Pétrole en hausse, touristes en baisse ? Les professionnels du tourisme marocain s’inquiètent
La hausse du prix du baril provoquée par les tensions autour du détroit d’Ormuz inquiète de plus en plus les acteurs du secteur touristique. Si les prix de l’énergie continuent de grimper, l'inflation générée pourrait peser sur le budget vacances des ménages européens et ralentir les réservations vers le Maroc.
Après une période de latence, la poursuite des frappes militaires contre l’Iran et les menaces pesant sur le détroit d’Ormuz commencent à produire leurs premiers effets économiques, dont une forte hausse du baril de pétrole.
Si ce conflit devait se prolonger plusieurs mois, voire indéfiniment comme en Ukraine, ses conséquences qui alimentent la crainte d’un nouveau cycle inflationniste mondial pourraient influer négativement sur le niveau quantitatif et qualitatif de la demande européenne dont dépend étroitement le Maroc
Les professionnels redoutent un effet inflationniste
Selon plusieurs opérateurs contactés par Medias24, l’impact sur les réservations issues des marchés traditionnels reste pour l’instant très limité mais leurs inquiétudes portent surtout sur les conséquences économiques du conflit.
"Pour le moment, nous ne constatons pas d’annulations massives sur les marchés européens. Mais si les prix de l’énergie continuent d’augmenter, cela affectera rapidement, de facto; le budget vacances des ménages", nous explique un grand spécialiste du réceptif étranger de la ville ocre, en se basant sur les conséquences du conflit entre la Russie et l’Ukraine qui avait généré un ralentissement des arrivées durant les premiers mois de l'année 2022.
Tout en soulignant "l'excellente perception sécuritaire" du Maroc chez les marchés européens, notre source craint cependant l’érosion du pouvoir d’achat des touristes français et espagnols qui sont les premiers marchés étrangers de la destination.
La poursuite de la hausse pourrait peser sur les départs
Sachant que la hausse du pétrole commence déjà à se répercuter sur les prix des carburants en Europe, ce membre de la Fédération nationale de l'industrie hôtelière (FNIH) tient à rappeler que dans un contexte d’inflation, les ménages commencent toujours par réduire leurs dépenses, en particulier les postes qu'ils considèrent comme non essentiels.
"Si l’essence et le diesel continuent d’augmenter comme en février 2022 après le début de la guerre en Ukraine, les ménages européens risquent en effet de réduire drastiquement leur budget vacances, ou de privilégier des séjours plus courts", souligne de son côté, un responsable d’une grande agence de voyages basée à Casablanca.
Et d’ajouter que ce phénomène commence déjà à se traduire "doucement mais sûrement" par des réservations plus tardives, une diminution de la durée moyenne de séjour, ou un report vers des destinations proches plus accessibles.
Le tourisme domestique également sous pression
Craignant "un effet-domino", un hôtelier spécialisé dans le tourisme de type club All Inclusive à Marrakech estime que le marché intérieur pourrait également ressentir les effets de la flambée énergétique.
Une désaffection qui s'expliquerait par le fait que les déplacements touristiques des ménages marocains reposent en grande partie sur la voiture, ce qui les rend particulièrement sensibles à l’évolution des prix de l’essence et du gasoil.
"Dès que le carburant augmente fortement, la profession constate immédiatement un impact sur les week-ends ou sur la période des vacances scolaires, avec des familles préfèrent se rabattre sur des destinations plus proches voire annuler leur séjour", explique le professionnel, qui redoute un ralentissement du tourisme interne si la hausse des carburants se poursuit dans les prochains mois.
Les autorités dans l'attentisme
Du côté des pouvoirs publics, une source officielle se veut plus mesurée, en affirmant que les indicateurs de réservation restent dans l'immédiat solides, mais que l’évolution du contexte est suivie de près tous les jours.
"Notre pays bénéficie d’une image de destination stable auprès de tous les marchés européens, mais il est vrai que si la crise énergétique devait se prolonger, ses effets macroéconomiques pourraient se répercuter sur l’ensemble de la demande mondiale", indique notre interlocuteur qui préfère temporiser avant de se prononcer sur le cas du Maroc.
Une saison marquée du sceau de l’incertitude
Si nos sources privilégient l'optimisme, force est de constater que l’expérience de la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine a montré que les chocs pétroliers peuvent rapidement se traduire par une hausse du coût du transport et une baisse du pouvoir d’achat qui pourraient influer à terme sur la fréquentation du Maroc même s'il est épargné pour l’instant.
Ainsi, dans le cas où les tensions devaient se prolonger plus de trois mois et maintenir les prix de l’énergie à des niveaux très élevés, le secteur pourrait entrer dans une phase d’incertitude notamment à l’approche de la haute saison estivale avec des effets potentiels sur les marchés émetteurs européens comme sur la demande domestique.
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