Installée à Marrakech, cette plateforme permet de reproduire, dans des conditions contrôlées, le fonctionnement des milieux aquatiques afin de mieux comprendre l’impact des pollutions sur l’eau.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l'initiative Cyclolive-PRIMA, un projet international qui regroupe huit pays d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord : l'Espagne, l'Italie, la France, l'Allemagne, la Turquie, la Jordanie, la Tunisie et le Maroc. L'objectif est de doter l’Afrique d’un outil de recherche permettant de mener, dans un premier temps, des tests au plus près des réalités locales et des problématiques environnementales du continent ; l'Université Cadi Ayyad, par l'intermédiaire de son projet Cyclolive, est la cheffe de file du projet. À travers cette initiative, l'université vise à renforcer son positionnement comme acteur de la recherche environnementale en Afrique.
La nouvelle plateforme constitue un dispositif expérimental de recherche dédié à l’étude des milieux aquatiques, nous explique le Pr Faissal Aziz, coordinateur du projet. Elle consiste à observer le comportement de ces milieux dans des conditions contrôlées mais proches du réel. Ce dispositif permet de reproduire des scénarios de pollution et d'en tester les effets sur l’eau et les écosystèmes. L’installation est équipée de technologies avancées, notamment d’outils de suivi à distance, et de mesures de pointe des propriétés du milieu, qu'elles soient biologiques ou physico-chimiques.
Un mésocosme est, par définition, un écosystème expérimental recréé pour la recherche, à mi-chemin entre le laboratoire et la nature. Dans le domaine aquatique, il s'agit de grands conteneurs qui imitent les lacs naturels en recréant un écosystème complet (eau douce ou eau de mer, plantes, algues, micro-organismes et parfois même des poissons). Le but est de comparer le comportement du milieu face aux polluants et de réaliser ces expériences sans intervenir directement dans les écosystèmes naturels, afin de limiter les impacts sur l’environnement.
Le projet a nécessité une enveloppe budgétaire de 18 millions de DH. La part financée par l’université Cadi Ayyad s’élève à 1,5 MDH.
À terme, les chercheurs envisagent de construire une plateforme en milieu marin afin de reproduire au plus près l'écosystème naturel et d’étudier d’autres formes de pollution, en particulier celles liées aux microplastiques, dont l’impact sur les milieux aquatiques suscite un intérêt croissant dans la recherche scientifique.