Commerce extérieur : le pari des 10.000 entreprises exportatrices en 2030 peut-il être tenu ?
Le secrétaire d’État au Commerce extérieur a récemment initié un programme pour passer de 6.000 entreprises exportatrices en 2024 à 10.000 à l’horizon 2030. Un objectif ambitieux. Est-il réalisable ? Malgré un retard au décollage, deux sources fiables estiment que c'est possible grâce au potentiel inexploité d’exportations supplémentaires vers les marchés africains et européens.
"Dans le cadre du Nouveau Modèle de développement qui encourage la multiplication des sociétés d’export, nous devions générer 400 entités par an entre 2025 et 2027, avant d’accélérer leur nombre et d'arriver à 10.000 entreprises en 2030", résume une source autorisée qui reconnaît un retard à l’allumage, avec seulement 130 nouvelles sociétés exportatrices depuis le récent début du programme.
Élargir le noyau des régions exportatrices
Pour y arriver, notre interlocuteur révèle que le secrétaire d’État au Commerce extérieur a multiplié les visites dans les 12 régions du Maroc pour réunir des opérateurs n’ayant jamais participé à ce programme et sortir ainsi du monopole d’exportation issu de l’axe Tanger-Casablanca-El Jadida.
Après cette tournée qui a permis de recueillir les doléances des opérateurs issus de régions sous-exploitées en termes d’exportations et d’identifier leurs capacités commerciales à l’international, Omar Hejira a mis en place un programme. Ce dernier est axé sur les produits des TPE, PME et grandes entreprises.
Partant du constat que 35% des biens marocains exportés sont fabriqués dans le Grand Casablanca, l’objectif de ce nouveau programme consiste à encourager les autres territoires à être plus réactifs.
Jugeant décevant le manque de réactivité des candidats approchés, notre source déclare que Maroc PME, qui est censé traiter les dossiers de créations d’entreprises exportatrices, n’a reçu à ce jour que 130 demandes en trois mois, alors que cet organisme tablait sur un chiffre de 600, dont 200 sociétés existantes qui souhaitent augmenter leur chiffre d’affaires à l’export et 400 nouveaux venus.
La balle est dans le camp du secteur privé
Se voulant malgré tout optimiste, notre interlocuteur avance que le potentiel inexploité de produits industriels et d’artisanat, issus de l’économie sociale et solidaire, des nouveaux métiers et de la technologie (aéronautique…) devrait permettre de rattraper le retard. Le potentiel est estimé à 800 nouvelles sociétés par an, permettant d'atteindre les 10.000 entreprises exportatrices à l’horizon 2030.
"Pour peu que les sociétés qui peuvent orienter leur activité vers l’export arrêtent de considérer qu’il est plus facile d’importer, cet objectif est plus qu’atteignable", avance notre source, en ajoutant que ces entreprises qui produisent pour le marché local et international ont pour principal avantage de minimiser les importations et d’équilibrer dans le même temps la balance commerciale du Maroc.
Et de conclure que pour atteindre cet objectif, les sociétés émanant du secteur privé sont invitées à redoubler d’efforts pour se lancer dans l’export ou pour renforcer leur chiffre d’affaires international.
Priorité aux sociétés exportatrices de produits agricoles et industriels
De son côté, le président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) estime possible d’atteindre un chiffre de 10.000 entreprises exportatrices à l’horizon 2030 pour peu que la conjoncture climatique soit plus clémente afin de pouvoir exporter davantage vers les pays africains.
"Sachant que l’Afrique a des besoins importants en termes de consommation de produits agricoles, le Maroc dispose d’un large potentiel d’exportations supplémentaires dans ce secteur d’activité, suivi des produits industriels destinés au marché européen dont la capacité de production est déclinante", résume Hassan Sentissi El Idrissi, qui espère que la pluie sera au rendez-vous en 2026.
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