Le forum économique Maroc-Sénégal s’est tenu le 27 janvier à Casablanca, réunissant responsables institutionnels et chefs d’entreprises des deux pays autour des perspectives de renforcement de la coopération économique bilatérale. Détails.
Par
Badr Elhamzaoui
Le 27 janvier 2026 à 15h59
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Modifié 27 janvier 2026 à
16h22
La rencontre s’inscrit dans un contexte de montée en puissance des relations économiques entre Rabat et Dakar, portée par une présence marocaine de plus en plus affirmée au Sénégal dans plusieurs secteurs, et par les ambitions de transformation économique affichées par les deux pays. Cela étant, elle intervient également dans un moment sensible après les débordements qui ont affecté la finale de la CAN 2025 entre les deux pays.
Renforcer et accélérer la coopération économique
Lors de son intervention, Chakib Alj, président de la CGEM a déclaré que la relation entre le Maroc et le Sénégal repose sur un socle politique et humain solide, qui s’est traduit par un partenariat économique significatif. "Le Maroc et le Sénégal ont une relation de longue date, fondée sur la confiance, le respect, et une réelle proximité humaine, politique, sociale, culturelle et religieuse".
"Les exportations marocaines vers le Sénégal ont dépassé 4 milliards de DH en 2024, tandis que les importations marocaines ont plus que doublé pour atteindre près de 600 millions de DH".
Selon lui, cette trajectoire confirme l’existence d’un partenariat gagnant-gagnant, tout en appelant à une diversification plus poussée des échanges et à un renforcement des co-investissements.
"Les opérateurs économiques marocains sont prêts à investir plus, en partenariat avec les entreprises locales et dans un esprit de win-win. Le Groupe d’impulsion économique Maroc-Sénégal a un rôle clé à jouer dans ce sens. Il doit être un outil d’accélération, pour passer plus rapidement de l’intention à l’action, identifier des projets concrets, lever les obstacles et accélérer le déploiement des investissements", a souligné Chakib Alj.
Dynamique des investissements marocains au Sénégal
Selon Bakary Sega Bathily, directeur général de l’APIX, les IDE marocains représentent un levier de croissance au Sénégal. "36 projets marocains ont été agréés au Sénégal entre 2010 et 2025, pour un montant cumulé d’environ 320 millions de dollars, donnant lieu à la création de près de 1.900 emplois", a-t-il indiqué.
"Ces investissements concernent principalement les infrastructures portuaires, l’agro-industrie, l’aviculture et les matériaux de construction".
Dans le même sens, Pierre Goudiaby Atepa, président du Club des investisseurs du Sénégal, a insisté sur le climat de confiance qui caractérise l’accueil des investisseurs marocains au Sénégal. "Les entreprises marocaines évoluent au Sénégal comme chez elles, soulignant la proximité des relations économiques et la volonté des autorités sénégalaises de créer un environnement favorable aux investissements étrangers, en particulier ceux en provenance du Maroc. Cette déclaration s’inscrit dans une logique de continuité politique visant à rassurer les opérateurs économiques et à encourager de nouveaux projets.
La dynamique macroéconomique du Sénégal a également été mise en avant par Pierre Goudiaby Atepa. "Le Sénégal affiche une dynamique de croissance soutenue avec un taux de croissance de 7,8% en 2025, reflétant une expansion rapide de l'économie au cours de la dernière décennie. Cette trajectoire s’accompagne d’une inflation contenue, projetée à environ 1,2% en 2025".
Par ailleurs, le président du patronat sénégalais a tenu à rassurer les opérateurs marocains sur leur place au Sénégal, en mettant en avant un climat de confiance durable. "Les entreprises marocaines qui investissent au Sénégal font partie intégrante de notre écosystème économique et elles opèrent comme chez elles, dans un esprit de partenariat, de respect mutuel et de confiance réciproque", a-t-il souligné.
"L’accès à une énergie compétitive est une condition essentielle pour le développement industriel. Nous sommes en discussion avec l’État sénégalais afin de négocier des conditions énergétiques plus favorables, permettant aux investisseurs de déployer leurs projets dans de bonnes conditions, avec une visibilité à moyen et long terme", a conclu Pierre Goudiaby Atepa.
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