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DROIT

Les avocats en grève jeudi et vendredi

Les avocats annoncent deux jours successifs de grève, les 8 et 9 janvier 2026. Une décision qui va paralyser les tribunaux du Royaume.

Avocats vs Ouahbi : les robes noires optent pour l’ecalade
Avocats vs Ouahbi : les robes noires optent pour l’ecalade
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Le 7 janvier 2026 à 17h30 | Modifié 7 janvier 2026 à 17h41

Après une première journée de grève observée le 6 janvier dernier, l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) annonce deux nouvelles journées de grèves successives, prévues les 8 et 9 janvier 2026. Ces actions paralyseront l’ensemble des tribunaux du Royaume durant deux jours supplémentaires.

Les avocats entendent ainsi marquer leur rejet du projet de loi encadrant leur profession, élaboré par le ministère de la Justice.

Le texte doit être examiné en Conseil de gouvernement ce jeudi 8 janvier. Un calendrier jugé précipité par les avocats, qui répliquent en programmant ces deux nouvelles journées de protestation. Celles-ci se traduiront par :

  • l’arrêt total des prestations de services professionnels durant les journées des 8 et 9 janvier 2026 ;
  • la suspension temporaire des missions officielles des avocats stagiaires durant ces deux journées.

Un sit-in à venir

Par ailleurs, l’Association des barreaux du Maroc annonce l’organisation prochaine d’un sit-in national. Elle prévoit également d’autres formes de protestation progressives, en fonction de l’évolution du texte contesté dans son parcours législatif.

La journée de grève du 6 janvier a déjà entraîné le report de dossiers dans les tribunaux. Les prochains jours vont, eux aussi, paralyser les juridictions. Une situation qui rappelle des épisodes similaires ayant parfois donné lieu à des tensions au sein même de la profession, notamment entre les avocats refusant de se conformer au boycott des audiences et ceux souhaitant appliquer strictement les consignes du barreau.

Si la colère des avocats s’exprime de nouveau, elle trouve son origine dans leur rejet d’un texte qu’ils estiment profondément remanié par rapport à la version validée par la profession. Ces modifications sont intervenues, selon les robes noires, après plusieurs cycles de concertation entre l’Association et le département de la Justice, dirigé par leur ancien confrère, Abdellatif Ouahbi.

Menace de démission collective

Dans une déclaration accordée à nos confrères d’Anfaspresse, le président de l’Association des barreaux du Maroc explique que les deux parties travaillaient sur plusieurs textes dans un cadre de collaboration fondé sur des engagements réciproques. D’un côté, les avocats s’engageaient à ne pas divulguer le contenu des discussions afin d’en garantir le bon déroulement. De l’autre, le ministère promettait de soumettre la version finale du texte à la profession. Un engagement qui, selon l’Association, n’a pas été respecté.

À la place, les avocats disent avoir découvert avec stupeur la mouture finale du projet de loi sur la profession, laquelle ne correspondrait pas aux points d’accord conclus lors des discussions. Des ajouts et des suppressions de dispositions donnent, selon eux, l’impression que le texte ne vise plus à encadrer une profession essentielle, mais relègue l’avocat à une fonction secondaire, voire accessoire, dans la société.

Bien que l’Association n’ait pas encore tenu la conférence de presse annoncée le 3 janvier pour détailler l’ensemble de ses griefs, l’un des points particulièrement contestés concerne le statut des avocats stagiaires. Le projet soumet leur situation à la supervision du ministère de la Justice, ce qui porte atteinte au principe d’indépendance de la profession.

Toujours auprès d’Anfaspresse, le président de l’Association indique que les bâtonniers membres de l’ABAM se disent prêts à démissionner collectivement de leurs fonctions pour protester contre un texte qui, selon leurs termes, "ne les concerne pas", mais affecte directement les droits des justiciables.

À ses yeux, chaque citoyen doit pouvoir bénéficier d’une défense forte et indépendante, garante de l’équilibre des forces face au parquet. Affaiblir la défense porte d’abord préjudice au justiciable, avant d’en porter à la profession elle-même, laquelle affirme ne revendiquer aucun privilège, mais uniquement des garanties.

Plusieurs points de discorde

Selon les informations recueillies par nos soins, un autre point suscite l’inquiétude des avocats. Il s’agit de la possibilité offerte aux avocats marocains de s’associer à des avocats étrangers, sans que cette ouverture ne repose sur un principe de réciprocité.

Le projet de loi prévoit également qu’un avocat non marocain, exerçant dans un pays lié au Maroc par un accord bilatéral, puisse pratiquer la profession sur le territoire national. Pour les robes noires, ce dispositif manque de garde-fous. Au-delà de la réciprocité entre États, tout avocat étranger devrait, selon eux, satisfaire aux critères requis pour exercer au Maroc.

Autre disposition vivement contestée : l’obligation de régler tout honoraire supérieur à 10.000 DH par chèque ou par voie électronique. La profession rejette cette mesure, rappelant que de nombreux clients ne disposent pas de comptes bancaires et qu’il serait impossible de leur imposer un mode de paiement déterminé.

Quoi qu’il en soit, ces dispositions restent à ce stade à l’état de projet. Elles doivent encore être adoptées en Conseil de gouvernement, puis débattues et votées au Parlement. D’ici là, un retour au dialogue entre le département de Abdellatif Ouahbi et ses anciens confrères demeure possible. Affaire à suivre…

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Le 7 janvier 2026 à 17h30

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