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Round Up. 2026, l’année des grandes échéances au Maroc
Élections législatives, séquence diplomatique du Conseil de sécurité sur le Sahara, renouvellement de la gouvernance de la CGEM, réformes des caisses de retraite, etc. L’année 2026 s’annonce dense, avec plusieurs échéances majeures pour le Royaume. Détails.
Par
Badr Elhamzaoui
Le 4 janvier 2026 à 15h39
|
Modifié 4 janvier 2026 à
17h12
Plusieurs échéances cruciales attendent le Maroc en 2026, d’ordre politique, économique et géopolitique.
L’année s’annonce exceptionnelle en raison du nombre d’événements et de réformes prévus, ce qui fait de 2026 une année importante dans la trajectoire du pays.
Les élections législatives sont incontestablement l'évènement phare de la politique interne de l'année avec l’installation d’un nouveau gouvernement issu des législatives avant l’ouverture de la session parlementaire en octobre.
Autre échéance importante, celle du dévoilement du détail du plan d'autonomie proposé par le Maroc pour résoudre le différend artificiel sur le Sahara marocain.
Outre ces deux dossiers, les réformes engagées, les chantiers lancés sont nombreux. Nous énumérons, dans cet article, les plus importants.
Notons également les nombreux projets en cours tels que l’offre hydrogène, la transition énergétique, la réforme de l’éducation, le premier vrai démarrage de production de gaz naturel (à Tendrara), les investissements français et américains au Sahara, …
Citons aussi les menaces et les défis: l’IA et son impact sur l’emploi des jeunes, le réchauffement climatique, la nécessaire lutte anticorruption, et enfin le secteur privé qui ne joue pas suffisamment son rôle dans l’investissement, ce dernier étant toujours tiré par le secteur public.
Voici les principales échéances/dossiers qui marqueront cette année :
Élections législatives, échéance onusienne
Au plan politique, 2026 marque la fin de la 11ᵉ législature issue des élections du 8 septembre 2021. Conformément à la Constitution et à la loi organique relative à la Chambre des représentants, la durée du mandat est de cinq ans, ce qui implique la tenue de nouvelles élections législatives en 2026.
L'actuel gouvernement mené par Aziz Akhannouch devra lors de ces prochains mois poursuivre le travail sur tous les fronts tout en préparant la campagne électorale.
La bataille sera rude, en particulier entre les trois entités de la majorité en place, qui formaient le trio de tête lors des précédentes élections. Le RNI s'efforcera de conserver sa position de leader. L'Istiqlal prépare ses stratégies afin de conquérir cette même position. Il en va de même pour le PAM. Les autres formations politiques de l'opposition, telles que le PJD, l'USFP ou le PPS, s'efforceront d'améliorer leurs scores aux législatives 2021.
Sur le dossier du Sahara, 2026 sera une année diplomatique importante. Avec la reconnaissance explicite d’une autonomie sous souveraineté marocaine, la résolution 2797 déplace le centre de gravité du dossier. Le Maroc doit définir un statut complet. Les partis politiques ont transmis au cabinet royal - à la demande du Roi- leur vision de la manière dont le Plan marocain d'autonomie pourrait être détaillé, précisé et mis à jour. Le Maroc doit communiquer sa position finale sur ce point. Aucune échéance n'a été fixée par l'ONU pour cela.
Par ailleurs, la dernière résolution du Conseil de sécurité, favorable au Maroc, a prolongé le mandat de la Minurso jusqu’au 31 octobre 2026. À cette date, une nouvelle échéance onusienne aura lieu, avec la présentation du rapport du Secrétaire général et l’adoption d’une nouvelle résolution sur le dossier.
Changement de gouvernance à la CGEM
La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) est également en rendez-vous avec une échéance électorale. La mandature actuelle de la Confédération, ouverte en 2023 pour trois ans, arrive à son terme.
Le binôme Chakib Alj-Mehdi Tazi a été réélu pour la mandature 2023-2026 lors de l’assemblée générale élective de mai 2023.
Étant donné que le mandat n’est renouvelable qu’une seule fois et que l'actuel duo est à son second mandat, cela implique que le patronat aura un nouveau binôme au cours de l’année 2026.
Les détails de ces échéances ne sont pas encore connus.
Du côté de la politique monétaire et du régime de change, 2026 verra la mise en place progressive d’un cadre de ciblage de l’inflation, dans la poursuite de la préparation au passage vers un régime de change plus flexible.
Selon les déclarations du Wali de Bank Al-Maghrib, l’année 2026 devrait constituer une phase de test et de consolidation des instruments et des modèles, avant une mise en œuvre plus formalisée à partir de 2027.
Par ailleurs, s’agissant de la problématique du cash, Abdellatif Jouahri a indiqué que le rapport consacré à ce sujet a été réalisé et finalisé par Bank Al-Maghrib, puis transmis au ministère des Finances. Dans cette continuité, l’année 2026 pourrait être marquée par les premières mesures ou orientations concrètes découlant de ce travail.
Caisses de retraite, Code du travail et Santé : les réformes attendues
La réforme des caisses de retraite vise à traiter un déséquilibre structurel déjà bien documenté. Depuis l’été 2025, le processus a été relancé dans le cadre de la Commission nationale présidée par le chef du gouvernement et par la commission technique tripartite qui se réunit avec les syndicats et la CGEM. Mais le processus n'avance pas à un rythme accéléré.
Devant la Chambre des conseillers, la ministre de l’Économie et des Finances a expliqué que le gouvernement préfère prudemment avancer pour "éviter les échecs du passé", tout en maintenant l’objectif d’aboutir à une vision unifiée et à des scénarios de réforme prêts à être traduits en textes de loi si un consensus social se dessine.
Autrement, ce qui est attendu en 2026, ce n’est pas une réforme balisée, mais la continuité des réunions et des travaux pour la préparation de scénarios de réforme.
Par ailleurs, la réforme du Code du travail constitue également un chantier majeur, et l’année 2026 devrait représenter une étape importante dans ce processus. À la suite de l’accord social du 29 avril 2024, la révision du Code du travail a été inscrite parmi les réformes prioritaires, dans la mesure où le texte de 2004 ne répond plus pleinement aux réalités actuelles du marché du travail.
Le chantier est désormais ouvert et 2026 s’annonce comme une année décisive. Dans ce cadre, les syndicats et le patronat ont été invités par le ministre de l’Emploi à déposer leurs propositions de réforme, première étape qui formalise le lancement opérationnel du processus de révision.
La réforme de la santé entre, elle aussi, dans une phase importante en 2026. La loi-cadre 06-22 relative au système national de santé, adoptée en 2022, a instauré la création des groupements sanitaires territoriaux (GST), qui devraient être généralisés aux différentes régions du Royaume en 2026, après l’expérience pilote menée dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.
La problématique de l'eau
La question de l’eau et du dessalement constitue un autre axe du calendrier 2026. La bonne nouvelle, c'est que l'année en cours démarre avec une bonne pluviométrie.
Les apports hydriques globaux enregistrés entre le 1ᵉʳ septembre 2025 et le 31 décembre 2025 ont atteint 2.036 millions de mètres cubes. Sur ce total, 1,614 million de mètres cubes ont été enregistrés à partir du 12 décembre 2025, soit 79,2% de l’ensemble des apports.
Grâce à ces apports, le volume total des ressources en eau s’élève actuellement à 6.583,6 millions de mètres cubes, correspondant à un taux de remplissage des barrages de 39,2%, en hausse d’environ 37,3% par rapport à la même période de 2024.
Si l'hiver poursuit sur le même rythme, cela promet une amélioration significative des réserves des barrages et aussi des nappes phréatiques et par ricochet une meilleur campagne agricole.
Par ailleurs, malgré cet épisode pluvieux plus que bienvenu, les efforts marocains dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, piloté par le ministère de l’Équipement et de l’eau et l’ONEE, se poursuivent avec l’objectif de renforcer l’offre hydrique.
Le grand projet de station de dessalement de Casablanca, porté par la société ADEC en partenariat public-privé, a bouclé son financement en 2025. La mise en service de la première phase, d’une capacité de l’ordre de 200 millions de m³ par an, est prévue pour la fin de l’année 2026.
Cette station s’inscrit dans une stratégie plus large, présentée par le ministre chargé de l’Eau, visant à couvrir environ 60% des besoins nationaux en eau potable par le dessalement à l’horizon 2030, contre environ un quart aujourd’hui.
Au-delà de Casablanca, 2026 marque aussi une montée en puissance du dessalement dans d’autres régions. Les travaux de la station de Dakhla doivent être achevés en 2026, avec une production totale prévue de 37 millions de m³ par an, dont 30 millions de m³ dédiés à l’irrigation.
Dans le même temps, le démarrage des travaux d’extension de la station de Chtouka, dans la région du Souss-Massa, est également programmé pour 2026, afin d’augmenter la part de l’eau dessalée affectée à l’irrigation dans cette zone.
Huit autres projets de stations de dessalement sont d’ores et déjà programmés pour les années suivantes, dans l’Oriental, à Tanger, Rabat, Oum Er-Rbia-Tensift, Souss-Massa, Tan-Tan, Boujdour et Guelmim.
Réforme de la tarification de l’électricité
La publication du cadre de la réforme tarifaire lancée par l’ANRE marque un tournant dans la tarification du secteur de l’électricité au Maroc et constitue une étape importante sur la voie de la libéralisation des prix.
Le cadre actuel de libéralisation de l’électricité repose sur la loi 82-21 sur l’autoproduction, adoptée en 2023 mais restée longtemps inapplicable faute de ses décrets clés. Il redéfinit l’architecture générale du système tarifaire et met en avant le principe d’un prix de l’électricité reflétant son coût réel, tout en prévoyant plusieurs mécanismes de protection.
En 2026, les perspectives d’évolution portent surtout sur la consolidation de ce cadre et sur la clarification des règles économiques qui doivent accompagner la libéralisation. Les travaux en cours au niveau des parties prenantes visent à compléter les dispositifs existants, à préciser les conditions d’accès au réseau et à ajuster la tarification de l’électricité dans une logique de transition progressive.
Grands chantiers d’infrastructure
En 2026, les grands chantiers d’infrastructure, qu’ils soient liés au sport, au transport ou à l’accessibilité du territoire, entrent dans une phase active d’exécution. L’année se caractérise par l’avancement concret des projets déjà engagés, plutôt que par des inaugurations, avec des travaux qui progressent sur le terrain dans plusieurs régions du pays.
Le programme de préparation au Mondial 2030 continuera de constituer un moteur majeur d’investissements. Dans le même esprit, les stades existants dans plusieurs villes (Tanger, Marrakech, Agadir, Casablanca, etc.) poursuivent leurs mises à niveau.
Ces chantiers concernent à la fois les infrastructures sportives, les accès, la sécurité et la capacité d’accueil. La loi de finances 2026 prévoit des enveloppes budgétaires dédiées à la poursuite de ces programmes de modernisation afin de préparer la deuxième phase des travaux, qui interviendra après la CAN 2025 en vue de la mise aux normes FIFA pour 2030.
La future ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech entre dans une phase opérationnelle de préparation et de réalisation.
Du côté des infrastructures aéroportuaires, 2026 marque également une année d’avancement et de préparation des grands projets d’extension. Les travaux liés à l’augmentation des capacités de plusieurs aéroports, notamment Casablanca et Rabat-Salé, progresseront tout au long de l’année.
CAN 2025 et Coupe du monde 2026
Sur le plan strictement sportif, deux grands rendez-vous mondiaux rythmeront l’année. D’abord, la CAN 2025 organisée au Maroc, dont la finale est prévue le 18 janvier 2026 à Rabat.
Cet événement constitue à la fois un test grandeur nature pour les infrastructures mises à niveau et un moment sportif majeur pour la sélection nationale, le Maroc visant à remporter la CAN à domicile, un titre qui lui échappe depuis 1976.
Ensuite, la Coupe du monde 2026, organisée du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, concernera le Maroc en tant que participant, dans un contexte où le football marocain réalise d’excellentes performances récentes, avec une présence dans le Top du classement mondial de la FIFA et une 4e place historique obtenue lors du Mondial 2022 au Qatar.
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Badr Elhamzaoui
Le 4 janvier 2026 à 15h39
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