Après sa sortie dans le Guardian, Samir Sobha répond à Médias24 : “Oui, le Maroc a subi une injustice à la CAN”
Comme il l’a déclaré au quotidien britannique The Guardian, le président de la Fédération mauricienne de football et membre du Comité exécutif de la Confédération africaine de football maintient que les règles n’ont pas été appliquées comme elles auraient dû l’être lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations. Par voie de conséquence, il appelle à faire toute la lumière sur les responsabilités.
C'est une sortie au vitriol qu'a effectuée ce mercredi 18 février 2026 le président de la Fédération de Maurice de football (Mauritius Football Association, MFA), Samir Sobha, dans le quotidien britannique The Guardian.
Membre depuis juillet 2019 du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), le dirigeant a été l'auteur de plusieurs déclarations fracassantes au sujet de l'organisation continentale. Dans sa ligne de mire notamment, l'actuel secrétaire général de la CAF, Véron Mosengo-Omba, qui, pour lui, "occupe actuellement ce poste de manière illégale", après avoir aussi bien dépassé l'âge de retraite que l'extension de trois ans qui lui avait été octroyée, de manière exceptionnelle, en octobre 2022 par le président Patrice Motsepe.
Une finale toujours sous tension
Mais c'est sur un sujet maroco-marocain que la webosphère et les médias nationaux ont le plus réagi à ses propos : celui de la finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), perdue le 18 janvier 2026 par le Maroc face au Sénégal après de longues minutes d'interruption, les joueurs sénégalais ayant menacé de déclarer forfait en raison du penalty sifflé à leur encontre par l'arbitre kino-congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo à la 98e minute de jeu.
Or, ce retrait non autorisé par l'homme en noir aurait dû valoir à l'ensemble des coéquipiers de Sadio Mané un carton jaune et, par là même, entraîner l'expulsion d'Ismaïla Sarr et d'El Hadji Malick Diouf, déjà avertis à ce moment. Ce qui aurait fait que les Lions de l'Atlas auraient disputé les prolongations en supériorité numérique, et peut-être eu plus de chance de décrocher leur deuxième couronne africaine après celle de 1976. Et pour Sobha, il y a bien là, en l'espèce, "injustice".
"Je souhaite implorer la Fédération marocaine de nous pardonner l’injustice qui lui a été faite… Les règles n’ont pas été respectées comme elles auraient dû l’être lors de ce match… Ils ont été lésés. Il est clair qu’après la sortie de terrain de l’équipe sénégalaise, tous les joueurs auraient dû être sanctionnés d’un carton jaune", a-t-il déclaré à The Guardian.
Et d'ajouter, dans le même sillage : "Je ne dis pas qu’il ne fallait pas attribuer le trophée à l’équipe sénégalaise. Ce qui s’est passé est déjà arrivé. Nous ne pouvons pas le changer… Mais nous devons mettre notre ego de côté et reconnaître qu’une injustice a été commise envers l’équipe nationale marocaine. Après avoir examiné le règlement de la compétition, je suis convaincu que ma position est la bonne".
Loi 12 et obligation d’enquête
Joint par Médias24, Sobha a maintenu ses propos. "Je n'ai dit que la vérité, et j'assume entièrement tout ce qui est sorti".
Pour le contexte, il nous a précisé que ce n'était pas lui qui avait sollicité The Guardian, mais plutôt son journaliste – notre confrère, le Nigérian Osasu Obayiuwana – qui l'avait contacté.
Quant à la raison qui l'a poussé à accepter de répondre aux questions du journal, il cite le fait qu'il n'a rien à cacher et qu'il s'est toujours exprimé sans ambages.
"Précisons aussi que ce n'est pas une réaction à chaud. J'ai vraiment pris le temps de relire le règlement, et ce dernier est clair [loi 12 des lois du jeu, ndlr] : un joueur doit être averti s’il quitte délibérément le terrain de jeu sans l’autorisation de l’arbitre. Et c'est ce qui s'est exactement produit lors de la finale", expose Sobha.
Est-ce vrai, cependant, que Ndala n'a pas sanctionné les joueurs sénégalais à la demande du président de la Commission des arbitres, Olivier Kabene (également un ressortissant de la République démocratique du Congo, comme d'ailleurs Mosengo-Omba) ?
Sur ce point, Sobha nous explique qu'il est tenu par l'obligation de confidentialité, et qu'il ne peut, par conséquent, s'exprimer publiquement sur les délibérations internes au sein de la CAF.
Cela étant, il est formel : "Si c'est le cas [que le président de la Commission des arbitres a donné pour instruction à l'arbitre de ne pas avertir les joueurs sénégalais], c'est qu'il faut une enquête pour établir les responsabilités et tirer toutes les conséquences nécessaires".
Seul contre tous ?
Au sein de la CAF, Sobha est-il seul à avoir les positions qui sont les siennes ? "Je ne le crois pas", nous confie-t-il, avant de faire mention des "intérêts" dont chaque dirigeant doit tenir compte. "Et il ne faut pas forcément entendre par là des intérêts personnels. Vous savez, en Afrique, la plupart des fédérations sont petites, elles n'ont pas beaucoup de moyens et doivent composer avec le peu dont elles disposent. De fait, vous pouvez l'imaginer, elles ne vont pas chercher à s'aliéner certains responsables du football africain dont elles se disent peut-être qu'ils pourraient sévir à leur encontre".
Quid de Sobha lui-même ? Aurait-il lui aussi, dès lors, un agenda qu'il tenterait d'avancer ?
"Je n'ai absolument rien à gagner", tranche-t-il. Avant de rappeler que, contrairement à l'écrasante majorité des fédérations africaines, la sienne, la MFA, n'a même pas d'accord d'association avec son homologue marocaine, la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
"Mais ce n'est pas pour autant que je vais me taire. Je vais vous le dire encore plus franchement : je suis à fond derrière le Maroc et les Marocains", martèle-t-il.
Et de conclure qu'au-delà de l'attribution du titre de champion d'Afrique 2025, pour lui il faut tout simplement admettre une erreur quand il y en a. "L'erreur est humaine, après tout. Mais plus humain encore est de savoir s'en excuser, quand on en prend conscience", souligne-t-il.
Un Code disciplinaire en révision
Pour rappel, la FRMF avait annoncé, le 3 février 2026, faire appel de la décision prise par la Commission de discipline de la CAF coupant la poire en deux, et mettant sur un même pied Marocains et Sénégalais, malgré les incidents graves imputables à ces derniers et sans commune mesure avec ceux qui peuvent être reprochés aux premiers cités.
Aussi, Motsepe a mis à profit le point presse qu'il a donné ce vendredi 13 février à Dar es Salaam (Tanzanie), dans la foulée du dernier Comité exécutif de la CAF, pour révéler qu'un aggiornamento du Code disciplinaire de la Confédération était dans le pipe afin d'"examin[er] les règles, les règlements, les statuts existants".
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