Aziz Akhannouch : “Nous plaçons notre pari sur le secteur industriel pour qu’il soit au cœur de la bataille de l’emploi”
À l'ouverture de la 3ᵉ Journée de l'industrie, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a mis en avant les avancées du Maroc dans le développement industriel, la consolidation du "Made in Morocco" et la transition vers une production décarbonée, tout en soulignant les réformes engagées pour soutenir l’investissement, l’emploi et la compétitivité nationale.
"Sa Majesté le Roi a toujours dirigé et orienté un ensemble de stratégies industrielles, accompagnées d’infrastructures avancées, à l’instar du port Tanger Med, de plus de 1.800 km d’autoroutes, ainsi que de la création d’environ 157 zones industrielles et de la mobilisation de plus de 14.000 hectares de foncier industriel. De plus, Sa Majesté a récemment inauguré le complexe industriel des moteurs d’avions, le chantier naval de Casablanca, et lancé les travaux d’extension de la ligne à grande vitesse entre Casablanca et Marrakech, avec le développement des services de transport régional, urbain et aérien", a rappelé le chef du gouvernement à l'ouverture de la 3ᵉ Journée de l'industrie.
"Le gouvernement, sous les Orientations royales, a poursuivi une série de réformes profondes visant à améliorer le climat des affaires, à développer et encourager l’investissement, et à soutenir les entreprises à tous les niveaux".
"Dans ce cadre, le gouvernement a veillé à la mise en œuvre du nouveau Pacte de l’investissement, notamment à travers le déploiement de divers régimes de soutien, en particulier le système d’appui destiné aux très petites, petites et moyennes entreprises.
"Il a également œuvré à la mise en œuvre des réformes incluses dans la feuille de route d’amélioration du climat des affaires 2023-2026, afin d’améliorer les conditions structurelles de l’investissement et de l’entrepreneuriat, de soutenir la compétitivité nationale et de développer un environnement propice à l’entrepreneuriat et à l’innovation.
"Parmi les principales réformes structurelles réalisées à cet égard figurent la réduction des délais de paiement, ayant contribué à renforcer la liquidité des entreprises et à réduire leurs dettes de manière significative, ainsi que la réforme et l’amélioration du système des marchés publics, considéré comme un levier fondamental pour le développement du secteur industriel et un stimulant pour l’émergence de filières industrielles prometteuses.
"Le gouvernement a également entamé une réforme fiscale structurelle et ambitieuse au niveau des impôts.
"Parallèlement à cette réforme structurelle, des mesures concrètes ont été prises pour accroître la liquidité des entreprises, en veillant à son injection directe dans le tissu productif et en soutenant leur capacité d’investissement, sans oublier l’effort important du gouvernement concernant le remboursement de la TVA aux entreprises, qui a dépassé 30 milliards de dirhams au cours des deux dernières années, afin de préserver leur activité et leur fournir la liquidité nécessaire pour résister aux crises et maintenir la stabilité des contrats de travail.
"Dans le cadre de la protection du tissu économique et productif contre les fluctuations des prix de l’énergie qu’a connues le monde en 2022, notre pays a choisi de maintenir la stabilité des prix de l’électricité destinée aux entreprises industrielles. Alors que de nombreux pays ont répercuté les hausses mondiales sur la facture des consommateurs et des entreprises, l’État et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable ont pris en charge la totalité de ces augmentations, afin de protéger la compétitivité de nos entreprises nationales.
"Ce choix a été mis en œuvre à travers la prise en charge par l’ONEE de 41 milliards de dirhams durant la période 2022-2024, dont 17 milliards ont été versés par le gouvernement. En outre, la révision de la TVA a permis de réduire le tarif industriel d’environ 5% par rapport à 2022.
"Une circulaire a également été publiée afin d’atténuer les effets de la hausse des prix et de la rareté des matières premières sur les obligations contractuelles des entreprises dans le cadre des marchés publics, après la crise du Covid, garantissant ainsi la continuité de leur activité et leur compétitivité, et l’achèvement des projets contractuels, par la mise en place de mesures conjoncturelles exceptionnelles.
"Aujourd’hui, nous pouvons être fiers de la dynamique positive que connaît le secteur industriel grâce aux Hautes Orientations royales. La valeur ajoutée des activités non agricoles a enregistré une évolution notable, avec une hausse de 4,5 % en 2024 contre 3,7% en 2023, ce qui s’est particulièrement reflété sur la performance du secteur industriel, dont la valeur ajoutée des industries manufacturières a progressé de 3,3% en 2024 contre 3,1% en 2023.
"Quant aux revenus des investissements directs étrangers, la part destinée au secteur industriel s’est stabilisée, au cours des trois dernières années, à plus de 35% du total de ces revenus.
"Les exportations industrielles ont, quant à elles, augmenté d’environ 64% depuis 2019, passant de 243 milliards de dirhams à plus de 398 milliards de dirhams en 2024, profitant de la hausse des exportations du secteur automobile et aéronautique, du phosphate et de ses dérivés, ainsi que de l’industrie agroalimentaire.
"Les produits manufacturés ont continué, durant la même année, à renforcer leur présence dans la structure des exportations nationales, représentant environ 87% du total des exportations du Royaume.
"Cette dynamique a été accompagnée par la création de 46.000 emplois nets dans le secteur industriel en 2024, contre 7.000 l’année précédente, portant le total des employés du secteur à plus de 985.000, soit près du double de ce qu’il était il y a dix ans.
"Cette dynamique positive apparaît à travers plusieurs indicateurs enregistrés par l’économie nationale, notamment un taux de croissance de 3,8% l’année dernière, qui devrait atteindre 4,8% d’ici la fin de cette année, ainsi qu’un contrôle de l’inflation à 0,9% à fin septembre dernier, et du déficit budgétaire à 3,5% d’ici la fin de l’année, puis 3% fin 2026, en plus de la réduction du taux d’endettement à 67,4% du PIB à fin 2024.
"L’engagement constant du Royaume à maintenir les équilibres économiques et budgétaires s’est également renforcé avec le rétablissement de sa notation dans la catégorie « Investment Grade » par l’agence américaine Standard & Poor’s, après que le Royaume a réussi, en février 2023, à sortir de la « liste grise » à l’unanimité des membres du Groupe d’action financière (GAFI)… Ce qui traduit la confiance renouvelée des partenaires et investisseurs internationaux dans la solidité de nos fondements économiques.
"Grâce aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, l’industrie nationale inaugure une nouvelle ère qui fait du concept de souveraineté à la fois un objectif et un moyen.
"Ainsi, notre industrie nationale a connu ces dernières années un essor croissant, incarné par la dynamique de la marque « Made in Morocco », devenue un levier essentiel pour consolider la position de notre pays en tant que destination industrielle compétitive aux niveaux régional et international.
"Au cours de ces années, le secteur industriel national a réalisé des progrès notables, notamment dans les filières à forte valeur ajoutée telles que les industries automobile et aéronautique. Le secteur automobile est devenu le premier secteur exportateur, représentant près de 40% des exportations industrielles nationales, et le premier employeur, avec environ 25% de l’ensemble des emplois industriels.
"Le Maroc est devenu le premier producteur de voitures particulières en Afrique et le premier exportateur de voitures à moteur thermique vers l’Union européenne, en plus d’être le plus grand contributeur à la valeur ajoutée et au volume de production dans le Royaume.
"Parallèlement à cette évolution, notre pays œuvre à consolider sa position dans le domaine de la mobilité propre, en développant une chaîne de valeur intégrée allant de la fourniture des matières premières à l’assemblage des batteries, et en lançant des projets pionniers qui reflètent la confiance des partenaires internationaux dans la plateforme industrielle nationale.
"Le secteur aéronautique a poursuivi ses performances remarquables en matière d’exportations ; il compte aujourd’hui plus de 150 acteurs industriels et a enregistré une croissance de plus de 61% en 2024 par rapport à 2021.
"Cette trajectoire positive s’est renforcée avec le lancement de projets industriels structurants, parmi lesquels le complexe industriel des moteurs d’avions à Casablanca, inauguré par Sa Majesté le 13 octobre dernier.
"D’autre part, dans le domaine de l’industrie pharmaceutique, ce secteur a vu la création d’une unité industrielle avancée de fabrication de vaccins, dont ceux contre le Covid, ainsi qu’un accord de partenariat qui sera signé aujourd’hui pour développer la production de matières premières pharmaceutiques au Maroc, renforçant ainsi la souveraineté sanitaire de notre pays et consolidant sa position en tant que centre régional de production pharmaceutique.
"Ces résultats reflètent la dynamique continue de l’industrie nationale et renforcent la position du Maroc comme acteur majeur des chaînes industrielles et technologiques mondiales, ce que confirme le classement du Maroc en 2025 à la 12ᵉ place mondiale dans le domaine de la production industrielle à contenu technologique moyen et élevé, selon l’Indice mondial de l’innovation publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle – le meilleur classement obtenu par le Maroc au cours des cinq dernières années.
"Nous mesurons l’ampleur des défis auxquels fait face l’industrie nationale dans un monde marqué par des perturbations successives. Conscients de l’importance de préserver la dynamique du secteur, le gouvernement a lancé un ensemble d’initiatives visant à renforcer la souveraineté industrielle et à améliorer la compétitivité de la marque « Made in Morocco ».
"Le gouvernement a également poursuivi le déploiement du programme « Banque de projets industriels », qui a suscité un large engouement auprès des porteurs de projets à capital marocain, avec plus de 1.900 projets.
"En partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc, un programme de recherche et d’innovation industrielle a été mis en place pour accompagner les entreprises de la phase de recherche scientifique jusqu’à la production. Depuis son lancement en 2023, ce programme a financé 160 projets innovants pour un investissement total d’environ 852 millions de dirhams.
"Notre pays mise également sur la transition énergétique pour relever le défi d’une production décarbonée et renforcer la compétitivité industrielle, en favorisant l’accès de ce secteur aux énergies propres, notamment l’hydrogène vert, à travers « l’Offre Maroc » qui a attiré l’attention des grands acteurs mondiaux du domaine, et sur laquelle le Maroc, sous la conduite de Sa Majesté le Roi, fonde de grands espoirs pour être l’un des leviers majeurs de la transition énergétique et de la croissance durable du Royaume.
"Aujourd’hui, nous avons signé une convention tripartite entre le gouvernement, Masen, l’ONEE et l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l'État (ANGEPE), permettant de fournir de l’électricité verte à l’industrie marocaine. Cette convention comprend l’accélération de la mise à disposition de plus de 5 gigawatts supplémentaires avant 2030.
"Conscients de l’importance de l’emploi dans le soutien à la transformation économique de notre pays, le gouvernement a lancé une feuille de route pour l’emploi, dans laquelle le secteur industriel joue un rôle stratégique, à travers le lancement de programmes sectoriels intégrés offrant un soutien technique global, particulièrement aux très petites, petites et moyennes entreprises, notamment dans les domaines du soutien à l’exportation et de la transition vers une production bas carbone. À cela s’ajoutent des mesures supplémentaires, comme le système de formation par apprentissage professionnel, qui a permis la création de plus de 100 000 emplois.
"Aujourd’hui, nous plaçons notre pari sur le secteur industriel pour qu’il soit au cœur de la bataille de l’emploi. Dans ce cadre, nous avons le plaisir de superviser aujourd’hui la signature de plusieurs conventions visant à renforcer le tissu économique national, en tant que moteur principal de la croissance et de l’emploi.
"Les travaux de cette édition constituent une occasion propice pour les participants d’échanger leurs visions et leurs idées sur les moyens de développer le secteur industriel et de relever les défis actuels et futurs, afin de permettre à notre pays de renforcer sa position parmi les économies émergentes et d’asseoir celle du Maroc comme destination industrielle prometteuse, jouissant d’un fort attrait auprès des investisseurs nationaux et internationaux".
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