CAN 2025 : déclaré perdant par forfait, le Sénégal lance une offensive médiatique pour contester le sacre du Maroc
Décidée par le Jury d’appel de la Confédération africaine de football, la victoire du Maroc lors de la finale de la CAN 2025 (3-0 par forfait) est désormais la seule réalité juridique. Refusant cette décision, la Fédération sénégalaise de football a tenu un point de presse ce jeudi 19 mars pour tenter de justifier les événements ayant mené à sa déchéance.
Alors que la Confédération africaine de football (CAF) a officiellement homologué le score de 3-0 en faveur de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) à la suite du forfait du Sénégal, le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) a, lors du point de presse, qualifié cette décision d’"inique, sans précédent et incompréhensible".
Malgré la clarté du règlement sur l'abandon de terrain, Abdoulaye Fall a maintenu devant les médias que son équipe demeurait l'unique vainqueur légitime, s'appuyant sur le fait qu'en première instance, le Jury disciplinaire n'avait pas prononcé de sanction similaire.
Pour la FSF, qui a désormais mandaté "un pool d'avocats nationaux et internationaux pour saisir le TAS", le Sénégal ne peut tout simplement pas perdre ce titre "sur le plan du droit", une interprétation qui semble faire abstraction de la décision finale rendue par le Jury d'appel.
Pour étayer cette posture de victime, le président de la FSF est revenu longuement sur le climat entourant la finale, énumérant une série d’allégations logistiques qui auraient, selon lui, empêché une confrontation équitable. Il a ainsi évoqué de supposés problèmes d'hébergement dans un hôtel non homologué et une sécurité défaillante à la gare de Rabat, où les joueurs auraient subi une promiscuité excessive avec le public.
La FSF a également fustigé une prétendue tentative de lui imposer le Centre d'entraînement Mohammed-VI, camp de base des Lions de l'Atlas, comme une manœuvre de déstabilisation.
Abdoulaye Fall a toutefois concédé, au détour d'une phrase, que le président de la FRMF l'avait personnellement appelé pour tenter de résoudre ces différends, une intervention qui souligne les efforts de la partie marocaine pour débloquer la situation.
L’instance sénégalaise a également tenté de porter le débat sur le terrain de l'organisation interne de la CAF, critiquant la gestion de la billetterie VIP. Abdoulaye Fall a affirmé n'avoir disposé que de trois accès pour une délégation de cinquante personnes, une situation qui aurait exacerbé les tensions entre les deux fédérations.
Ces griefs se sont étendus à l’arbitrage de Jean-Jacques Ndala, la FSF s'étonnant qu'un officiel puisse diriger l'ouverture et la finale d'un même tournoi, tout en rappelant un contentieux datant des éliminatoires du Mondial 2022.
Dans son récit des faits de jeu, le président Fall a occulté les raisons ayant poussé la CAF à appliquer l’article 84 sur le forfait, préférant insister sur la remise initiale du trophée et des médailles comme une preuve de validation du résultat acquis sur le terrain.
Sur la question brûlante de la restitution physique du trophée à la CAF ou au Maroc, Abdoulaye Fall a livré une réponse particulièrement évasive et administrative, se contentant d'affirmer que la Fédération se "conformerait aux décisions statutaires et réglementaires de la CAF".
Dans un communiqué publié le lendemain de la décision du jury arbitral, le gouvernement sénégalais avait exprimé sa "vive consternation", dénonçant ce qu'il qualifie de "tentative de dépossession injustifiée". Le point le plus remarquable de cette réaction réside dans l'accusation frontale de corruption portée contre les instances dirigeantes de la CAF, assortie d'une demande d'enquête internationale indépendante.
En liant également ce dossier au sort de ressortissants sénégalais détenus au Maroc à la suite des incidents de la finale, le gouvernement tente de transformer un différend réglementaire sur le football en une crise de souveraineté et en un incident diplomatique bilatéral.
En choisissant de se concentrer exclusivement sur la "moralité" de la décision et sur des soupçons de corruption, le Sénégal semble privilégier une stratégie de victimisation globale.
Cette approche vise manifestement à discréditer l'institution organisatrice pour rendre sa décision moralement contestable aux yeux de l'opinion publique, tout en exerçant une pression politique maximale sur la future procédure d'arbitrage international.
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