img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

La suppression par la Chine des droits de douane peut-elle profiter au Maroc ?

À partir du 1er mai 2026, la Chine supprimera les droits de douane sur les exportations africaines. Pour le Maroc, cette mesure pourrait représenter une opportunité réelle à saisir, selon Mehdi Laraki, président du Conseil d’affaires Maroc-Chine, notamment en se positionnant sur des segments maîtrisés et moins concurrentiels. Éclairage.

Exportations marocaines vers la Chine : une nouvelle opportunité s’ouvre.
Exportations marocaines vers la Chine : une nouvelle opportunité s’ouvre. (Image générée par l’IA)
Par
Le 19 février 2026 à 15h30 | Modifié 19 février 2026 à 15h47

La suppression des droits de douane chinois sur les exportations africaines concerne désormais 53 pays du continent. La mesure entrera en vigueur à partir du 1ᵉʳ mai 2026.

À noter que 35 pays, principalement les moins avancés, bénéficiaient déjà d’un accès en franchise de droits au marché chinois.

La nouveauté réside donc dans l’élargissement de cette mesure à l’ensemble des 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec la Chine, à l’exception de l’Eswatini, seul État africain à reconnaître Taïwan.

Les exportations marocaines peuvent-elles en profiter ?

Une telle décision devrait, en principe et de manière mécanique, améliorer la compétitivité des produits africains sur le marché chinois.

Il convient toutefois de rappeler que la Chine affiche un large excédent sur la plupart de ses équilibres extérieurs. Il est donc difficile d’anticiper que ces suppressions tarifaires produiront un changement profond ou significatif dans la structure des exportations africaines, en particulier si celles-ci se positionnent sur des segments où la Chine maîtrise l’ensemble de la chaîne de valeur, avec des facteurs de production hautement productifs et une compétitivité-prix quasi impossible à concurrencer.

Cependant, pour un pays comme le Maroc, cette évolution peut représenter une opportunité réelle.

Dans ce cadre, contacté par Médias24, Mehdi Laraki, président du Conseil d’affaires Maroc-Chine, accueille cette mesure favorablement.

"Dire que la suppression des droits de douane par la Chine ne peut pas bénéficier au Maroc, au seul motif que nous enregistrons un déficit commercial avec elle, relève d’une analyse réductrice. Il faut se repositionner sur des niches où le Maroc a une identité, une qualité, un savoir-faire, et donc un avantage comparatif réel", explique-t-il.

Le Maroc devrait ainsi se concentrer sur les produits dans lesquels il dispose d’un réel avantage, notamment les produits du terroir et l’artisanat.

"Quand je parle de repositionnement, je pense surtout aux produits du terroir et à l’artisanat, comme l’huile d’olive ou l’huile d’argan. Sur l’argan, il n’existe pas de véritable concurrence. Aucun pays ne peut rivaliser avec le Maroc sur ce produit, car il nous est propre", souligne Mehdi Laraki.

"En Chine, l’huile d’argan se vend très bien comme produit cadeau. Une petite bouteille peut atteindre 30 à 40 dollars. C’est précisément sur ce type de produits que les opérateurs marocains doivent chercher à créer davantage de valeur".

Une opportunité à conquérir

La suppression des droits de douane, à elle seule, ne garantit rien si les opérateurs marocains ne vont pas prospecter et ne cherchent pas activement des clients.

Pour Mehdi Laraki, c’est à ce stade que l’effort doit être fourni afin de transformer cet avantage douanier en gain de compétitivité.

"Pour capter cette opportunité, il faut aller sur le terrain. Il faut acheter un billet, aller voir le marché, les circuits et les importateurs, mais aussi rencontrer les Chinois pour comprendre leurs traditions et leurs comportements de consommation", précise-t-il.

"Il y a d’ailleurs un salon au mois de juin à Pékin. C’est une opportunité pour capitaliser sur l’avantage douanier. Selon mon expérience, peu de Marocains exposent leurs produits. En revanche, d’autres pays voisins, comme la Tunisie, arrivent avec une vingtaine d’exposants. Ceux qui réussissent sont ceux qui vont chercher des marchés et qui s’organisent pour y être visibles".

Mehdi Laraki souligne que les conditions d’accès au marché chinois sont facilitées pour les exportateurs marocains, notamment grâce à la présence d’une importante diaspora et au dynamisme de l’ambassade.

"L’ambassade du Maroc en Chine fait un très bon travail. Elle accompagne, elle facilite, elle aide réellement les opérateurs. Et il ne faut pas oublier la diaspora marocaine sur place, qui peut servir de relais, ouvrir des portes et accélérer des démarches", indique-t-il.

"On aura un gain de compétitivité-prix. Mais le véritable bénéfice ne viendra pas tout seul, il dépendra de notre capacité à nous positionner intelligemment sur les bons produits et les bons canaux", conclut notre interlocuteur.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 19 février 2026 à 15h30

à lire aussi

Le Maroc et l’UE lancent un programme de 3,7 milliards de DH pour la politique nationale de l’eau
Quoi de neuf

Article : Le Maroc et l’UE lancent un programme de 3,7 milliards de DH pour la politique nationale de l’eau

L’enveloppe combine 48 millions d’euros de subventions européennes et 300 millions d’euros de prêts concessionnels mobilisés auprès de la KfW, de la CDP italienne et de l’AFD, avec un appui ciblé sur les sécheresses, les inondations et la préservation des eaux souterraines.

Mafoder lance une nouvelle filiale à Dakhla
BUSINESS

Article : Mafoder lance une nouvelle filiale à Dakhla

Le groupe porté par Ibrahim Slaoui accélère son développement en s’implantant à Dakhla.

Médicaments : derrière la réforme des AMM, la bataille des délais et des prix
Santé

Article : Médicaments : derrière la réforme des AMM, la bataille des délais et des prix

Le Parlement a commencé à examiner l’une des réformes les plus sensibles du secteur pharmaceutique. Adopté lundi 1er juin 2026 en commission, le projet de loi 27.26 est présenté par le gouvernement comme une mise à niveau urgente, mais plusieurs parlementaires y voient une réponse encore trop partielle aux blocages du secteur. Au centre du débat, les AMM, ces autorisations techniques dont les retards peuvent peser directement sur la concurrence et le portefeuille des patients. Explications.

Mineures de Kariat Ba Mohamed : la FLDF veut se constituer partie civile
Quoi de neuf

Article : Mineures de Kariat Ba Mohamed : la FLDF veut se constituer partie civile

L’organisation féministe réclame une prise en charge psychologique, sociale et médicale des victimes présumées et appelle à la création d’un comité d’avocats pour suivre la procédure ouverte après plusieurs interpellations.

Bourse de Casablanca. Le MASI décroche de 1,8%, plombé par le repli des valeurs minières
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI décroche de 1,8%, plombé par le repli des valeurs minières

La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 2 juin 2026 dans le rouge. Le MASI a perdu 1,79%, pénalisé notamment par le repli des valeurs minières. La capitalisation boursière est revenue à 1.082,6 milliards de dirhams, tandis que les échanges ont atteint 334,3 MDH.

Comarit : douze ans après la faillite, les biens de feu Abdelali Abdelmoula toujours dans le viseur
DROIT

Article : Comarit : douze ans après la faillite, les biens de feu Abdelali Abdelmoula toujours dans le viseur

Plus de deux ans après le décès du fondateur de la Comarit, le juge-commissaire poursuit les opérations de réalisation de son patrimoine. Depuis mars 2026, plusieurs biens immobiliers situés à Tanger font l'objet de nouvelles expertises en vue de leur vente. Une énième séquence d'une procédure ouverte en 2014 et qui continue de mobiliser des créanciers représentant plusieurs centaines de millions de dirhams.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité