Le gouvernement français renversé par l'Assemblée nationale
L’Assemblée nationale française a voté, lundi 8 septembre, le rejet de la confiance sollicitée par le Premier ministre François Bayrou, qui a pris le pari d’engager la responsabilité de son gouvernement pour valider ses choix budgétaires, ouvrant la voie à son renversement.
Quelque 364 députés ont voté contre la confiance sollicitée par M. Bayrou, 194 pour et 15 abstentions. C’est pour la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un Premier ministre tombe lors d’un vote de confiance.
Ce vote décisif est intervenu à l’issue de la déclaration de politique générale présentée par le chef de l’exécutif qui n’a pas réussi à rallier les députés, notamment ceux de gauche et d’extrême droite, dont les chefs de file ont réaffirmé leurs critiques des mesures phares du plan budgétaire drastique de François Bayrou pour désendetter la France : année blanche fiscale, gel des pensions et prestations sociales, suppression de deux jours fériés, etc.
Réagissant à ce vote, le président français, Emmanuel Macron a affirmé dans un communiqué rendu public par l’Elysée qu’il recevra mardi le Premier ministre François Bayrou "pour accepter la démission de son gouvernement".
"Le Président de la République nommera un nouveau Premier ministre dans les tout prochains jours", précise le communiqué.
Depuis la présentation de son plan anti-dette mi-juillet, M. Bayrou avait multiplié les communications et les initiatives à la fois en direction des partis politiques et des citoyens pour expliquer les mesures qu’il propose pour rééquilibrer les finances publiques et renforcer la croissance, se disant "prêt à toutes les négociations nécessaires".
Il tenait à obtenir une base claire de soutien avant même la présentation du projet de loi de finances 2026 en créant un accord national autour de la situation économique, notamment le déficit budgétaire et la nécessité d’économiser 44 milliards d’euros.
Dans une ultime tentative de convaincre les députés dans son discours précédant le vote, il a affirmé qu’il demande à l'Assemblée nationale "un seul point : le constat de la situation du pays. La France n'a pas connu de budget en équilibre depuis cinquante-et-un ans".
L'un des objectifs du locataire de Matignon était en effet de ramener à 4,6% du PIB le déficit public de la France, qui a atteint 5,8% en 2024, et stopper la spirale d’endettement qui pèse sur le pays.
La dette publique française représente près de 114% du PIB, soit la troisième plus importante de la zone euro derrière la Grèce et l'Italie.
(Avec MAP)