progressent vers l’Espagne et l’Allemagne, mais reculent sur d’autres débouchés clés. Sur ces mêmes marchés, le Maroc fait face à une concurrence asiatique féroce.
Outre les données publiées par l’Office des changes sur les importations et exportations textiles, l’Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (AMITH) met régulièrement à disposition des statistiques plus fines, permettant de suivre de près l'évolution des dynamiques du secteur.
Dans son édition de fin juin, l’AMITH propose un retour sur la performance du secteur à fin mars et avril, derniers mois pour lesquels des données détaillées sont disponibles.
Le Maroc renforce sa position en Espagne, mais recule sur plusieurs marchés européens
Selon les chiffres publiés par l'AMITH, à fin mars 2025, les exportations textiles ont atteint plus de 11,5 MMDH, tous segments confondus. Les articles à maille en représentent la première catégorie (4,9 MMDH), suivis par les pantalons (2,5 MMDH), les vestes et manteaux (2,3 MMDH) et les chemises (1,9 MMDH).
L’Espagne confirme sa place de premier client du textile marocain, avec 526 millions d’euros d’achats à fin avril, en hausse de 13% par rapport à 2024 et de 18% par rapport à 2023. Cette progression régulière illustre l’ancrage du Maroc dans la chaîne d’approvisionnement espagnole, notamment sur les segments à délai court (fast fashion et semi-fast fashion), où la proximité géographique joue un rôle décisif. Les volumes échangés entre les deux pays dépassent désormais nettement ceux avec la France.
La France, qui représentait historiquement un des premiers débouchés, enregistre une légère baisse de 1% par rapport à 2024 et un recul plus marqué de 7 % par rapport à 2023, avec un niveau d’exportations de 181 millions d’euros. Cette contraction relative peut traduire une perte de compétitivité sur certains segments traditionnels, ou un repositionnement de la demande française vers d’autres zones d’approvisionnement.
L’Allemagne affiche une trajectoire inverse, avec une hausse de 24% en glissement annuel, atteignant 62,1 millions d’euros à fin avril 2025. Cependant, cette progression ne compense pas encore le niveau de 2023 (66,5 millions d’euros), ce qui laisse penser que le rebond est en cours, mais fragile.Les exportations vers les pays du Benelux ont enregistré un repli de plus de 40%Le Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) enregistre une chute spectaculaire de 41% par rapport à 2024 et de 48% par rapport à 2023, tombant à 26,6 millions d’euros.
L’Italie connaît également un repli significatif avec -4 % par rapport à 2024 et -20 % par rapport à 2023, ce qui ramène les exportations à 37,9 millions d’euros. Cela peut refléter une baisse de la demande, ou une moindre complémentarité entre les besoins italiens et l’offre marocaine.
Le Portugal se distingue par une croissance soutenue de 27% en glissement annuel, même si le niveau absolu reste modeste à 13,1 millions d’euros.
Le Maroc, 7ᵉ fournisseur de l’UE
Au-delà de l’analyse bilatérale, les données d’importation de l’UE permettent de situer le Maroc dans la hiérarchie globale des fournisseurs.
Selon les données de l'AMITH basées sur les importations de l’Union européenne en habillement par origine, classées par fournisseur. À fin avril 2025, le Maroc se classe au 7ᵉ rang, avec un total de 873 millions d’euros d’exportations vers l’UE, ce qui représente une part significative du total des exportations textiles nationales. Ce positionnement reste stable, mais la concurrence est vive.
Le premier fournisseur de l’UE demeure la Chine, avec plus de 8,7 milliards d’euros d’exportations, suivie par le Bangladesh (5,3 milliards €), la Turquie (4,7 milliards €), l’Inde, le Vietnam, et le Pakistan, tous largement devant le Maroc en termes de volumes.
Le Maroc est cependant le premier fournisseur africain et méditerranéen, devant la Tunisie et l'Égypte, ce qui le positionne favorablement dans une logique de nearshoring et de relocalisation.
Le Maroc bénéficie d’une proximité géographique avec l’Europe, d’accords de libre-échange, d’une stabilité relative, et d’un tissu industriel mature. Ces atouts expliquent sa capacité à maintenir sa position malgré une concurrence asiatique agressive sur les coûts.
Toutefois, ce positionnement reste exposé à plusieurs vulnérabilités. Le modèle de sous-traitance demeure dominant et le taux de dépendance aux intrants importés est estimé à 90%, ce qui rend les entreprises marocaines sensibles aux variations des coûts logistiques et aux aléas d’approvisionnement.
En parallèle, la transition environnementale imposée par l’Union européenne, à travers le Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF), introduit de nouvelles contraintes pour les exportateurs.
Par ailleurs, il convient de noter que le secteur emploie environ 235.000 personnes, dont 80% de femmes.
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