Washington : un nouveau poids lourd du Sénat rejoint l'offensive contre le polisario
L’adhésion du sénateur David McCormick marque une montée en puissance significative d'une initiative qui place désormais le mouvement séparatiste dans le viseur de l'arsenal juridique antiterroriste des États-Unis.
Le processus, initié le 13 mars 2026 sous l’appellation officielle de "Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026", est porté par un quatuor de sénateurs républicains influents : Ted Cruz (Texas), Tom Cotton (Arkansas), Rick Scott (Floride) et désormais David McCormick (Pennsylvanie).
Le ralliement de McCormick, seulement dix jours après le dépôt du texte, apporte une stature de poids à cette initiative, et illustre la rapidité avec laquelle le projet fédère les décideurs conservateurs à Washington.
Ancien CEO de Bridgewater Associates (2020-2022), l’un des plus puissants hedge funds au monde, il est actuellement président de la sous-commission des Affaires étrangères pour le Proche-Orient, l’Asie centrale et la lutte contre le terrorisme.
Ce vétéran de l’administration Bush, qui fut conseiller adjoint à la sécurité nationale entre 2006 et 2007, apporte donc une expertise stratégique de premier ordre à l'initiative.
Au cœur de cette loi, on retrouve l'influence croissante de l'Iran en Afrique du Nord et au Sahel. Le sénateur Ted Cruz, réputé proche de Donald Trump, a dans un communiqué accusé directement le polisario de collaborer avec des groupes terroristes iraniens, de recevoir des drones du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) et de servir de transporteur d'armes pour le compte de Téhéran dans la région.
Le projet de loi ne se contente pas de dénoncer, il impose un cadre coercitif à l'exécutif américain. Le texte prévoit :
- L’obligation pour le secrétaire d’État de déclencher la désignation FTO si une coopération avec des organisations soutenues par l'Iran est formellement établie.
- La rédaction d'un rapport exhaustif portant sur des domaines ultra-sensibles : opérations militaires conjointes, transferts de composants de drones, activités de renseignement et logistique d'armement.
En cas de désignation comme organisation terroriste étrangère, le polisario ferait face à la mobilisation de tout l’arsenal juridique américain. Les conséquences immédiates incluraient :
- Le gel intégral de ses ressources et actifs.
- L'exclusion définitive du système financier international.
- Des restrictions de déplacement (interdictions de visas) pour ses membres.
- La possibilité pour la justice américaine de poursuivre tout soutien matériel au groupe.
Cette dynamique prend racine dans une audition sénatoriale de début février 2026 consacrée à la sécurité au Sahel. Ted Cruz y avait alors prévenu que le groupe serait désigné comme terroriste "s’il n'y pas de changement dans leur comportement". Cet engagement est aujourd’hui concrétisé par le dépôt de la loi.
L’offensive est, de plus, bicamérale. Bien avant l'action du Sénat, une proposition similaire avait été déposée à la Chambre des représentants le 24 juin 2025 par Joe Wilson et Jimmy Panetta. Ce texte, qui ne comptait au départ que six soutiens, a vu son influence croître pour atteindre aujourd'hui dix cosignataires, témoignant d'un consensus de plus en plus large au sein du Congrès.
Alors que le débat s'impose durablement dans l'agenda stratégique de Washington, l'attention se tourne désormais vers la réaction du Front Polisario et de son principal protecteur, l'Algérie. La classification potentielle du mouvement séparatiste comme groupe terroriste transformerait radicalement la donne diplomatique dans la région, isolant davantage ses soutiens sur la scène internationale.
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