Pourquoi la réussite de la CAN 2025 a suscité des crispations
EDITO. Ce dimanche 18 janvier est jour de finale. D’ores et déjà, les premiers enseignements de cette Coupe d’Afrique des Nations peuvent être tirés.
Algérie, Egypte, Afrique du sud, Sénégal (*) : quatre pays participant à la CAN ont mis en cause, à des degrés divers, la qualité de l’organisation de la CAN 2025 qui se déroule au Maroc.
Les accusations, dans le cas du pays voisin, sont allées très loin, évoquant la manipulation d’arbitres pour faire éliminer l’Algérie.
Ces accusations fallacieuses et parfois très agressives et insultantes, ne sont pas un simple épisode de polémiques sportives. Il s’agit d’un phénomène politique, symbolique et médiatique très large.
Le Maroc n’est pas un simple pays hôte. Il donne l’exemple ; prend l’initiative ; devient un modèle ; gagne ; impose des standards, crée la norme en matière d’infrastructure, d’organisation, d’image, de stratégie et de CAN.
Le Maroc devient une puissance sportive. La demi-finale du Qatar n’est pas un hasard. Le Maroc est par exemple champion du monde des U20 et champion du monde arabe. En 2025, il a collectionné les titres dans le football international.
Dans le football africain, le leadership n’est pas encore banalisé. Lorsqu’il devient visible à l’issue d’un travail permanent depuis 2008, il est parfois perçu comme une menace plutôt qu’un moteur collectif. Car le succès marocain dépasse le cadre sportif.
Dans les compétitions footballistiques, l’arbitrage est souvent le refuge des échecs. Accuser l’arbitre est un classique. Mais ici, c’est le Maroc qui est mis en cause. Le Maroc comme acteur politique et sportif, régional et international.
C’est cette mécanique qui permet à un pays (l’Algérie) ainsi qu’aux coachs égyptien et sénégalais d’éviter la critique et l’autocritique. C’est une sorte de populisme sportif. L’élimination crée une posture victimaire. L’entraîneur du Sénégal a surfé sur cette vague pour parasiter la fête et se donner à l’avance des arguments en cas de défaite.

La réussite marocaine brise un imaginaire ancien et crée une dissonance cognitive.
Le système qui dirige l’Algérie raconte aux Algériens depuis deux générations, que leur pays est le leader du tiers monde et de l’Afrique. Qu’il constitue une puissance internationale. Que le Maroc est un petit pays qui utilise Photoshop et l’IA pour montrer de faux stades et de fausses réalisations.
De même, jusqu’au Qatar 2022, le football africain était considéré à la traîne malgré quelques étincelles de temps en temps.
L’Afrique footballistique, selon ce narratif, était racontée ainsi : des infrastructures moyennes, une organisation fragile, un football qui ne doit ses résultats qu’à des individualités.
Cette CAN montre des stades de classe mondiale, une logistique fluide, une retransmission télévisée premium, un afflux économique et touristique, une CAN qui se déroule dans la joie, la fête et la sécurité.
Quand la réalité contredit un imaginaire, il y a ce qu’on appelle une dissonance cognitive. La réaction n’est pas toujours rationnelle. Elle devient émotionnelle.
La réussite de cette CAN historique, la perspective d’un triomphe marocain en finale, confirment un leadership marocain dans le domaine sportif et du soft power. Triomphe et gloire dérangent. C’est la consécration du Maroc qui est ciblée.
La hiérarchie africaine continue à se recomposer, dans le football et ailleurs. Le football africain est en transition vers une culture d’anticipation, de stratégies à long terme, d’infrastructures de haut niveau, de culture de la vraie performance. Ça se passe au Maroc.
Voici pourquoi la réussite sportive et organisationnelle de la CAN (et du Maroc) crée autant de crispations. Il y a ceux qui participent à la fête et qui en tirent les leçons pour s’améliorer. Il y a ceux qui veulent gâcher la fête.
Le football aujourd’hui change le monde d’une manière positive. Il est l’exemple même du soft power. Les réussites du Maroc renforcent son image, attirent des touristes, augmentent la confiance des investisseurs étrangers, et accroissent la crédibilité des institutions.
La capacité d’organisation et d’exécution qu’a montrée le Maroc, dans des délais records et sans sacrifier la qualité; la forte crédibilisation du royaume pour le Mondial 2030 ; ce sont deux conclusions indiscutables de cette CAN 2025. La marque Maroc n’a jamais autant brillé dans le monde. Dans le cadre du Mondial 2030, le Maroc est d’abord le leader de tout le continent et à ce titre, il est en droit d’accueillir la finale dans le futur stade Hassan II.
C’est pour cela qu’il faut considérer les critiques comme du bruit et un effet collatéral du succès.
Les polémiques passeront. Les images, les stades, l’organisation et la joie partagée resteront.
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Nota: Cet article a été rédigé et publié avant la finale de la CAN. Les événements déplorables qui ont entaché cette finale confirment notre analyse.
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