Guerre au Moyen-Orient. Comment le tourisme marocain pourrait bien en profiter
Les tensions régionales pourraient provoquer un redéploiement des flux touristiques internationaux. Dans ce contexte incertain, certains professionnels du secteur estiment que la stabilité du Royaume et sa connectivité aérienne pourraient jouer en sa faveur. Pour le moment, la situation est stable et on ne signale pas d’annulations.
"Pour le moment, il n’y a aucun impact en matière d’annulation de réservations, bien au contraire", affirme un important opérateur touristique marocain. S’il ne souhaite bien évidemment pas que la guerre s’éternise au Moyen-Orient, il ajoute que la destination Maroc pourrait tirer profit du contexte actuel.
Un report naturel des flux
Selon notre interlocuteur, la situation s’explique par un facteur clé, à savoir que les touristes étrangers savent que le Maroc est une destination stable, avec des vols opérés normalement.
Dans un contexte marqué par des frappes et des images de tension dans certaines métropoles du Golfe, notamment à Dubaï, l’inquiétude des voyageurs jouerait, selon lui, en faveur du Royaume. À ce propos, conscientes de l’impact négatif sur le secteur du tourisme, la Public Prosecution of the United Arab Emirates ainsi que la UAE National Media Authority ont rappelé que publier, partager ou relayer sur les réseaux sociaux des vidéos, images ou rumeurs relatives aux frappes pourrait entraîner des poursuites judiciaires en vertu de la loi fédérale émiratie.
Même raisonnement pour l’Égypte, qui, bien qu’elle ne soit pas directement touchée par le conflit, se trouve à proximité de la zone de guerre. Cette situation pourrait détourner une partie de ses flux touristiques vers le Maroc, concurrent direct, mais géographiquement très éloigné des tensions.
"Même si c’est un peu égoïste, le Maroc pourrait profiter de cette guerre, car ceux qui devaient partir à Dubaï viendront à Marrakech, en payant pratiquement deux fois moins", résume-t-il.
La tutelle mise sur la résilience et la crédibilité internationale
Du côté institutionnel, une source officielle nous confirme que les indicateurs restent stables, et que les annulations sont pour l’instant marginales, voire nulles.
"Sachant que les marchés émetteurs recherchent aujourd’hui des destinations sûres, accessibles et bien connectées, le Maroc coche toutes les cases", souligne cette source, mettant en avant la continuité des dessertes aériennes et la diversification des marchés européens et nord-américains.
Et d’ajouter qu’après avoir surmonté plusieurs crises internationales, le Maroc bénéficie aujourd’hui d’une image consolidée, et que cette séquence démontre la maturité du secteur et la résilience de la destination.
Un positionnement singulier dans le monde arabo-musulman
Professionnels et institutionnels s’accordent sur le fait que le pays occupe une place à part dans le monde arabo-musulman, perçu comme stable et éloigné des foyers de tension, ce qui rassure les voyageurs.
Ainsi, à l’image de grandes destinations touristiques européennes comme Paris ou Barcelone, où l’activité reprend, selon eux, rapidement après des épisodes ponctuels de crise, le Maroc semble avoir atteint un niveau de maturité comparable en matière de gestion de crise.
Une opportunité conjoncturelle, mais un atout structurel
Pour cette source institutionnelle, il ne s’agit pas d’un effet d’aubaine lié à la conjoncture régionale, car, en réalité, le contexte actuel montre le travail réalisé ces dernières années, notamment avec une diversification des marchés, une montée en gamme, l’amélioration de la connectivité et la professionnalisation de l’offre.
Et de conclure que si les tensions régionales redistribuent temporairement les flux touristiques, c’est bien la stabilité structurelle du Maroc qui explique la solidité actuelle de ses performances.
Reste à savoir si cette dynamique se traduira durablement dans les chiffres des arrivées et des recettes au cours des prochains mois.
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