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Licences 5G : une 5G hybride pour commencer, en attendant le réseau autonome

Le Maroc vient enfin de lancer son appel à concurrence pour l’attribution des licences 5G. Ce marché, très attendu, doit permettre un déploiement rapide de la technologie, notamment pour la CAN 2025. Voici ce que l'on sait à ce stade.

L'appel à concurrence relatif aux licences 5G est lancé, voici ce que l'on sait à ce stade
L'appel à concurrence relatif aux licences 5G est lancé, voici ce que l'on sait à ce stade. Crédit photo : Freepik
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Le 17 juillet 2025 à 11h32 | Modifié 18 juillet 2025 à 11h22

Le très attendu appel à concurrence pour l'octroi de licences 5G au Maroc a enfin été lancé par l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT).

L'opération reste toutefois entourée d’une grande confidentialité. Les informations sur ce marché restent difficiles à obtenir. Ni les opérateurs, ni le régulateur ne souhaitent s'exprimer officiellement à ce stade.

Le dossier de cet appel à concurrence n'est pas public. Il est destiné aux sociétés qui souhaitent soumissionner ou examiner l’intérêt de soumissionner pour l’obtention de licences 5G au Maroc. Ce document fixe, selon le communiqué de l'ANRT, les dispositions réglementaires et les conditions techniques et financières dans lesquelles chaque réseau 5G sera établi au Maroc. Il précise aussi les modalités de fourniture commerciale des services, les obligations de couverture et de qualité de service de chaque titulaire, ainsi que les modalités régissant le déroulement du processus et l’évaluation des offres.

Nous avons, néanmoins, pu confirmer les deux éléments suivants :

– Il s’agit d’un appel à concurrence international. On comprend, donc, que des opérateurs étrangers peuvent soumissionner ;

– La technologie qui sera déployée dans un premier temps est la 5G hybride.

Le calendrier de déploiement de cette technologie est particulièrement serré, puisque les six stades qui accueilleront la CAN 2025 devront impérativement être couverts en 5G. La compétition se tiendra entre décembre 2025 et janvier 2026.

Les trois opérateurs télécoms du pays, à savoir Maroc Télécom, Inwi et Orange, préparent activement leurs dossiers.

Un calendrier serré, priorité aux six stades et villes de la CAN 2025

En lançant ce marché, l’ANRT a franchi une étape décisive. Si l’on ignore à ce stade les dispositions détaillées de ce marché, l’ambition du gouvernement est, elle, affichée depuis longtemps. Il souhaite assurer une couverture 5G pour 25% de la population d’ici 2026 (4,4 millions de ménages équipés) et atteindre 70% d’ici 2030 (5,6 millions de ménages équipés).

Comme avancé ci-haut, la priorité sera accordée aux villes hôtes des compétitions, notamment de la CAN 2025, laquelle est prévue de démarrer en décembre prochain, soit dans cinq mois. Le but étant de garantir une connectivité optimale aux spectateurs et aux organisateurs.

En effet, lors d'un événement de présentation des projets CAN 2025 et Coupe du monde 2030 organisé en mai dernier, l'ANRT avait présenté le calendrier du déploiement des infrastructures de cette technologie.

Rappelant que le démarrage de leur déploiement a commencé depuis 2023, l'agence avait annoncé que ce sont les six stades et villes de la CAN qui seront priorisés (d'ici fin 2025), puis 20 villes et axes routiers (vers fin 2026), avant de couvrir 40 villes fin 2028.

Pour la qualité de la connexion, l'ambition est d'assurer un débit minimum de 20 MB/s au lieu de 2 MB/s actuellement.

Malgré le calendrier serré, les opérateurs nationaux "sont techniquement prêts", selon les échos obtenus. Et aussi parce que le choix d'un démarrage avec une 5G hybride plaide pour cette rapidité du déploiement.

Un réseau 5G hybride est un réseau qui utilise l’infrastructure 4G existante ainsi que la nouvelle infrastructure 5G pour offrir une meilleure connectivité.

"La 5G dite 'hybride' est une étape transitoire dans le déploiement de la 5G", nous explique Dr Abdelouahed Jraifi, expert télécom, joint par Médias24. "Elle consiste à s'appuyer partiellement sur le réseau 4G existant, notamment par le cœur de réseau, tout en introduisant des sites compatibles 5G", poursuit notre interlocuteur.

La 5G hybride permet d'offrir des services à très haut débit mobile, sans attendre la mise en place complète d'une infrastructure 100% 5G

"On parle alors de 5G NSA (Non stand alone: non autonome), par opposition à la 5G autonome ou 5G SA, qui repose sur un réseau totalement 5G, indépendant de la 4G. En d'autres termes, la 5G hybride (NSA) permet d'offrir des services à très haut débit mobile, sans attendre la mise en place complète d'une infrastructure 100% 5G, ce qui est un choix pragmatique et réaliste dans un contexte d'optimisation et de gestion progressive des investissements", ajoute Dr Abdelouahed Jraifi.

Notre source souligne toutefois que "la migration vers la SA est inévitable. Seule une architecture autonome permet de tirer pleinement parti des capacités avancées (slicing, latence ultra-faible, IoT massifs)".

"Selon Ericsson et GSMA [Association internationale représentant les intérêts d'opérateurs et de constructeurs de téléphonie, NDLR], 60 % à 80 % des connexions 5G seront SA d'ici 2030. C'est une condition nécessaire pour enclencher de nouveaux usages industriels et économiques à l’échelle mondiale . Ce basculement est indispensable pour que le Maroc capte le potentiel du marché mondial en 2030".

"La migration vers la 5G SA a nécessité entre 3 et 5 ans dans des pays où la 5G a déjà été déployée"

Peut-on alors passer rapidement de la 5G hybride à la 5G autonome ? "Oui, tout à fait", explique notre interlocuteur. "La 5G hybride est conçue pour évoluer vers la vraie 5G. Elle pose les bases du réseau, en préparant le terrain tant au niveau des équipements que de l'architecture. Cependant, cela dépend du rythme d'investissement des opérateurs, de la disponibilité du spectre des fréquences et, avant tout, d'un besoin clair des différents utilisateurs".

"Dans la majorité des pays, qui ont déployé tôt la 5G, la migration vers la 5G SA peut prendre entre 3 à 5 ans, en fonction de plusieurs paramètres", souligne par ailleurs l'expert télécom, notamment :

– La densification du réseau avec de nouveaux sites ;

– Le déploiement du cœur 5G ;

– L'attribution du spectre des fréquences dédié à la 5G SA, notamment dans les bandes 3,5 GHz et 26 GHz ;

– La disponibilité des smartphones compatibles.

En ce qui concerne l'investissement, "il est colossal", d'après le Dr Abdelouahed Jraifi, "car il faut financer l'achat des fréquences auprès de l'ANRT, la modernisation du réseau ainsi que le déploiement des sites".

À titre d'exemple, "pour déployer un réseau 5G dans un pays comme la France, une largeur de bande de 100 MHz dans la bande C (3,5 GHz) coûte près d'un milliard d'euros."

Outre toutes les dispositions de cet appel à concurrence, la question du coût des licences reste également en suspens.

Le régulateur marocain a déjà fixé des précédents en matière de tarification. Les licences 3G avaient été attribuées à Maroc Telecom, Méditel (Orange à présent) et à Wana (Inwi à présent) à environ 40 millions de dollars chacune, alors que le coût total des licences 4G (Maroc Telecom, Inwi et Méditel) avait atteint 2 milliards de dirhams (188 millions d’euros).

Les spécialistes du secteur s’interrogent donc sur le prix que fixera l’ANRT pour la 5G hybride. La montée en gamme technologique et les enjeux économiques et stratégiques pourraient faire grimper la mise à prix.

Un coût élevé poserait inévitablement la question du retour sur investissement et de l’usage effectif de la 5G par les consommateurs et les entreprises.

À suivre…

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Le 17 juillet 2025 à 11h32

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