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Dattes. Le Maroc autosuffisant “dans les quatre à cinq prochaines années” ?

Avec une production nationale à 160.000 tonnes pour la campagne 2025-2026, le Maroc reste en dessous de sa consommation annuelle de dattes, qui dépasse 200.000 t. Un écart qui maintient le recours aux importations, dans un secteur qui fait vivre près de deux millions de producteurs et qui mise sur l’autosuffisance dans les prochaines années.

Dattes. Le Maroc autosuffisant “dans les quatre à cinq prochaines années” ?
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Le 5 mars 2026 à 16h17 | Modifié 5 mars 2026 à 16h54

Avec une production nationale atteignant 160.000 tonnes pour la campagne 2025-2026, le Maroc reste en deçà de sa consommation annuelle de dattes, qui oscille entre 200.000 t et 220.000 t. Un écart qui maintient le recours aux importations, même si la filière mise sur les investissements en cours pour atteindre l’autosuffisance dans les prochaines années.

La filière des dattes au Maroc continue de se structurer autour d’un équilibre fragile entre production nationale et consommation intérieure.

Pour la campagne 2025-2026, la production nationale a atteint, comme prévu, environ 160.000 t, nous confirme Kamal Bennouna, directeur de la Fédération interprofessionnelle nationale de la filière des dattes (Maroc Dattes), contacté par Médias24.

Or, la consommation annuelle moyenne au Maroc dépasse 200.000 t et peut atteindre 220.000 t, notamment en raison de la forte demande durant le mois de Ramadan. Cet écart se traduit par un besoin d’importation estimé entre 40.000 t et 60.000 t chaque année.

Ces importations proviennent principalement d’Égypte, de Jordanie, de Tunisie ou encore des Émirats arabes unis.

Une filière qui fait vivre près de deux millions de personnes

La culture du palmier dattier occupe plus de 69.000 hectares au Maroc. Elle constitue une activité économique centrale pour de nombreuses régions oasiennes.

Au total, près de deux millions de personnes vivent de la filière, principalement des petits agriculteurs, des coopératives et des exploitants des oasis, pour qui la datte représente souvent la principale source de revenu.

La production est concentrée dans quatre grandes zones :

  • la région de Figuig dans l’Oriental ;
  • la région de Drâa-Tafilalet, notamment autour d’Errachidia, Erfoud et Rissani, qui assure à elle seule près de 80% de la production nationale ;
  • la région de Tata dans le Souss ;
  • la région de Guelmim.

Les coopératives jouent un rôle central dans la production nationale. Selon Kamal Bennouna, près de 100.000 t proviennent de ces structures, souvent regroupées dans des groupements d’intérêt économique (GIE).

La filière est organisée autour de l’interprofession Maroc Dattes, qui regroupe plusieurs acteurs du secteur. Elle est structurée autour de deux grands collèges :

  • l’amont, qui rassemble les producteurs et les laboratoires produisant les plants in vitro ;
  • l’aval, constitué des acteurs de valorisation et de commercialisation.

Les dattes destinées aux grandes surfaces passent généralement par des stations de conditionnement regroupées dans des GIE, chargées notamment de l’emballage et de la mise sur le marché.

Aujourd’hui, le Maroc compte environ 25 stations de conditionnement, auxquelles s’ajoutent celles détenues par certains grands investisseurs. Ces unités restent cependant insuffisantes, ce qui explique que les dattes soient encore souvent vendues de manière informelle dans certains souks.

Vers l’autosuffisance et l’export à moyen terme

En parallèle, de nouveaux investissements agricoles se développent, notamment dans les zones d’extension de la culture du palmier dattier. Certains projets couvrent plusieurs centaines d’hectares, avec des exploitations pouvant atteindre 300 ha à 500 ha, souvent dotées de leurs propres stations de conditionnement.

Ces nouvelles plantations nécessitent toutefois du temps avant d’atteindre leur plein potentiel. "Un palmier dattier commence à produire réellement après plusieurs années. Il faut parfois près de dix ans pour atteindre un régime de production optimal", souligne Kamal Bennouna.

Selon lui, si les investissements actuels arrivent à maturité, le Maroc pourrait atteindre l’autosuffisance dans les quatre à cinq prochaines années, voire se tourner vers l’export, notamment pour des variétés haut de gamme comme la Mejhoul, très prisée sur les marchés internationaux.

Une nouvelle régulation des importations

Cette année, un changement notable a été introduit dans l’organisation du marché. Les importateurs doivent désormais disposer d'une licence d’importation.

Selon Kamal Bennouna, cette décision répond à une demande de l’interprofession afin de mieux réguler le marché et de protéger la production nationale. "L’objectif est de donner la priorité aux dattes marocaines, issues notamment des oasis où vivent de nombreux petits agriculteurs".

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Le 5 mars 2026 à 16h17

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