Le mois de janvier 2026 renoue avec la neige et le froid au Maroc
Alors que les années 2024 et 2025 s'illustraient par des températures record, le mois de janvier 2026 signe le retour d'un hiver typique. Une configuration météorologique inédite a déclenché des chutes de neige record, couvrant les montagnes de l'Atlas et atteignant des régions où elle est habituellement rare.
La transition entre 2025 et 2026 a été marquée par une couverture neigeuse exceptionnelle, accompagnée de précipitations intenses à travers tout le Royaume.
Entre le vendredi 16 et le dimanche 18 janvier, d'importantes chutes de neige ont touché plusieurs reliefs, provoquant des coupures de route, y compris dans des zones rarement enneigées comme le Jbel Ghorghiz, près de Tétouan.
Cette embellie climatique favorise les perspectives d'une bonne campagne agricole et redresse la situation hydrique : le volume stocké dans les barrages dépasse désormais les 8 milliards de mètres cubes, un niveau inédit depuis 2021.
Par ailleurs, ce manteau neigeux revêt une importance stratégique pour la recharge des nappes souterraines, lourdement impactées par sept années consécutives de sécheresse.
Évolution de la surface neigeuse du Maroc
Comparée à l'année précédente, la surface enneigée sur les reliefs de l'Atlas a considérablement augmenté, alors que janvier 2025 avait connu des jours de neige limités.
Avec un record de superficie atteint le 19 janvier et qui a couvert particulièrement le Moyen Atlas, l'imagerie satellite confirme qu'en 2026, la superficie est non seulement plus vaste de plus de 50 %, mais qu'elle s'inscrit aussi dans la durée.
Géographiquement, la neige s'est installée depuis décembre 2025 sur l'Atlas central et le Moyen Atlas, couvrant une zone allant de Talsint (Est) à Imintanoute (Ouest).


Sous l'effet de la tempête Francis, la surface couverte a d'abord bondi à 54.084 km². Après une première fonte ramenant ce chiffre à 41.446 km², l'enneigement oscille désormais autour de 25.000 km², soit une taille comparable à celle du Rwanda. À la suite des récentes intempéries, plusieurs sommets de l'Anti-Atlas ont également été recouverts de neige. C'est le cas des montagnes aux environs de Tafraout, près de Tiznit, et, plus à l'est, près de Boumalne Dadès et dans les sommets avoisinant Kalaat M'Gouna.
À l'image des barrages, dont les capacités ont atteint un taux de remplissage record, les superficies enneigées ont également atteint un maximum jamais enregistré depuis la saison 2020-2021.
Explications de la vague de froid actuelle au Maroc
Selon les données de la plateforme des données climatiques de Copernicus, l'année 2025 se classe comme la troisième année la plus chaude jamais enregistrée, juste derrière 2024.
Paradoxalement, ce début janvier 2026 confronte l'hémisphère Nord à une vague de froid extrême. L'Europe est frappée par des températures glaciales, tandis que l'Extrême-Orient russe subit des conditions historiques, dans la péninsule du Kamtchatka, où des chutes de neige "apocalyptiques" ont enseveli des bâtiments entiers, une intensité inédite depuis 60 ans.
Les scientifiques attribuent ces anomalies à une déstabilisation du vortex polaire arctique. Perturbé par le changement climatique, ce réservoir d'air froid, qui reste habituellement confiné au pôle Nord, se fragmente et descend vers les latitudes moyennes, impactant sévèrement l'Europe et jusqu'au sud de la Méditerranée.

Au Maroc, le mois de décembre 2025 a connu des températures inférieures aux normales de saison. Sur l'ensemble du pays, les températures enregistrées se sont situées en dessous de la moyenne mensuelle de la période de référence 1975-2025. Les anomalies les plus marquées, comprises entre -2 °C et -5 °C, ont été observées dans les régions du centre et du sud du pays.

Cette tendance froide s'est poursuivie début 2026. Ce 17 janvier, les relevés de température dans les régions du nord, du centre et de l'oriental affichaient toujours une anomalie négative, cette fois-ci de -2 °C par rapport à la moyenne de la période 2023-2025.
Comparée aux hivers récents, la saison 2025-2026 marque un retour remarqué aux conditions hivernales
L'analyse des données satellitaires pour les premières semaines de janvier 2026 confirme cette tendance au refroidissement. Les températures diurnes de surface ne dépassent pas 20 °C dans le Sahara marocain, tandis que les zones du Nord et du Nord-Ouest affichent des moyennes comprises entre 10 et 15 °C. L'Oriental et le Rif enregistrent des valeurs entre 0 et 5 °C.
Sur la chaîne de l'Atlas, le gel est permanent avec des températures inférieures à 0 °C, atteignant des extrêmes de -16 à -21 °C en haute altitude.

Durant la même période, les températures nocturnes marquent un net refroidissement : elles dépassent rarement 15 °C dans le Sahara et oscillent entre 0 et 5 °C sur les zones côtières au nord d’Agadir. Dans l'Oriental et le Rif, le mercure avoisine ou descend sous les 0 °C. Les sommets atlasiques enregistrent quant à eux des minimas glaciaux, compris entre -15 et -26 °C.

En 2024, l'examen des sols révélait des températures anormalement élevées pour la saison, avec des minima ne descendant pas sous les 6 °C en haute altitude et des moyennes de 15 à 25 °C dans le Centre et le Sud. L'année 2025 avait marqué un timide retour à la normale, malgré des anomalies chaudes ponctuelles, notamment en février et janvier (pic de 25,7 °C à Casablanca et de 25,8 °C à Rabat le 21 janvier 2025).
Le début d'année 2026 semble ainsi marquer un retour à des conditions hivernales plus normales. Toutefois, la position géographique du Maroc le rend particulièrement vulnérable aux événements climatiques extrêmes, dont la fréquence et l'intensité sont accentuées par le changement climatique. Cette vulnérabilité rend nécessaire une vigilance constante et une adaptation progressive de nos territoires face aux différents aléas.
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