Guerre au Moyen-Orient : le Maroc appelle à une position arabe “unifiée et ferme”
Lors d’une réunion ministérielle de la Ligue arabe, Rabat a mis en garde contre un risque d’extension du conflit à l’ensemble de la région et plaidé pour des mesures concrètes, notamment la sécurisation de l’espace aérien et des routes maritimes.
Le Maroc a réaffirmé, dimanche 29 mars 2026, son soutien aux pays arabes confrontés à l’escalade régionale, en appelant à une position collective "unifiée et ferme", tout en plaidant pour une désescalade par le dialogue, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita lors de la 165e session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau ministériel, tenue par visioconférence. La réunion était largement consacrée aux attaques iraniennes contre plusieurs États arabes et aux menaces pesant sur leur souveraineté et leur intégrité territoriale.
Le chef de la diplomatie marocaine a insisté sur la "solidarité effective" du Royaume avec les États arabes, dans un contexte de tensions régionales accrues. Rabat a dénoncé des frappes visant des territoires arabes, y compris des infrastructures civiles et énergétiques, en estimant qu’elles faisaient peser un risque direct d’extension du conflit à l’échelle régionale et de déstabilisation plus large. Cette ligne s’inscrit dans le prolongement de la séquence diplomatique ouverte à la mi-mars, lorsque plusieurs ministres arabes et musulmans réunis à Riyad avaient déjà condamné les attaques iraniennes contre des zones résidentielles, des aéroports, des installations pétrolières et d’autres infrastructures civiles.
M. Bourita a également appelé à une réponse collective, exhortant les pays arabes à parler d’une seule voix face à ce qu’il a présenté comme un comportement hostile, et à soutenir les mesures destinées à protéger leurs territoires, leur espace aérien et la sécurité de la navigation maritime. Sur ce point, la réunion du Conseil de la Ligue arabe a aussi insisté sur la nécessité d’un durcissement de la position internationale face aux attaques iraniennes, en particulier à l’heure où la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz est explicitement mise en cause.
Le Maroc a, par ailleurs, invité l’Iran à se conformer à la résolution 2817 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 11 mars 2026, qui exige l’arrêt immédiat des attaques contre Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Jordanie, ainsi que la cessation inconditionnelle de toute provocation ou menace contre les États voisins. Le texte condamne aussi les actions ou menaces visant à entraver la navigation internationale dans le détroit d’Ormuz ou à menacer la sécurité maritime dans la région.
Tout en assumant cette ligne de fermeté, Rabat a maintenu son attachement à une sortie de crise politique. Le Royaume continue de défendre le dialogue comme seule voie réaliste pour contenir l’escalade et rétablir la sécurité régionale, une approche également reprise dans la déclaration ministérielle du 19 mars, qui liait arrêt des attaques, respect du droit international et relance de la diplomatie.
L’un des faits politiques majeurs de cette session est aussi intervenu sur le terrain institutionnel : les ministres arabes ont approuvé à l’unanimité la candidature de l’ancien ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil Fahmy au poste de secrétaire général de la Ligue arabe, en remplacement d’Ahmed Aboul Gheit, dont le second mandat s’achève en juin. Le passage de relais doit intervenir le 1er juillet 2026. Cela signifie que la réunion de dimanche s’est tenue dans un moment de transition à la tête de l’organisation, même si Ahmed Aboul Gheit restait encore en fonctions et a lui-même appelé, durant cette session, à une position internationale plus ferme face aux attaques iraniennes.
Le Royaume, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, "continuera de défendre la stabilité régionale et les intérêts des pays arabes", a conclu M. Bourita, dans une séquence où le Maroc cherche à conjuguer solidarité arabe, fermeté diplomatique et soutien à une désescalade négociée.
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