Affaire Abderrahim Bendaou : ce que l’on sait
Instruction, gel de l’adhésion au PAM, retrait du passeport… Voici ce que l’on sait de l’affaire Abderrahim Bendaou, dirigeant de Prolainat et député.
L’affaire Abderrahim Bendaou s’impose dans l’actualité depuis la soirée du mercredi 4 février. Le nom du député PAM de la circonscription de Nouaceur se retrouve associé à un dossier judiciaire en cours, avec des conséquences politiques immédiates.
Gel de son adhésion au PAM, instruction judiciaire et restrictions de déplacement : plusieurs éléments se confirment, tandis que d’autres restent entourés de zones d’ombre. Ce que l’on sait à ce stade permet toutefois de poser un cadre précis aux faits.
Une affaire judiciaire en cours
Depuis la soirée du mercredi 4 février, une information circule autour de Abderrahim Bendaou, selon laquelle il fait l’objet d’une interdiction de quitter le territoire dans le cadre d’une enquête pour mise en vente, import et export de produits dangereux. Et ce, à travers sa société de produits laitiers.
Pour l’heure, les contours de l’affaire n’ont pas encore été déterminés, ni par des sources judiciaires ni par l’intéressé lui-même. Ce qui est sûr, c’est que Abderrahim Bendaou est bien visé par une affaire judiciaire dont la gravité l’a conduit à geler son adhésion au PAM.
Abderrahim Bendaou est un député, mais aussi un homme d’affaires connu. Il est le fondateur et l’actionnaire majoritaire de la société Prolainat qui opère dans la fabrication et la transformation de produits laitiers. La société est une filiale du groupe Copralim et détient plusieurs marques, dont “Or Blanc”, “Kaiser” et “Coprima”.
Créée en 1999, Prolainat dispose d’un capital social de 125 MDH. L’actionnariat, principalement composé de la famille Bendaou, a augmenté ce capital en octobre dernier.
Distance avec le PAM
Contacté par nos soins, Abderrahim Bendaou n’a pas donné suite à nos sollicitations. En revanche, plusieurs sources au sein du PAM confirment son éloignement du parti.
Par ailleurs, dans un communiqué de l’intéressé, consulté par Médias24, il est précisé que :
- il s’agit d’une affaire commerciale ;
- les faits visés par l’instruction judiciaire n’ont aucun lien, direct ou indirect, avec sa fonction de député ni avec le parti du PAM ;
- pour éviter toute confusion, il gèle son adhésion au PAM de manière temporaire. Elle reste conditionnée à l’issue de la procédure judiciaire en cours.
Cela dit, s’il fait bien l’objet d’une instruction et d’une interdiction de quitter le territoiire, c’est que l’affaire en question ne relève pas du commercial, mais plutôt du pénal.
Le nom Bendaou déjà cité
Le nom de Abderrahim Bendaou était déjà apparu en septembre 2024. Cela s’était produit peu avant le limogeage de Salaheddine Aboulghali, alors membre de la direction collégiale du PAM.
À l’époque, l’affaire avait éclaté après le dépôt d’une plainte par Abderrahim Bendaou contre Salaheddine Aboulghali. Ce dernier avait réfuté l’existence de toute plainte pénale. Il avait surtout expliqué que le différend concernait son frère, Abdessamad.
Le dossier s’était ensuite tassé. Le départ de Salaheddine Aboulghali de la direction du parti avait contribué à éteindre la polémique. Le nom de Abderrahim Bendaou avait alors disparu de l’actualité.
Il n’a refait surface qu’en mai 2025, à l’occasion d’une autre procédure. Saïd Naciri était auditionné par la section des crimes financiers de la cour d’appel de Casablanca, interrogé sur des flux financiers jugés douteux par la justice.
Lors de cette audition, Saïd Naciri déclarait avoir collecté des sommes d’argent en 2014. Ces fonds provenaient d’amis qui soutenaient sa candidature à la présidence du Wydad. Parmi eux figurait Abderrahim Bendaou. Ce dernier lui aurait remis 250.000 DH.
Le parlementaire n’a joué aucun rôle dans cette affaire. Son intervention s'est limitée à cette contribution financière, telle que rapportée par l’ex-cadre du PAM lors de l’audition.
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