Akhannouch : la ZLECAf, un levier de 450 milliards de dollars pour l’Afrique d’ici 2035
À l’ouverture du Business Forum de la ZLECAf, ce vendredi 12 décembre, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a mis en avant les progrès du Maroc dans les domaines monétaire, portuaire, logistique et des échanges intra-africains, appelant à une mobilisation collective pour un décollage économique partagé du continent.
Le chef du gouvernement a souligné que cette deuxième édition s’inscrit dans une dynamique visant à faire de la ZLECAf non seulement un accord de libre-échange, mais un véritable projet de transformation économique pour l’Afrique.
S’appuyant sur des données chiffrées, il a rappelé que le continent représente près de 16% de la population mondiale mais seulement 3 % du commerce international, tandis que les échanges intra-africains ne dépassent pas 16%, contre plus de 60% en Europe et en Asie.
"Le Maroc, par exemple, et en dépit d’une croissance notable de ses exportations vers les pays africains au cours des dernières années, pour atteindre plus de 30 milliards de dirhams, ce flux ne représente encore qu’environ 7% du commerce extérieur global du Royaume", a-t-il poursuivi.
Aziz Akhannouch a souligné que la ZLECAf n’est pas seulement un calendrier de démantèlement tarifaire, mais une architecture globale encadrant la libéralisation des biens et des services, les protocoles relatifs à l’investissement, à la concurrence et à la propriété intellectuelle, ainsi que le commerce numérique et l’inclusion des femmes et des jeunes.
Le Maroc réaffirme son engagement pour une Afrique maîtresse de son destin
Il a précisé que le Maroc réaffirme son engagement à renforcer les mécanismes susceptibles de favoriser le libre-échange et de promouvoir une intégration économique durable en Afrique, soulignant à cet égard la nécessité d’accorder une attention accrue aux infrastructures routières et portuaires, aux banques, aux plateformes numériques et à d’autres leviers essentiels.
Pour Aziz Akhannouch, le Maroc consolide son statut d’acteur central et de partenaire stratégique dans le renforcement de la coopération multidimensionnelle entre les pays africains, porté par une vision claire : une Afrique maîtresse de son destin, capable de transformer ses ressources en valeur ajoutée sur place et de connecter ses différentes régions, de la Méditerranée à l’Atlantique, du Sahel aux façades maritimes.
Cette vision s’est matérialisée à travers l’initiative royale en faveur des États africains atlantiques et des pays du Sahel, a-t-il précisé, ajoutant que le Royaume a mis ses infrastructures portuaires et logistiques au service de vingt-trois pays riverains de l’Atlantique ainsi que de leurs voisins dépourvus d’accès maritime.
Le chef du gouvernement a rappelé la nécessité de garder à l’esprit une série de projets ambitieux visant à renforcer la complémentarité économique et commerciale du continent, citant notamment le gazoduc Nigeria–Maroc, long d’environ 6.000 kilomètres et traversant treize pays d’Afrique de l’Ouest.
Ce projet, a-t-il souligné, n’est pas seulement une infrastructure gazière, mais une structure stratégique destinée à préparer le terrain pour une industrialisation partagée dans des secteurs tels que les engrais, la pétrochimie, les matériaux de construction ou encore l’agro-industrie, autant de domaines nécessitant une énergie fiable et compétitive.
Financement, intégration et ZLECAf : le Maroc veut impulser une dynamique concrète en Afrique
Il a toutefois averti qu’une intégration dépourvue de solutions de financement resterait au stade de projets théoriques. Dans ce sens, il a mis en avant un autre atout du Maroc : la plateforme financière Casablanca Finance City, présentée comme un moteur central de l’intégration économique en Afrique.
À cela s’ajoutent, a-t-il souligné, la présence des groupes bancaires marocains dans plus d’une vingtaine de pays africains et l’adhésion récente de Bank Al-Maghrib au système panafricain de paiements et de règlement (PAPSS).
Aziz Akhannouch a estimé que l’ensemble de ces facteurs place le Royaume en position favorable pour piloter des projets pilotes portant sur les paiements en monnaies locales en Afrique, la sécurisation du crédit export et la couverture des risques pour les PME africaines.
Il a rappelé que la Zone de libre-échange continentale africaine est appelée à devenir la plus vaste zone de libre-échange au monde en nombre de pays, visant à terme la suppression des droits de douane sur 97% des lignes tarifaires.
S’appuyant sur les rapports de la Banque mondiale et les principales études d’impact sectorielles, il a souligné qu’une mise en œuvre complète de la ZLECAf à l’horizon 2035 pourrait accroître le revenu réel du continent d’environ 7%, soit près de 450 milliards de dollars supplémentaires, et augmenter les exportations intra-africaines de plus de 80%. Une telle transformation, a-t-il ajouté, favoriserait l’essor de chaînes de valeur régionales et contribuerait à la création ou à la transformation de dizaines de millions d’emplois.
Pour que ces promesses deviennent réalité, il faut respecter les calendriers de démantèlement tarifaire et surtout donner un cadre clair aux barrières non tarifaires qui pénalisent aujourd’hui nos échanges, notamment en ce qui concerne les procédures opaques, les contrôles techniques redondants et les exigences documentaires excessives.
Le chef du gouvernement a affirmé que l’Afrique n’a plus besoin qu’on lui répète qu’elle est un "continent d’avenir", mais qu’il est désormais indispensable d’organiser les conditions permettant de transformer cet avenir en un présent partagé.
Il a réitéré que le Maroc assumera pleinement sa part de responsabilité pour faire de l’intégration économique africaine un levier de prospérité, de stabilité et de dignité pour les peuples du continent.
Aziz Akhannouch a appelé à faire de ce forum une étape décisive, marquant le passage de la ZLECAf du texte à la réalité, au service des intérêts communs. En conclusion, il a cité un extrait du discours du Roi Mohammed VI, prononcé lors du 28ᵉ Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba en 2017 : "Il est temps que les richesses de l’Afrique profitent à l’Afrique".
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