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Youssef Rouissi
Youssef Rouissi, directeur général délégué en charge du pôle Corporate & Investment Banking, membre du comité exécutif Attijariwafa bank. Ph : DR

Youssef Rouissi : le rôle des banques africaines dans la croissance et le développement durable

Le 4 décembre 2025 à 16h40

À l’occasion de la 5e édition de l’Africa Financial Industry Summit, Youssef Rouissi, directeur général délégué en charge du pôle Corporate & Investment Banking, membre du comité exécutif Attijariwafa bank, revient sur le rôle stratégique des banques africaines dans la croissance des États et la valorisation durable des ressources naturelles.

Alors que les besoins de financement des pays africains s’intensifient, les banques doivent repenser leurs équilibres internes pour continuer à jouer un rôle moteur. C’est dans cette perspective que Youssef Rouissi appelle à conjuguer engagement public et rigueur de gestion.

Ces dix dernières années, la part de la dette souveraine dans les bilans bancaires est passée de 20% à 35%. Une hausse qui témoigne d’une implication croissante des établissements à accompagner les politiques publiques et les projets d’infrastructures.

Au Maroc, l’importance d’une telle contribution se mesure aussi via la gestion d’actifs. Près de 800 milliards de DH sont aujourd’hui investis, dont 90% sous forme de placements monétaires et obligataires destinés au financement de l’État. Ce modèle de soutien durable s’accompagne toutefois de contraintes prudentielles strictes, imposées par les banques centrales.

Ces dernières fixent des limites de portefeuille, de duration et de niveau de provisionnement selon les notations souveraines. D’après le directeur général délégué, l’avenir repose sur la diversification des instruments financiers,d’un côté, et celle des actifs publics et privés de l’autre, afin de créer des relais stables à l’investissement étatique.

La vision s’étend par ailleurs à un autre enjeu majeur : la valorisation des ressources naturelles continentales. Les institutions financières jouent un rôle de plus en plus structurant dans l’appui de projets.

L’objectif est ici de réduire la dépendance aux capitaux étrangers, tout en développant une ingénierie financière locale. Le dirigeant cite l’exemple du projet Boto au Sénégal, d’un montant de 300 millions d’euros, en partie pris en charge par Attijariwafa bank.

De nouvelles formes d’investissement émergent en parallèle, comme les fonds de dette qui attirent l’épargne institutionnelle vers des projets stratégiques, dans le secteur des énergies renouvelables ou encore les industries extractives.

Décrite en ces termes, la dynamique confirme qu’une finance africaine inventive et responsable sera au cœur du développement pérenne du continent.

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