img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Économie marocaine. Comment s’annonce l’année 2026

Selon les données disponibles, l’économie marocaine aborde 2026 dans un environnement apaisé. La trajectoire attendue repose sur un redressement agricole et sur la poursuite de l’effort budgétaire public, tandis que les échanges extérieurs pourraient limiter l’ampleur de la reprise.

Comment s’annonce l’année 2026 ?
La ville de Casablanca, capitale économique du Maroc.
Par
Le 26 janvier 2026 à 17h28 | Modifié 26 janvier 2026 à 18h13

L’exercice 2026 s’annonce dans un contexte où la prudence s’impose. L’environnement international reste instable et les tensions géopolitiques persistent, notamment autour du Groenland et au Moyen-Orient, entre les États-Unis et l’Iran.

Dès lors, l’approche retenue ici ne consiste pas à produire une prévision ferme, mais à examiner méthodiquement les conditions économiques observables à ce stade, à partir des données officielles disponibles, afin d’en dégager le scénario le plus probable.

Inflation et pouvoir d'achat

Sur le front des prix, l’élément central est désormais la désinflation. Après le choc inflationniste des années 2022 et 2023, le régime de prix a clairement changé. En 2024, l’inflation moyenne s’est établie à 0,9%, puis autour de 0,8% en 2025.

Cela ne veut pas dire que la question du coût de la vie est réglée, car l’inflation est cumulative et les niveaux de prix atteints restent élevés. Mais cela signifie que la pression additionnelle sur le pouvoir d’achat s’est largement dissipée. À ce stade, sauf choc externe majeur sur l’énergie ou les matières premières, l’inflation moyenne pourrait rester contenue en 2026, généralement en dessous de 2%.

Cette configuration serait renforcée par les perspectives sur le marché pétrolier, les projections indiquant un baril autour de 59 à 60 dollars. Une telle trajectoire contribuerait à limiter les coûts de transport et les charges énergétiques, réduisant ainsi les pressions indirectes sur les prix à la consommation, tant du côté des biens alimentaires que des produits non alimentaires.

Les perspectives sur les prix alimentaires vont globalement dans le sens d’un apaisement, mais elles restent entourées de nuances importantes. Les précipitations enregistrées devraient contribuer à une détente des prix des produits alimentaires, qui représentent près de 40% du panier de l’indice des prix à la consommation.

Toutefois, la consolidation réelle de la campagne dépendra largement des précipitations en mars et avril, déterminantes pour les cultures de printemps et pour le maraîchage, dont l’impact sur l’offre alimentaire est direct et rapide.

Dans une économie où l’agriculture est largement informelle, les prix à la production sont en principe plus flexibles et plus sensibles aux conditions d’offre. Cette flexibilité ne se transmet cependant pas toujours intégralement aux prix à la consommation, en raison de rigidités persistantes liées aux circuits de distribution et au rôle des intermédiaires.

Autrement dit, même si l’amélioration de l’offre agricole se confirmait, la détente des prix pourrait rester partielle du point de vue du consommateur final, limitant ainsi l’effet immédiat sur le pouvoir d’achat.

Par ailleurs, le pouvoir d’achat des ménages ne serait plus contraint par l’inflation, mais par l’absence d’impulsions positives fortes sur les revenus. À ce stade, aucune nouvelle mesure générale de revalorisation des salaires n’est explicitement annoncée pour 2026, en dehors des mécanismes déjà actés, notamment la revalorisation du SMIG et du SMAG.

L’amélioration du pouvoir d’achat reposerait donc essentiellement sur la stabilité des prix et sur les revenus agricoles, plutôt que sur des transferts ou des hausses salariales généralisées.

Les enquêtes de conjoncture montrent d’ailleurs que, malgré une légère amélioration de la confiance, une large majorité de ménages continue de juger la conjoncture peu favorable aux achats importants, ce qui suggère une consommation prudente, orientée vers l’essentiel.

Croissance et emploi

Selon le HCP, la valeur ajoutée agricole pourrait progresser d’environ 10,4% en 2026, sous l’effet de conditions climatiques plus favorables.

Étant donné que l’agriculture représente près de 10% du PIB, une progression de l’ordre de 10,4% de sa valeur ajoutée pourrait contribuer à plus d’un point de pourcentage à la croissance globale en 2026. À l’inverse, selon le HCP, la valeur ajoutée hors agriculture devrait progresser seulement de 4,3% en 2026, après une croissance estimée à 4,5% en 2025.

Cette configuration a des implications directes sur l’emploi. L’agriculture capte près de 24% de la population active. Une bonne campagne se traduit généralement par une reprise de l’emploi agricole, en grande partie non rémunéré, notamment au premier et au troisième trimestre, compte tenu du caractère cyclique de l’activité agricole.

Cela pourrait mécaniquement réduire le chômage, dans la mesure où les destructions d’emplois observées lors des mauvaises campagnes concernaient principalement ces emplois agricoles. Mais cette amélioration resterait conjoncturelle et pourrait s’accompagner d’une aggravation du sous-emploi, qui touche déjà une part importante des actifs.

Finances publiques et échanges extérieurs

La politique budgétaire resterait un pilier de l’activité. L’orientation expansionniste devrait se poursuivre, portée par des investissements en infrastructures dont l’exécution s’étale sur plusieurs années. Les réformes fiscales, notamment celle de la retenue à la source, devraient continuer à soutenir les recettes, mais la dynamique des dépenses resterait plus rapide.

La prise en compte des recettes issues des financements innovants permettrait un ajustement du déficit aux objectifs fixés par le MEF, financé par un mix d’endettement intérieur et extérieur.

Par ailleurs, les échanges extérieurs continueraient, pour leur part, de constituer un point de fragilité. La contribution de la demande extérieure nette devrait se détériorer, sous l’effet d’une progression soutenue des importations.

Cette dynamique s’expliquerait par la baisse continue des prix à l’importation, conjuguée à une demande intérieure encore vigoureuse en intrants et en biens intermédiaires, nécessaires aux processus d’investissement. À cet égard, le HCP estime que l’investissement brut devrait afficher une croissance de 9,8% en 2026, maintenant une pression élevée sur les importations.

Le ralentissement observé des exportations ne s’explique pas uniquement par un effet prix, mais aussi par un effet volume marqué, notamment dans l’automobile.

Le recul des exportations de véhicules thermiques s’inscrit dans une tendance structurelle liée à la montée de l’électrique et à l’évolution de la demande européenne, principal débouché du Maroc. Les chiffres d’immatriculation dans l’Union européenne confirment que cette transition est structurelle. À noter que les exportations automobiles pèsent plus d’un tiers des exportations totales du pays, soit 34,6% en 2024.

Les exportations du secteur textile devraient également continuer d’évoluer dans un environnement difficile, sous l’effet d’une concurrence chinoise accrue sur le marché européen.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 26 janvier 2026 à 17h28

à lire aussi

Échanges extérieurs : hausse des importations des biens d’équipement de 10,2 MMDH à fin mars 2026 par rapport à 2025
ECONOMIE

Article : Échanges extérieurs : hausse des importations des biens d’équipement de 10,2 MMDH à fin mars 2026 par rapport à 2025

À fin mars 2026, les échanges extérieurs du Maroc ont été marqués par une hausse des importations de biens d’équipement de 10,2 milliards de DH par rapport à fin mars 2025, tandis que les exportations du secteur automobile ont progressé de 12,1%. Détails.

IDE : les recettes reculent de 13,1% par rapport à fin mars 2025
ECONOMIE

Article : IDE : les recettes reculent de 13,1% par rapport à fin mars 2025

DATA. À fin mars 2026, les recettes IDE se sont établies à 12,12 MMDH, en baisse de 13,1% par rapport à fin mars 2025.

Mondial 2026 : Youssef Amrani visite les stades où jouera le Maroc
Quoi de neuf

Article : Mondial 2026 : Youssef Amrani visite les stades où jouera le Maroc

L’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, a effectué une tournée diplomatique en Géorgie et dans le Massachusetts. Entre préparatifs de la Coupe du monde de football 2026 et renforcement des alliances économiques, cette visite marque une nouvelle étape dans la "diplomatie de proximité" entre Rabat et les grandes métropoles américaines.

Sahara marocain : l’Allemagne réaffirme son soutien à l’initiative d’autonomie et la juge “sérieuse et crédible”
DIPLOMATIE

Article : Sahara marocain : l’Allemagne réaffirme son soutien à l’initiative d’autonomie et la juge “sérieuse et crédible”

À l’issue du dialogue stratégique Maroc-Allemagne tenu à Rabat, Berlin a réaffirmé son soutien à l’Initiative marocaine d’autonomie, jugée "sérieuse et crédible" pour le règlement du dossier du Sahara, estimant qu’une "véritable autonomie sous souveraineté marocaine" constitue l’option la plus réaliste, tout en annonçant son engagement à agir en cohérence sur les plans diplomatique et économique.

Hydrogène vert : l'écart entre ambition et exécution des projets en débat à Fès
Energie

Article : Hydrogène vert : l'écart entre ambition et exécution des projets en débat à Fès

À l'Université Euromed de Fès, le cluster marocain de l'hydrogène vert (Green H2) a réuni experts, industriels et académiques autour des enjeux et défis de la filière, avec un focus sur ses deux produits stratégiques que sont le méthanol et l'ammoniac verts.

Recettes voyages : hausse de 23,5% à fin mars 2026
ECONOMIE

Article : Recettes voyages : hausse de 23,5% à fin mars 2026

Les recettes voyages ont atteint 31 MMDH à fin mars 2026, en hausse de 23,5% sur un an, selon les données provisoires de l’Office des changes.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité