Le BTP en un quart de siècle : expansion, essoufflement et redémarrage sous contraintes
De la frénésie des chantiers aux signes de fatigue structurelle, le secteur du BTP a traversé, depuis le début du millénaire, une trajectoire aussi spectaculaire que contrastée. D’un rôle moteur dans la croissance économique à une stagnation silencieuse ces dernières années.
Dans son rapport annuel 2024 présenté à Sa Majesté le Roi, Bank Al-Maghrib consacre un encadré spécifique à l’évolution du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) au Maroc sur la période 2000-2024.
Ce diagnostic de long terme met en évidence une évolution contrastée du secteur du BTP, marquée par une phase d’expansion rapide entre 2000 et 2007, un net ralentissement entre 2008 et 2019, puis une période de forte volatilité entre 2020 et 2023, avant un redressement en 2024.
L’analyse dessine ainsi une trajectoire en quatre temps, rythmée par les cycles de la commande publique, les chocs exogènes et les réponses politiques.
2000-2007 : une montée en puissance du BTP
Selon Bank Al-Maghrib, le secteur du BTP a connu entre 2000 et 2007 une phase de forte expansion, avec une croissance annuelle moyenne de la valeur ajoutée de 7%.
Sur le plan de l’emploi, le secteur a généré 35.000 postes par an en moyenne, en majorité non qualifiés. Cette dynamique est largement attribuée à la mise à niveau des infrastructures (routes, ports, équipements publics), mais aussi à la forte stimulation du secteur du logement à travers plusieurs dispositifs publics.
Le BTP devient alors un secteur de référence dans l’absorption de main-d’œuvre et un levier privilégié des politiques d’investissement. La période 2008-2019 a été marquée par un ralentissement structurel du secteurMais à partir de 2008, le modèle montre ses limites. La période 2008 à 2019 est marquée par un net ralentissement, que la Banque centrale impute à l’atonie de la branche du bâtiment résidentiel. La croissance de la valeur ajoutée du BTP est tombée à 2,7% par an en moyenne, tandis que les créations d’emploi ont été divisées par deux, avec seulement 17.000 postes par an.

2020-2024 : choc pandémique, rebond partiel, puis stagnation
La phase 2020-2023 était dominée par une succession de chocs exogènes majeurs. La pandémie de Covid-19 entraîne en 2020 une contraction de 4,1% de la valeur ajoutée du BTP. En 2022, les effets indirects de la guerre en Ukraine provoquent une flambée des prix des matériaux de construction, aggravant la situation.
Sous l'effet de cette succession de chocs, la valeur ajoutée du BTP a enregistré une nouvelle contraction de 3,7% en 2022, suivie d’une quasi-stagnation à 0,3% en 2023.
Sur le front de l’emploi, la période se caractérise par une forte volatilité, avec une moyenne de 20.000 postes créés par an, sans qu’une dynamique claire ne se dégage.
En 2024, Bank Al-Maghrib souligne un redressement notable, avec une croissance de 5% de la valeur ajoutée du BTP. Ce rebond est attribué principalement aux projets d’infrastructure liés aux événements à venir (CAN 2025 et Coupe du monde 2030).
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