Inscription du caftan marocain à l’UNESCO : décision le 10 décembre
Le dossier sera tranché par l’UNESCO. Après avis favorable de l’instance d’évaluation, son inscription sera examinée le 10 décembre par le comité intergouvernemental, ouvrant la voie à une reconnaissance officielle du caftan marocain comme patrimoine immatériel.
"Caftan marocain : art, traditions et savoir-faire", le dossier d’inscription du caftan marocain au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO entame sa dernière ligne droite. Déposé une première fois en 2023 puis relancé en mars 2025, il a été jugé conforme par l’instance d’évaluation de l’UNESCO, qui recommande son inscription officielle sur la Liste représentative.
Une étape décisive reste néanmoins à franchir : l’examen par le comité intergouvernemental, composé de 24 États membres, parmi lesquels l’Algérie, qui a déjà exprimé de multiples objections formelles, conformément à sa politique d’appropriation culturelle et d’hostilité à l’égard du Maroc.
Contacté par Médias24, Mustapha Jlok, directeur du patrimoine culturel au ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, confirme que le dossier est "techniquement validé". L’instance d’évaluation a conclu que le caftan marocain remplissait les critères de la Convention de 2003 relative au patrimoine culturel immatériel : existence vivante de l’élément, transmission intergénérationnelle, identification des communautés porteuses, documentation nationale et mesures de sauvegarde définies.
"L’avis de l’organe d’évaluation est positif et recommande l’inscription du caftan marocain. Ce dossier passera ensuite devant le comité gouvernemental, qui est souverain dans sa décision", explique-t-il. Ce comité se réunit chaque année et confirme, dans la grande majorité des cas, les recommandations techniques.
Une probabilité d’objection algérienne
Selon nos informations, et comme le confirme Mustapha Jlok, l’Algérie a adressé plusieurs lettres officielles au secrétariat de la Convention, contestant la recevabilité du dossier marocain. Dans l’un de ces courriers, Alger évoque : "des irrégularités, des modifications substantielles et des violations des calendriers fixés", estimant que certains éléments mentionnés dans la candidature marocaine figureraient déjà dans ses dossiers inscrits en 2012 et 2024, et qu’ils relèveraient d’un "patrimoine partagé" nécessitant une inscription multinationale.
Ces contestations, pour l’heure, n’ont pas remis en cause la validité technique du dossier : l’instance d’évaluation a maintenu sa recommandation d’inscription.
Mais une objection formelle, si elle est déposée lors de l’examen final, pourrait rallonger la procédure ou entraîner une demande de clarification.
Ce que dit le cadre juridique de l’UNESCO
Pour comprendre la portée de ce dossier, il faut rappeler que la Convention de 2003 ne confère pas une exclusivité patrimoniale. Elle reconnaît l’existence d’un élément culturel sur un territoire donné, ainsi que ses communautés porteuses.
Contacé par Médias24, Ahmed Skounti, anthropologue et expert en patrimoine culturel auprès de l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP), précise : "La recommandation de l’organe d’évaluation a déjà été publiée. Elle recommande d’inscrire le caftan marocain. Et en général, lorsque l’évaluation technique est favorable, le comité suit. C’est le cas dans la quasi-totalité des candidatures".
Il rappelle également les contraintes institutionnelles :
- Seuls 60 dossiers environ sont examinés par an, faute de capacité technique,
- Le choix des dossiers se fait par priorités,
- Le processus d’évaluation s’étale de mars à octobre,
- Les rapports doivent être rendus publics quatre semaines avant la session de décision.
Cette procédure a été respectée pour le dossier marocain.
Ce que le Maroc demande réellement
Le dossier marocain porte sur "le caftan marocain", dans sa forme spécifique, documentée et répertoriée :
- techniques de coupe et de broderie,
- processus de transmission dans les familles d’artisans,
- place du caftan dans les cérémonies,
- patrimoine vestimentaire féminin lié au contexte marocain.
Le Maroc ne revendique pas un monopole sur le vêtement dans son sens générique, ni sur des formes simplifiées que l’on retrouve ailleurs. Ce qu’il sollicite, c’est la reconnaissance internationale d’un savoir-faire structuré, identifié et transmis dans son territoire.
Si l’inscription est confirmée, elle entraînera :
- une reconnaissance officielle par l’UNESCO du caftan marocain comme expression culturelle vivante ;
- un positionnement du Maroc comme détenteur d’un savoir-faire artisanal ancien et actif ;
- un renforcement du rôle des communautés porteuses ;
- un soutien institutionnel aux artisans, ateliers, écoles et créateurs concernés.
Une décision attendue
La décision finale sera rendue lors de la session du comité intergouvernemental, prévue du 8 au 13 décembre en Inde. Selon l’ordre d’examen des dossiers, celui du Maroc, inscrit en 33e position, sera étudié le 10 décembre.
Si aucun pays ne formule d’objection majeure, le caftan marocain sera inscrit sur la Liste représentative. En revanche, si l’Algérie maintient son opposition, une phase d’explications et de réponses techniques pourrait s’ouvrir. Dans les deux cas, la recommandation technique, positive et publique, place le dossier marocain en position de force.
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