La participation politique des jeunes au Maroc passe aujourd’hui par de nouveaux canaux d’engagement, mais reste confrontée à un défi majeur, celui de restaurer la confiance entre la jeunesse et les institutions politiques, selon Salma Benaziz, présidente de la Commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants.
Dans un entretien diffusé dimanche sur la chaîne Medi 1 TV dans l’émission Frontales, présentée par Aziz Boucetta, la responsable politique a jugé que l’engagement politique des jeunes connaît actuellement "une dynamique renouvelée", après une période marquée par un certain désintérêt.
"Les portes sont ouvertes, notamment pour les jeunes, afin de participer à la vie politique", a-t-elle déclaré, soulignant que cette participation ne passe pas uniquement par les partis politiques, mais également par les réseaux sociaux, les actions associatives et la société civile.
Selon elle, l’enjeu consiste désormais à articuler ces différentes formes d’engagement. "Le défi aujourd’hui est de trouver la juste articulation entre les différents canaux qui existent pour participer à la vie politique".
La députée a toutefois insisté sur le rôle central des partis politiques dans la transformation des idées en politiques publiques. Les initiatives associatives et celles de la société civile constituent "une sorte de pépinière d’idées", mais leur traduction en décisions publiques suppose, selon elle, des formations politiques capables de porter ces propositions au niveau institutionnel.
Évoquant la question de la confiance envers les institutions, Salma Benaziz a estimé que ce phénomène ne se limite pas au Maroc et s’inscrit dans un contexte global. Elle a néanmoins reconnu l’existence d’une certaine défiance chez les jeunes, parfois alimentée par des promesses politiques perçues comme insuffisamment concrétisées.
Dans ce contexte, elle a appelé à renforcer les passerelles entre les jeunes et les partis politiques, tout en encourageant une implication plus directe dans la vie partisane. "Aujourd’hui, nous devons chercher l’union et non la fracture entre les différentes initiatives. C’est un travail collectif que nous devons mener pour restaurer la confiance".
La responsable politique a également évoqué les initiatives menées par la jeunesse du Rassemblement national des indépendants (RNI), qu’elle a qualifiées d’"exercice mené avec responsabilité". Elle a rappelé que près de 40% des parlementaires de la Chambre des représentants sont aujourd’hui issus de la jeunesse.
Elle a par ailleurs souligné l’importance des programmes de formation politique destinés aux jeunes militants, portés notamment par les partis et la société civile, estimant qu’ils contribuent à renforcer les compétences et l’engagement citoyen.
"Le RNI est un parti ouvert, et les formations proposées par les associations et la société civile sont très intéressantes. Elles peuvent être complémentaires aux formations et à l’accompagnement que le RNI propose à sa jeunesse", a-t-elle indiqué, ajoutant que ces programmes l’avaient elle-même aidée dans son expérience parlementaire.
S’agissant des formes d’engagement politique des jeunes, Salma Benaziz a plaidé pour une approche combinant participation électorale et implication dans les candidatures, afin d’éviter l’émergence d’une "génération d’abstention" susceptible d’affaiblir la représentativité politique.
"Nous avons besoin de citoyens formés à l’engagement afin de renforcer la participation électorale et de faire émerger de nouveaux leaders compétents", a-t-elle conclu.