Sur les traces d'Aya, Steadright mise sur des projets miniers prêts à produire
Alors qu'Aya Gold & Silver a tracé la voie du succès pour les juniors canadiens au Maroc, Steadright entend mettre à profit cette dynamique. Son approche se démarque néanmoins par une focalisation sur des actifs miniers à un stade avancé, permettant une entrée en production accélérée.
Nouvellement installée au Maroc en 2025, la société canadienne Steadright détient aujourd'hui un portefeuille de quatre projets de métaux stratégiques centrés sur au moins cinq métaux stratégiques (le titane, le cuivre, l'argent, le plomb et le zinc), qui connaissent une pression inéquivoque sur les marchés internationaux.
Dans un échange avec la plateforme canadienne spécialisée dans les investissements miniers The Deep Dive, Matt Lewis, CEO de la compagnie Steadright, a présenté son programme pour un développement accéléré de ses actifs miniers.
Inspirée par le parcours d'Aya Gold & Silver, qui a dépassé une capitalisation boursière de 3 milliards de dollars, Steadright marche dans les pas de son homologue canadienne avec l'ambition ferme de rééditer ce succès en se concentrant sur le potentiel minier marocain.
Contrairement aux autres sociétés de développement minier, qui nécessitent entre cinq et dix ans, voire plus, avant de générer des revenus, Steadright produira ses premiers revenus dès sa deuxième année de présence au Maroc.
Titane de Cap Juby : une entrée en exploitation attendue au T3-2026
En tête de liste, le projet d'exploitation de titane à partir des sables noirs de Cap Juby, entre Tan-Tan et Tarfaya. Le projet couvre 12 permis d’exploration, soit une superficie totale de 192 km².
La minière canadienne attend actuellement le feu vert de l’administration des mines pour l’obtention d’une licence d’exploitation au deuxième trimestre 2026. Celle-ci devrait ouvrir la voie à une exploitation des ressources à partir du troisième trimestre.
La méthode d'exploitation envisagée consistera à extraire le sable et à l'acheminer vers une usine de traitement avoisinante, qui assurera la séparation mécanique du minerai. Dans une première phase, cela permettra de produire 15.000 tonnes de titane, avant une montée en puissance qui conduira à une production annuelle de 30.000 t.
L’évaluation des ressources en titane a été finalisée, et plusieurs parties prenantes, notamment des entreprises chinoises, se montrent déjà intéressées par des contrats d’achat ferme ou des mécanismes de préfinancement, dans une logique d’approvisionnement à long terme.
Classé parmi les minerais critiques par les États-Unis, ce sable noir entre dans la composition de nombreux produits de l’industrie chimique. Sa valeur stratégique est également portée par une forte demande émanant des secteurs de la défense et de l’aéronautique, dominés par la Chine, premier producteur et consommateur mondial de concentrés de titane.
D’une importance majeure, ce projet minier permettrait une exploitation du titane pour la première fois au Maroc. Il confère ainsi au Royaume une position stratégique pour un minerai de plus en plus convoité, notamment par les grandes puissances.
Mine de Goundafa : exploitation des stocks historiques avant fin mars 2026
Implantée près de Talat N’Yacoub, dans la province du Haouz, Steadright pilote la réouverture de l’ancienne mine de Goundafa, fermée depuis 1956.
À l’instar du projet Boumadine d’Aya Gold and Silver, Steadright mise sur la commercialisation des stocks historiques de concentré laissés par l’ancien opérateur. Ce concentré de plomb et de zinc, enrichi en or et en argent, suscite un vif intérêt auprès des fonderies chinoises, qui l’achètent à des prix attractifs, d’autant plus dans un contexte de hausse soutenue des cours des métaux précieux.
Le volume de stock disponible s’élève à 14.400 t de concentré de zinc. Le projet de développement rapide de Goundafa doit débuter par l’exploitation de ces stocks dès ce premier trimestre, et au plus tard le 19 mars.
Parallèlement, les travaux de développement visent à accroître les ressources exploitables afin de permettre une réouverture pérenne de la mine. Les dernières estimations évaluent les ressources entre 4,5 et 9 Mt de concentré de plomb et de zinc, avec des teneurs en métaux précieux atteignant jusqu’à 3 g/t pour l’or et 400 g/t pour l’argent. Environ 1,7 Mt seraient d’ores et déjà accessibles via les galeries historiques de l’ancienne mine.
Les cibles exploratoires suggèrent un potentiel significatif au-delà de 1.100 m de profondeur, un seuil jamais atteint par l’exploitant précédent, lors du protectorat français.
Cuivre et argent : deux nouveaux projets en cours
Outre les projets prêts à générer leurs premiers revenus, Steadright développe également deux autres projets miniers à un stade de maturation très avancé. Le premier vise l’exploitation du cuivre dans la province de Tinghir (Copper Valley), le second celle de l’argent dans la province d’Errachidia (Silverline).
À l'instar des autres opérations du groupe, le projet Copper Valley devrait connaître une mise en valeur rapide avec le lancement des forages sous trois mois, après l'obtention de la licence d'exploitation, espérée avant la fin de ce trimestre. Les données historiques estiment le potentiel de ce site entre 500.000 t et 16 Mt de minerai, avec une teneur en cuivre de 3%, des chiffres que la compagnie entend valider par ses propres sondages.
Quant au projet Silverline, il requiert une campagne d'exploration additionnelle pour confirmer son potentiel en métaux précieux. Si les études antérieures ont déjà certifié une minéralisation polymétallique composée de barytine, de fluorine et de plomb, Steadright cible spécifiquement l'argent souvent associé à cette géologie, rappelant le modèle de la mine de Tighza exploitée par la Compagnie minière de Touissit (CMT).
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